
Comment se fait -il que cet album soit si différent du précédent « Seventh Tree » ( beaucoup plus folk et en rupture nette avec le reste de leur discographie, ndlr ) ?
Alison : C’est la façon dont nous aimons travailler, nous sommes des musiciens, nous ne sommes pas intéressés par le fait de se répéter sans arrêt. C’est un moment différent dans nos vies, et donc nos sentiments le sont aussi, et bien sûr nous écrivons de la musique en fonction de ce que nous ressentons. La musique sur « Head first » reflète notre état d’esprit actuel.
Effectivement les paroles ont l’air plus positives, il s’agit toujours d’amour, mais apaisé, c’est beaucoup plus festif. Vous êtes heureux en ce moment ?
Alison : Oui ! Quand on est artiste, le fait de renier ses propres sentiments pour faire toujours la même chose est très bizarre, il n’y a plus de processus de création. Je ne comprends pas les groupes qui font la même chose sans cesse, comment font –ils pour rester intéressés et pour être honnêtes ? Je pense que c’est renier ce que l’on est et puis surtout c’est claustrophobique.
C’est comme répéter une formule…
Alison : Exactement, quel est l’intérêt , franchement ?
Will : C’est bien de marcher dans la rue et de s’aventurer dans une ruelle étroite, de changer d’itinéraire et de voir ce qu’il s’y passe un peu !
Etait –ce un choix délibéré de changer du tout au tout , ou était-ce véritablement naturel ?
W : L’écriture et la composition sont des challenges en soi, et je pense qu’on essaie à chaque fois d’écrire de nouvelles chansons, de nous améliorer, et je crois qu’on y est parvenu. On voulait de l’efficacité pour cette album, de l’immédiateté, quelque chose de frais.
A : Je pense qu’on choisit toujours une palette de son pour refléter nos humeurs, et il était sur que la guitare acoustique ne conviendrait pas, donc sur ce point c’était délibéré. Mais le tout n’est jamais fait de façon consciente, on essaie des choses et on voit si ça marche ou pas, sinon on essaie quelque chose d’autre. Les deux premières chansons qu’on a écrit sont « Alive » et « Rocket » et elles reflètent bien l’ambiance et l’esprit de l’album.
Vous avez une discographie très diversifiée, comment allez vous faire en live, allez vous alterner entre les premiers morceaux plus cinématographiques, les morceaux « Glam Rock » , et les morceaux plus disco de « Head First » ?
A : Je ne sais pas encore, mais c’est sur qu’on va jouer plein de choses différentes. J’ai tellement hâte de jouer cet album en live, c’est super fun. Mais ça va être beaucoup de travail, c’est toujours très dur de créer une cohésion lors d’un concert, faire que tout s’enchaine correctement, d’embarquer les gens dans un voyage. C’est toujours difficile quand il y a des chansons lentes car on ne veut pas déprimer les gens non plus et puis ça dépend aussi de l’endroit où on joue. J’ai un souvenir atroce d’un concert lors de notre dernière tournée pour Seventh Tree à la Brixton Academy à Londres. C’était un album très délicat , très doux, beaucoup plus lent que ce que nous avions fait avant, et on pouvait juste voir que les gens n’en n’avaient rien à foutre ! Ils parlaient entre eux, c’était clair que ça ne les intéressait pas, au bout d’un moment j’ai pété les plombs, on a joué un tube pour détendre l’atmosphère. Il faut savoir s’adapter.
Est-ce que sur scène tu vas porter des roller comme sur la pochette du single « Rocket » ?
A : Si je pouvais je le ferais à fond mais ça serait un putain de désastre, je me ramasserais pathétiquement sur le scène. Mais dans mes rêves les plus fous, oui je porte des rollers je fais des saltos arrières, la totale !

L’image fait partie intégrante de Goldfrapp. Etes vous interessés par les chanteuses à l’esthétique hyper développée d’aujourd’hui ? Que pensez vous de Lady Gaga ? Certains disent qu’elle s’inspire de toi…
A : Ah bon ?! Je ne trouve pas mais Je savais que tu me poserais la question ! Je la trouve cool, je n’aime pas du tout sa musique mais je crois cependant qu’elle a du talent, et puis elle est si jeune, elle a quel âge, 23 ans ?
Oui quelque chose comme ça, officiellement…
A : Ah oui comme si moi j’avais toujours 35 ans ! ( rires) Mais oui je trouve qu’elle est douée . Je pense aussi qu’elle a un pénis.
Je le pense aussi, et tu penses quoi de Roisin Murphy ( ex Moloko , et deux albums solo à son actif) ?
A :Je n’aime pas sa musique, à vrai dire je ne suis pas sûre de ce qu’elle fait, je ne la vois que dans les pages mode des magazines.
Avez vous vu les Grammys ( l’interview s’est déroulée le lendemain des Grammys)? Etes vous intéressés par les cérémonies ?
A : J’ai vu un bout avec Lady Gaga et Elton John, c’était drôle.
W: On est intéressés seulement si on gagne !
Vous avez été nominés pour « Supernature »…
A : Oui. Mais il y a tellement de putains de Grammys que ça en devient ridicule. Tu n’entends jamais rien sur les catégories autres que R’n B et tous les trucs mainstream. En tous cas Imogen Heap a gagné un Grammy pour le meilleur enregistrement, c’est elle qui se charge de toute la production et du mixage de ses albums donc c’est cool.
Mais je pense que c’est de la grosse merde, des foutaises, c’est que des histoires de pognon ou bien sinon c’est des vieux qui s’enferment dans une pièce et qui, pour à tout prix paraître cool, désignent un prix à un mec improbable dont on a rien à foutre ! C’est putain de débile et putain de déprimant ! Mais si je gagnais je serais super heureuse !
W : C’est le syndrome X factor ( La Nouvelle Star Anglaise,ndlr), on voit la musique comme des Jeux olympiques. On essaie d’ignorer tout ça, de faire notre truc dans notre coin, le mieux possible. Mais j’ai vu des cérémonies de musique Françaises, ça avait l’air bien, je me souviens d’une émission où Pierre Boulez et Serge Gainsbourg étaient sur la même scène, se serraient la main et se marraient ensemble. On ne verrait jamais ça en Angleterre !
C’est un bon exemple mais en fait les remises de prix en France sont nases. Pour vous donner un exemple, Phoenix ont été nominé aux Grammy Awards, et ont gagné, mais ils n’ont pas eu de nomination à l’équivalent Français !
W : Ah oui, c’est vrai que la France à toujours du mal à reconnaître ses talents !
Qu’est-ce que vous écoutiez pendant l’écriture et l’enregistrement de « Head First » ?
W: Beaucoup de musique des 70’s, beaucoup de Abba, mais aussi Billy Joel.
A : Giorgio Moroder, qui a toujours été une influence pour nous. Mais sinon je pense qu’en tant que musiciens on écoute la musique différemment, c’est très abstrait, on écoute certains morceaux juste pour savoir comment le synthé sonne dessus.
Vous n’écoutiez pas d’artistes plus contemporains ?
W: Je pense qu’il y a une pression à écouter ses contemporains, on compare sans cesse, une compétition se fait immédiatement et puis on ne veut pas faire ce qui a déjà été fait.
A : Les artistes contemporains que j’écoute sont très éloignés de ce que nous faisons, j’adore The XX et Empire of the Sun par exemple.
Vous pensez quoi du revival du son des années 80 avec des gens comme Little Boots ou La Roux ?
W: J’aime bien Little Boots, mais elle a encore beaucoup de travail à faire !
A : Je ne peux pas supporter la voix de La Roux, putain elle me rend folle ! Elle arrive brillamment à être insupportable, sa musique aussi me rend malade. Tu sais elle sonne comme ces putains de dessins animés là, ces putains de petits écureuils qui font de la musique…
Les chipmunks ?
Voilà ! Elle sonne comme ces putains de Chipmunks !
Cela fait dix ans depuis la sortie de votre premier album « Felt Mountain », quels sont les meilleurs souvenirs, les pires ? Et vos buts à atteindre pour la suite ?
A : Je pense que les tournées sont un excellent souvenir. Bon sinon on a pas gagné de prix ! Donnez nous un prix !
W: Je pense que lorsqu’on s’amuse, on n’y pense pas, on ne se dit pas « ah tiens ça c’est un bon moment » !

Oui, mais un concert en particulier peut être ?
W : Quand on a fait des concerts acoustiques pour Seventh Tree, c’etait un grand moment, la chorale, les cordes, on ne l’avait jamais fait et c’était très fort.
A : Oui j’ai aimé pendant cette tournée les moments dans les loges, avec tous les musiciens, les moments de panique avec les costumes, car nous étions tous en blanc, c’était comme une troupe. Et puis c’était une dynamique si différente de ce que nous faisions auparavant, je pouvais être plus en retrait, et admirer tout ça, c’était soulageant.
On a eu une tournée géniale sur Supernature, même si la France a detesté ! On a eu un grand buzz en Angleterre et aux Etats Unis, c’était marrant.
On peut revenir à Lady Gaga . Tu penses quoi d’elle?
Je la déteste, j’ai même écrit sa nécrologie !
(Rires) Mais c’est horrible !
Oui je sais.
W : Pourquoi ne l’aimes tu pas ?
Parce que sa musique est nase et qu’elle est ultra vulgaire ! Et puis surtout elle repousse les limites à chaque apparition, à chaque prestation, je ne vois pas ce qu’elle pourra faire de nouveau pour son prochain album.
W: Moi j’aime bien le fait qu’elle joue avec les costumes, qu’elle se crée un personnage, les gens ne font plus vraiment ça.
A : Elle a l’air douée et surtout très passionnée parce qu’ elle fait. Mais je n’aime pas sa musique, c’est très kitch. J’espère qu’elle va bien, c’est beaucoup de travail, c’est dur physiquement et mentalement de maintenir ce cap, c’est beaucoup de pression. D’être dans un personnage pour si longtemps, ça peut jouer des tours avec ton mental. Mais elle a l’air très sûre d’elle, et je trouve ça cool de la part d’une jeune femme.
Du coup c ‘était un soulagement de vous avoir l’un et l’autre quand ça n’allait pas?
A : Je pensais à ça l’autre fois . La plupart des chanteurs sont seuls et ça doit être très dur, avec Will je partage les bons moments et j’ai aussi quelqu’un vers qui me tourner quand quelque chose ou quelqu’un m’emmerde !
Dans ce milieu il n’y pas beaucoup de personnes à qui se confier, seul ça doit être dur avec cette pression, nous sommes chanceux de nous avoir mutuellement.
W: « 2 « est un bon chiffre. J’ai été dans des groupes avec plusieurs membres et c’est toujours compliqué, le choc des egos tout ça. Quand tu te disputes avec une seule personne ça peut s’arranger, quand tu te disputes avec plusieurs personnes, c’est la merde.
J’ai vu tellement de groupes qui s’engueulent après des interviews parce qu’untel n’est pas assez photographié, ou un autre qui se plaint parce qu’il est dégouté de n’être que le batteur. En fait un groupe c’est comme une famille à problèmes.
Sarah Dahan
C’est tellement mignon comme elle se préoccupe de la santé de Lady Gaga, je pensais pas qu’il fallait se coiffer avec une langouste pour éveiller la compassion d’Alison Goldfrapp..
[...] “GOLDFRAPP : “Lady Gaga tiene pene, La Roux canta como una puta ardilla y a Little Boots todavía le queda trabajo”. Así titulan la entrevista a Alison Goldfrapp para la publicación francesa Voxpopmag. [...]
[...] This post was mentioned on Twitter by Nico Prat, Sarah Dahan. Sarah Dahan said: Goldfrapp en concert à Paris ce soir, lisez mon interview ! http://t.co/G69uTFy via @AddThis [...]
ME I’M LADY GAGA I AM DEBUNKE FOR YOU DEAR SHIT FANS PART ONE
http://www.youtube.com/watch?v=-zzwD9mMUg4&feature=related
ME I’M LADY GAGA I AM DEBUNKE FOR YOU DEAR SHIT FANS PART TWO
http://www.youtube.com/watch?v=XD1ksU_Gs_4&feature=related