L’écoute a eu lieu à la Galerie Chappe, dans le 18ème arrondissement parisien. Les journalistes conviés étaient accueillis avec du champagne et des hot dogs. L’artwork de Warren Fu (qui a réalisé les visuels) était exposé, tandis que le teaser de l’album passait en boucle sur un écran installé dans un coin.
La plupart des personnes présentes semblait peu se soucier du disque, et la volonté de se montrer et de boire gratuitement était plus forte que l’envie de découvrir l’un des objets les plus attendus de 2009. Avec le quatrième Strokes, bien évidemment, sans doute le disque qui excite le plus la stratosphère rock à l’heure actuelle. Mais il faudra de toute évidence patienter, puisque la promotion du premier album solo de Julian Casablancas sera à coup sûr suivie d’une tournée, que l’on imagine mondiale.
« Phrazes For The Young » donc. Huit morceaux, dont le single « 11th Dimension », lancé en éclaireur sur Myspace, et qui a eu le mérite de diviser. Certaines oreilles trop sensibles ont jugé de mauvais goût ce synthé cheesy d’une autre époque, et réclamaient lamentablement un nouveau « Heart In A Cage ». La présence de bongo sur le morceau n’a pas pu aider. Mais il faudra faire avec: sur ce single comme sur le reste de l’album, rien de comparable à ce qu’a pu faire le groupe new-yorkais par le passé. Ici, on navigue en territoire prog rock, avec des sonorités à la fois modernes et classiques. N’ayant pas peur de jouer avec l’auditeur, Casablancas se permet de mélanger un clavecin avec une guitare cinglante, ou même de s’essayer, tenez vous bien, au gospel. Moins fort mélodiquement que ce que l’on aurait pu attendre, « Phrazes For The Young » privilégie les atmosphères, les textures sonores. La production de Jason Lader (Jay-Z, Coldplay, Gwen Stefani…) est absolument incroyable. On baigne en plein rétro-futurisme (la pochette du disque le montre bien, avec entre autres cette guitare vintage ornée des touches de Guitar Hero), et pas une seule seconde on ne pense à ce qu’il aurait pu être si… Cohérent de bout en bout, on tient peut-être là le dernier grand album des années 2000. Ni plus ni moins.

« La plupart des personnes présentes semblait peu se soucier du disque, et la volonté de se montrer et de boire gratuitement était plus forte que l’envie de découvrir l’un des objets les plus attendus de 2009. » Tandis que tant de fans en auraient bavé rien que d’y penser, je trouve cela regrettable, vraiment! Aaah la hype parisienne.