Mr Mansuy avait parfaitement exprimé son point de vu sur le live report dans son récit de la Garden Nef. Ce point de vue, on le partage. A quoi ça sert de dire aux gens : « ouah, c’était trop génial ! Mais t’y étais pas… » ? D’autant plus que, là, on n’a vu qu’un seul concert. Point de frasques de festivalier à raconter. On n’est pas non plus monté sur scène pour montrer nos fesses suite à un abus de bière. Non. On a juste assisté à un très bon concert. C’est assez rare pour le souligner.
C’est donc dans la charmante Maroquinerie parisienne qu’a lieu l’évènement. Salle charmante qui se transforme vite en calvaire quand blindée. Ce qui est le cas. Les Dirty Projectors ont attiré tout un tas de branchés. C’est donc péniblement que l’on percevra les cris étranges et animaux de Tune Yards, dont on n’a même pas réussi à voir la tête, en première partie. Dommage, cet accès de primitivisme a l’air d’avoir filé une claque à tous ceux qui ont réussi à voir quelque chose. A suivre, donc…
Comme il ne faut pas se faire avoir 2 fois, on se place dans la fosse, tout près de la scène pour attendre nos « sales projecteurs ». Dave Longstreth et Angel Deradoorian (qui mène, à côté, un chouette projet solo) entament le set en duo et en douceur avec Two Doves. Le reste du groupe les rejoint pour Cannibal Resource. A noter : une choriste de plus que sur la tournée de Rise Above. Dave a l’air lessivé, il a des poches de 10 cm sous les yeux. Ce qu’il confirme quelques minutes après : « c’est la première date de notre tournée européenne, on est en plein jet lag »…
Jet largué ou pas, le bonhomme se donne. Il y a un problème de son non négligeable. De nombreux larsens parasitent les morceaux. Cela ne gâche pas le plaisir, c’est peut-être même une bonne chose qui évite au concert une perfection effrayante et redonne à Dave Longstreth un brin d’humanité. Son jeu de guitare, hyper technique et rapide, et sa voix étrange commençaient sérieusement à nous en faire douter. Sans compter que, dans cette fournaise, il bien le seul à supporter un gilet Lacoste par dessus son T-shirt…
En une petite heure, les Dirty Projectors nous ont offert une belle démonstration de chorale électrique (même si l’on doit mettre un mauvais point à Amber Coffman qui, si elle fait bien son devoir au sein du choeur, pèche en solo avec sa voix un peu criarde), un savant dosage de rock tribal et de noise. « On a l’impression que les six musiciens jouent et chantent chacun un truc différent mais quand on s’est habitué à cette conception cubiste de l’harmonie, on n’est pas loin de trouver ça génial » nous dira un ami à la fin du show. Belle façon de décrire ce groupe longtemps absent des bacs européens (et dont les premières oeuvres sont toujours un peu délicates à trouver, en atteste notre rétro) et qui a dû attendre quelques 7 albums avant la reconnaissance ; les cris des branchés nous indiquent que les morceaux Rise Above et Stillness is the Move (malgré le r’n'b d’Amber) ont atteint le rang de classiques indés. Bravo !
Pour notre part, on aurait bien aimé entendre des titres plus anciens comme The Glad Fact ou, mieux, assister à une représentation de The Getty Adress, l’opéra de Mister Longstreth, qui nous dira, un peu abasourdi par le fait que l’on cherche à se procurer le DVD de The Getty Adress, que des représentations auront peut être lieu à New York et Los Angeles dans quelques mois… Qui se dévoue pour nous payer le billet d’avion ?
Getty Adress ou pas, on a assisté à un très bon concert, digne de l’image qu’on se fait des concerts au CBGB. Cela avait le mérite d’être souligné.
Merci à Vincent Arquillère pour sa citation…
A lire également, notre entretien avec Dave Longstreth.