Ce disque, c’est notre vision de l’Angleterre, un pays que nous adorons. C’était l’idée avant d’aller en studio: faire un disque autour de ça. Cependant nous n’avons pas eu la prétention de faire une étude sociologique de l’Angleterre comme pourrait le faire Alex Turner avec les Artic Monkeys. Cet album raconte d’avantage nos fantasmes, nos illusions et nos rêves d’Angleterre, en tant que français. Les textes, simples sans être niais, sont donc bourrés des stéréotypes et des clichés des français de notre âge : la bouffe incompréhensible, les filles trop faciles, Londres, Manchester, la modernité. Et bien sûr le chant en anglais. Un anglais chanté par un groupe français. On n’a pas fait semblant d’être anglais. Encore une fois, cet album est made in France, dans la caricature et le respect. Donc voilà, c’est un disque pour les français fans d’Angleterre.
Nous n’avons pas retravaillé les morceaux pour qu’ils collent avec l’Angleterre, sauf peut-être « Ghost ». Nous avons enregistré, mais par la suite, nous nous sommes un peu écarté du mixage. Nous avions la tête dans le guidon, et voulions surtout laisser faire quelqu’un de l’extérieur. Bien sûr, nous surveillions tout ça de près, mais en écoutant les avis extérieurs. Au final, seul « Hey Hey Hey » s’écarte de la trame générale. Et ça permet de laisser un peu l’album respirer, et les gens.
Les problèmes que vous pouvez avoir à Paris par rapport à la vie nocturne sont les mêmes à Lyon. Et je pense qu’il s’agit tout simplement d’un problème de mentalité française. Nous avons eu l’occasion de beaucoup tourner, en France, mais pas seulement. Nous sommes allés en Angleterre bien sûr, en Belgique, en Italie… Lorsque nous étions à Milan, nous avons joué dans un bar après minuit, et le proprio nous demandait de monter les amplis. Un truc que nous ne voyons jamais ici. Le bar rock de Lyon, Le Citron, ne fait plus que des concerts acoustiques. C’est triste, mais je crois que c’est partout pareil en France. Et je ne vois aucune solution.
Avant celui-ci, nous avions déjà enregistré un premier album, qui n’est jamais sorti. Nous avons finalement changé de label, et nous avons un tourneur qui nous soutient, qui s’appelle P-Box. Grâce à eux, nous sommes intermittents du spectacle, et gagnons donc notre vie avec la musique. C’est une chance incroyable, et je me rends compte que nous sommes très peu à l’avoir. Par rapport à l’époque où nous avons commencé, beaucoup de groupes ont disparus. Je ne pourrais pas te citer de noms, mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes des privilégiés.Et nous comptons bien continuer sur notre lancée, avec un deuxième album à l’automne 2010 si tout se passe bien. En français celui-là.
J’adore !