La spécialité de Fredo Viola, c’est le chant « in situ ». Ses habitations successives à New York ont été le théâtre de ses « home made » vidéos. « Les cages d’escaliers et les corridors sont les endroits avec la meilleure acoustique… » On avait, nous, entendu dire que la salle de bain était un endroit génial pour enregistrer un disque… « Vraiment ?! Non, à moins de vivre dans un palace, c’est trop petit une salle de bain ! Le must du must, ça reste quand même les églises… »
Fredo Viola : « Je ne pense pas être adulte. Je veux dire, je sais que j’en suis un mais je n’ai jamais pensé à la maturité. L’état d’esprit de l’enfant est quelque chose que je veux conserver à tout prix. Dans mes vidéos, je montre des choses du quotidien mais je les filme sous des angles différents de manière à ce que les gens soient choqués, intrigués… Comme des enfants qui expérimenteraient ces choses pour la première fois. »
« Et puis, je suis persuadé que, si tu grandis trop vite, tu tombes malade. L’énergie et le corps s’entrechoquent, donc, si tu continues à être étonné et inspiré par le monde, tu absorbes son énergie et tu gardes ton pouvoir de vie… Ça sonne bizarre ce que je dis. Je parle comme un vampire ! Mon Dieu, j’aurais mieux fait d’être mordu à l’adolescence, ainsi j’aurais été beau pour l’éternité (rire). »
« Pourtant, tout n’a pas été rose dans mon adolescence. Avant l’école de cinéma _ j’ai longtemps voulu être réalisateur _ j’ai étudié le chant. Une très mauvaise expérience que j’associe à de mauvais souvenirs. Le directeur de l’école était très dur. Si tu ne chantais pas bien, il te filait une bonne vieille torgnole. Avec ça, on devait passer des week ends entiers à l’école. Le pire, c’est que, quand un directeur est méchant, les élèves ont tendance à devenir encore plus méchants qu’ils ne le sont au naturel. C’est une expérience difficile de grandir dans la méchanceté. Je me réfugiais dans mon attitude de parfait petit nerd. Je n’ai pas chanté pendant bien longtemps après ça ! Je m’y suis remis il y a 5 ans seulement… »