Largement passé inaperçu, à l’exception de quelques chroniques disséminées sur le web, le premier album de Coconut Records est pourtant l’une des plus belles choses qui soit arrivée à la pop music. De même pour son successeur, sorti en début d’année. Coconut Records, ou le projet solo de l’acteur fétiche de Wes Anderson, j’ai nommé Jason Schwartzman. Oui, le neveu de Francis Ford Coppola, le cousin de Sofia Coppola et de Nicolas Cage. Mais également, pour en revenir à ce qui nous intéresse ici (la musique), ancien batteur des extrêmement médiocres Phantom Planet. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais ce sont eux qui interprètent le titre « California », bande son du générique de la série Newport Beach. Mmmmh… La musique de Coconut Records, elle, ne ressemble en rien à celle de ces ploucs incompétents.
La force de Jason Schwartzman, c’est cette capacité à composer LA mélodie parfaite, celle que l’on ne peut s’empêcher de fredonner, celle que l’on écoutera encore et encore, sans jamais s’en lasser. Celle qui rendra heureux (« Any Fun »)… ou tout l’inverse (« Ask Her To Dance », « Is This Sound Okay ? »). De toute évidence empreints d’une certaine mélancolie, les morceaux de « Davy » et « Nighttiming » font appel à nos sentiments les plus forts (la tristesse, la joie), et vont droit au coeur, sans passer par la case cerveau. Alors que tant d’autres s’échinent à vouloir proposer « autre chose », à se croire tellement doués et différents mais finissent par se casser les dents sur leur propre médiocrité et leur incapacité à composer un titre décent, Coconut Records brode autour de quatre accords des mélodies intemporelles que ne renieraient pas ses modèles (Macca, Lennon, Davies, Cuomo…). Cette mélancolie, on la perçoit à chaque instant. « Nighttiming », par exemple, débute comme un morceau enjoué, presque comique, mais on est vite rattrapé par une complainte fredonnée du bout des lèvres et empreinte d’une profonde tristesse.
Schwartzman n’est pas un auteur à texte. Pas de contestation sociale ici, encore moins de références tordues à sa ville natale ou à son café préféré. « West Coast » débute ainsi: « For a second there i thought you disappeared / It rains a lot this time of year / And we both go together if one falls down / I talk out loud like you’re still around » (« L’espace d’une seconde j’ai cru que tu disparaissais / Il pleut beaucoup à cette période de l’année / Et l’on chute ensemble si l’un d’entre nous tombe / Je parle fort comme si tu étais encore là »). D’une simplicité enfantine certes, mais de toute beauté malgré tout. Quand l’ami Jason parle d’une séparation difficile, d’un amour impossible, d’une fille qui part avant que l’on ait pu lui dire tout ce que l’on ressent, il parle de nos vies, de nos expériences, autant que de celles de nos amis, voisins, collègues… En témoigne le grand nombre de vidéos amateurs présentes sur Youtube, où des anonymes s’approprient la musique pour illustrer, au choix, une virée entre potes ou un album photo de leur copine. Jason Schwartzman est comme un ami qui, à l’inverse de nous, aurait su mettre en musique nos sentiments.
Avec ces deux albums, soit 22 titres, Coconut Records rejoint la longue liste des artistes injustement ignorés alors que volant à des kilomètres au-dessus de la merde actuelle. On aimerait serrer notre pote Jason dans les bras, et lui dire merci pour tout. La rencontre n’étant pas à l’ordre du jour, on se réécoutera, pour la 23ème fois de la journée, ce qui restera sans aucun doute l’une des plus belles pop song des années 2000, et au delà, « It’s Not You, It’s Me ». Enjoy !
bravo nico ! c’est parfait !
« Largement passé inaperçu » en écoutant on comprend pq… C’est bof…
AH the O.C
Ah Jason Schwartzman
Ah Wes Anderson
Chouette découverte
joli article, qui reflète bien la musique de l’ami schwartzman.
je frappe de ma main droite dans la gauche en signe d’approbation