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Les Dodoz prennent leur envol

The Dodoz © Young Francis

The Dodoz © Young Francis

Il y a chez ces oisillons morts une énergie adolescente communicative et méchamment jouissive. Comme un plaisir coupable, des titres comme « Werewolf In Love » et « Do You Like Boys ? » sont autant de petits missiles tirés vers nos tympans trop souvent endoloris par un excès de médiocrité. Rencontre.

Les Dodoz ont pour eux la fougue de leur jeunesse et l’envie d’en découdre. L’envie de jouer vite et fort aussi, mais pas seulement. Le calme s’installe par intermittence sur des titres comme « Stanislas » et « Falling Toes ». Pas forcément ce qu’il se fait de mieux sur ces onzes titres, mais la preuve, s’il en fallait une, que le quatuor toulousain maîtrise parfaitement son art. Sans crier au génie, et en mettant de côté quelques tics de production assez énervants, on ne boudera pas notre plaisir face à ce premier album éponyme qui remplit parfaitement sa fonction première: poser des bases solides pour la suite de la carrière du groupe. Mention spéciale au titre « Bet », qui tire son épingle du jeu, et s’impose comme le morceau phare de cet album. 3 minutes et 20 secondes qui résument à la perfection ce qu’est la musique des Dodoz: de la pop, honnête, directe et sans artifices.

The Dodoz © D.R

The Dodoz © MOLTISANTI

Jules (Guitare): On a tout enregistré en live. Il faut que tout soit fait comme ça, que l’on ne puisse pas rajouter trop de voix. Plus tard on aura peut être envie de beaux arrangements, mettre des trompettes, des cordes… Mais pour le moment on est vraiment dans l’énergie. On peut tout faire sur scène, mais on peut aussi sortir des codes, même avec une formule basse-batterie-guitares-voix. C’est vraiment ce qui nous excite.

Entre l’une de vos premières compositions qui figure sur le disque, et l’une des plus récentes, certaines choses ont-elles été améliorées ? Ou perdues ?

Jules: Les trucs perdus, je ne les vois pas trop. On compose plus qu’avant. Plus on joue et plus on aime ça.

Adrien (Batterie): C’est comme quand tu manges, plus ça te donne envie de bouffer (rires). Certaines personnes vont préférer les anciennes, d’autres les nouvelles chansons. Il y en aura toujours pour préférer « Do You Like Boys ? ». Mais on veut évoluer, et on n’est pas dans l’idée « tiens, on va composer une chanson, couplet, refrain, couplet, refrain ».
Géraldine (Chant, basse): Dès qu’on écrit quelque chose qui ressemble à ce que l’on a pu faire par le passé, on jette.
Adrien: Et puis c’est génial de voir la réaction des gens quand sur scène on essaye, par exemple, un riff un peu reggae. On aime faire des petits clins d’oeil à d’autres styles.
Jules: Objectivement, certaines choses se sont peut-être perdues, mais je ne peux pas le voir. Prends l’exemple des Rakes: je trouve leur deuxième album merdique, mais je suis sûr que eux le trouvent bien. Mais je pense que le premier était plein de fraîcheur. Nous, nous sommes honnêtes avec nous même.

Du coup, votre seule envie doit être de sortir un deuxième album.

Jules: On va sans doute enregistrer le deuxième album en avril. Et donc le sortir assez vite. Et il est presque entièrement écrit. C’est ce qui nous excite le plus en ce moment, avec bien sûr la sortie du premier album. Le voir dans les bacs, c’est quelque chose, ça fait quand même trois ans qu’on l’attend.

Vous rappelez vous du moment où vous avez vraiment commencé à prendre ça au sérieux ?

Jules: Dès le début. On a écrit notre première compo, et on s’est dit « whoah, on peut écrire ». Puis on a fait notre premier concert dans un bar, et on s’est dit que l’on pouvait jouer en live, avec des gens qui viennent nous voir. Pareil quand on a été dans Les Inrocks. C’est jamais vraiment devenu sérieux, on est encore un jeune groupe, pas grand monde nous connaît. Mais c’est sûr qu’avoir un titre sur une compilation, ça a été marquant.
Adrien: Mais même sans ça, on aurait continué.

Toulouse, vous y restez ?

Jules: Oui. On aime cette ville. Au début, on ne connaissait pas d’autres groupes. Mais récemment, ça s’est développé. Avec une salle comme Le Saint Des Seins. Avec des groupes comme Les Pauls, les Red Lips.
Adrien: On n’a jamais été vraiment inclus dans cette scène, car on a commencé à jouer avant eux, et ils nous crachaient un peu dessus au début. Plus maintenant, heureusement.

Vous comprenez cette réaction ?

Adrien: Pas vraiment. Je crois que pour la plupart, c’était de la jalousie. Moi je sais que quand un groupe a du succès, mon premier réflexe n’est pas de dire que c’est de la merde sans avoir écouté.
Géraldine: Certains disaient même, à propos de nous, qu’ils n’aimaient pas la voix du chanteur.
Jules: On a entendu des trucs comme quoi nous n’écrivions pas nos morceaux.
Géraldine: Ce côté scène, groupes de potes, on l’a plus ressenti avec Neimo et I Am Un Chien par la suite.

Bizarrement en effet, les choses pour vous se sont faites sur Paris.

Jules: Nous étions fans de Neimo et de Stuck In The Sound. La première fois que nous avons joué à Paris, ils sont venus nous voir, et c’est à partir de là que tout a commencé. Pareil pour I Am Un Chien. Puis on est parti en tournée tous ensemble. On a eu l’esprit de cohésion que l’on cherchait.

A-t-il été difficile de prendre la décision d’opter pour cette vie de musicien ?

Jules: Pour les garçons, ça a été plutôt simple. Dès qu’on a pu aller à la fac, on n’y est pas allé. Et on ne s’est pas posé de questions. Nos parents ont tout de suite été de notre côté, même s’ils nous encourageaient à avoir un diplôme, bien sûr. Et puis on s’assume, donc pas de soucis. Et ils sont contents de nous voir contents.
Géraldine: Moi ça a été différent, car j’ai fait médecine, et j’ai attendu le plus longtemps possible avant d’avoir à choisir. Et finalement, c’était normal de saisir cette chance.
Jules: On a nous aussi un plan B si la musique ne marche pas: technicien de surface (rires).

Cette passion de la musique vient-elle de vos parents ?

Jules: Moi j’ai commencé la guitare à 11 ans, j’écoutais beaucoup Limp Bizkit, ce genre de trucs. Mon père m’a fait écouter « London Calling », et ça a été un déclic. J’ai commencé à acheter des magazines, des disques.
Géraldine: Tout est venu en même temps en fait. Moi dès que je voyais un instrument, je voulais en jouer.
Jules: On a commencé par faire des reprises bien sûr, mais dès notre première composition, on a arrêté.

Quelles reprises ?

Jules: « Jimmy Jazz » du Clash. « God Save The Queen » des Sex Pistols. « L’Aventurier » d’Indochine. « Obstacle 1» d’Interpol. « Every You Every Me » de Placebo. Et « London Calling ». Voilà, tu as en gros la set list du premier concert.

Avez vous le sentiment avec vos textes d’être passé de quelque chose qui sonne bien en Anglais à une exposition de sentiments un peu moins bruts, plus réfléchis ?

Géraldine: J’écris des textes depuis que je suis toute petite. Quand on a commencé, j’aimais faire des trucs super imagés. Des histoires d’amour débiles, de bébé. Aujourd’hui, c’est toujours des sentiments intimes, des choses que l’on vit, des angoisses. Mais maintenant, les textes sont peut-être un peu plus adultes, moins bizarres.
Jules: Beaucoup de gens se moquent de nous à cause de « Do You Like Boys ? », ils prennent le texte au pied de la lettre.
Géraldine: Alors que c’est à double sens, c’est sur la bisexualité, l’adolescence.
Jules: Au niveau des textes, on a tendance aussi à privilégier les sonorités, pour que tout sonne, comme un flow.
Géraldine: Un instrument à part entière.

Quel changement a pu apporter la tournée dans vos vies comme dans votre musique ?

Jules: On y a jamais vraiment réfléchi. Le fait de tourner par nos propres moyens, de se trimballer le matériel, puis d’avoir un tourneur qui s’occupe de toi… On évolue, et on est sans doute moins naïfs qu’au début. Il y a forcément un peu plus de vécu.
Géraldine: Avant de monter le groupe, je ne me sentais pas très bien dans ma vie, je me sentais à l’étroit. Et c’est maintenant que l’on tourne que je me sens mieux. Je suis plus ouverte, et ça se ressent sur scène.

Chaque concert est-il le même, ou les frontières existent-elles vraiment ?

Géraldine: Les frontières existent, mais aussi au coeur de la France. Va en Bretagne, le public est fou.
Jules: Les gens disent souvent que dans le Nord il y a un meilleur public que dans le Sud, mais c’est faux.
Adrien: On a fait des concerts incroyables à Marseille. Et des très mauvais aussi.

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Et en concert au Nouveau Casino le 12 mars 2010

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