Quand on va voir un concert de Girls, on a la banane greffée au visage , comme si leur mélancolie pop avait le pouvoir de nous faire voyager jusqu’à la baie de San Francisco. Le vendredi 5 mars 2010, la Maroquinerie ressemblait à un temple du Flower Power où de jeunes gens beaux et romantiques étaient venus écouter les complaintes du groupe le plus touchant qu’on n’ait connu ces dernières années.
Les attentes sont souvent suivies de désillusions. Que nenni ce coup-ci !
Lorsque Christopher Owens , le chanteur, pénètre sur scène, avec sa tignasse folle , sa moue apeurée , son jean rouge et ses doc martens vertes tel un clown triste pour nous clamer sa peine avec « Ghost Mouth » , on est déjà sous le charme .
Après de multiples changements de formation en live , le groupe était donc composé de Christopher, de Chet Jr White ,le co-auteur, sorte de gros nounours protecteur, qui portait pour l’occasion un formidable chandail blanc, élément de rigueur pour jouer au papa, de leur nouveau guitariste , un sosie chevelu de Fez dans « That 70’s Show» , d’un jeune homme roux au clavier et d’un batteur détenteur de peu de cheveux mais d’une pêche folle ! Tous les quotas étaient ainsi respectés. Ce savant mélange rendait l’ensemble très dynamique et cohérent , ce qui ne les a pas détendus pour autant, puisque les rares fois où on les a entendu parler c’est lorsqu’ils se faisant des blagues entres eux, nous faisant d’ailleurs douter de leur origine, leurs marmonnements incompréhensibles sonnaient plus texans que californiens… . La majeure partie des morceaux de l’album fut jouée (dans le désordre Laura, God Damned, Headache, Morning Light, Lauren Marie, etc…) excepté « Summertime « ,ce qui est d’ailleurs bien dommage . Mais les deux moments forts furent » HellHole Ratrace », le titre le plus bouleversant de leur album ,à l’influence shoegaze évidente , qui commence comme une ballade désespérée pour finir par un mur du son capable de faire planer les esprits les plus sceptiques.
Le dernier morceau avant le rappel fut bien sûr LE « tube » « Lust for Life » ,merveille de perfection pop ,qui aura eu le mérite de réveiller une foule un peu mollassone.
Le public sera d’ailleurs chanceux puisqu’il aura eu le droit à « Life in San Francisco », la face B de « Lust for Life » , qui ne figure donc pas sur l’album, une ode joyeuse à leur ville d’adoption et aux sonorités 60’s, qui nous a définitivement fait penser que les voix de Christopher Owens et d’Elvis Costello sont jumelles.
Sarah Dahan
Une bien belle soirée en somme, merci les filles.
Le guitariste présent est le guitariste du groupe « dominants legs » et se nomme Ryan William Lynch. Groupe lui aussi de san francisco qui passait la veille à la flèche d’or. Je ne sais pas si sa place est permanente ou temporaire mais je vous conseil fortement d’aller écouter leur myspace (http://www.myspace.com/dominantlegsmusic). Ce groupe assure dans la musique comme un cochon le fait dans le jambon.
mmm, je ne suis pas aussi enthousiaste…
http://www.notfortourists-paris.com/wordpress/2010/03/10/girls-maroquinerie/