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QUAND UFFIE RENCONTRE TRICKY

Photo : Mathieu Zazzo

Pour cette avant dernière soirée de concerts place de l’hôtel de Ville, la Fnac a mis les petits plats dans les grands pour proposer une programmation plutôt alléchante. Uffie et Tricky s’enchaînant sur la même scène, gratuitement, il n’en fallait pas plus pour attirer les foules, intriguées par celle que l’on décrit comme le nouveau phénomène electro (depuis maintenant quatre ans) et un individu énigmatique, presque flippant, hautement intriguant.

On sort du métro accueillis par le rap très désagréable de 0800, collectif bordelais fortement déconseillé aux amateurs de bon goût. Parsemant leur set sans originalité de phrases accrocheuses comme « personne n’est jamais mort d’une overdose de son », le groupe arrive à peine à nous faire décrocher un rictus de sympathie, avant de nous contraindre à rejoindre l’open bar. On n’en décollera pas pendant le set de Boogers, faibles personnes que nous sommes, attirées par le Jack Daniel’s gratis. Quelques minutes avant de monter sur scène, Uffie répond aux questions de France Inter et signe quelques autographes. Tricky, lui, ballade sa carrure de boxeur et sa dégaine menaçante.

Photo : Mathieu Zazzo

Il est 20h. Retour sur la place. Uffie vient défendre les couleurs d’un premier album pas totalement raté, mais loin de justifier le buzz dont la princesse de la nuit jouie depuis plusieurs années. La machine à fumée fonctionne à plein régime, il fait encore jour, et la voici accompagnée d’un DJ et d’un batteur semblant tout droit sorti d’Hot Chip. Les vêtements fluos sont de rigueur, Ed Banger Style oblige. Le set commence avec « MC’s Can Kiss », l’une des réussites de « Sex, Dreams And Denim Jeans ». Le son est bon, la demoiselle pose un flow timide sur une version instrumentale du titre. Pas beaucoup d’émotion, Uffie transpire peu, pareil pour le public. Quelque chose coince, il est sans doute trop tôt pour tout le monde. Au bout de trois titres, sortie de scène, ses deux acolytes occupent l’espace, avant que la belle ne revienne comme si de rien n’était. Feadz se pointe également pour filmer la prestation avec son iPhone. Quand arrive le tube « ADD SUV », la foule pousse comme un cri de soulagement. Le refrain est chanté en playback, et Pharell Williams nous manque d’un seul coup cruellement. Sans surprise, le concert se termine avec un « Pop The Glock » exécuté sans trop d’efforts.

Quelques minutes avant l’arrivée de Tricky, chacun dans la fosse y va de sa petite anecdote. La plus précieuse parvenue à nos oreilles étant le récit de ce concert au cours duquel le bonhomme ne fit que fumer un joint sans s’approcher du micro, avant de laisser son groupe poursuivre sans lui. On ne peut s’empêcher d’en rire, tout en espérant bien sûr une autre histoire ce soir, tant son petit dernier, « Mixed Race » (sortie le 27 septembre) vaut le détour. Et ce vendredi 13 août, disons le, Adrian Thaws fut absolument brillant. Pétard aux lèvres, forcément, l’ancien de Massive Attack livra une prestation bruyante, fiévreuse. Point d’orgue: une reprise du « Ace Of Spades » de Motörhead avec le public invité sur scène. Un joyeux bordel, une bonne ambiance communicative. Le knowle west boy a fait mentir sa réputation de la plus belle des façons: en nous en mettant plein les oreilles.

Nico Prat

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