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ROCK & MARGES #0

Sarah Lipstate de Noveller (Photo : Aaron Wojack)

Sarah Lipstate de Noveller (Photo : Aaron Wojack)

Premier épisode de notre feuilleton consacré à ce qui se fabrique de plus goûtu dans les marges du rock contemporain. Au menu du jour, trois pépites : Desert Fires de Noveller, Inertiadrome d’Ultralyd et Old Punch Card de Sam Prekop.

Nouvelle livraison pour Sarah Lipstate, la ô combien jolie frimousse qui se cache derrière le pseudo Noveller. Vous en aviez longtemps rêvé sans oser croire ça possible. Sarah Lipstate, c’est le volcan Eyjafjöll qui pète à nouveau une durite, c’est Alain Finkielkraut qui fait voeu de silence, c’est Qui veut épouser mon fils à la place du 13h de Pernaud. Sarah Lipstate c’est la musique chelou avec du sex appeal. C’est bien simple, Sarah est la seule personne en Occident capable de rendre sexy un pédalier d’effets pour guitare, et elle prouve que les mélanges ambient/noise ne sont pas réservés aux intellos surbarbus (Keith Fullerton Whitman) ou aux post-nerds viennois (Christian Fennesz). Jouée traditionnellement ou couchée et maniée à l’aide d’un archet, à un ou deux manches, avec ou sans demi-caisse, passée au travers de loopers et de toute une batterie d’effets, la guitare livre une matière sonore brute que Sarah sculpte et redécoupe en direct. Aussi beau à écouter qu’à regarder. Ca tombe bien, elle jouera aux Instants Chavirés avec Aidan Baker et David Sims des Jesus Lizards (ici présent sous le nom d’unFact) le 17 novembre prochain. Sarah Lipstate en France, c’est Aung San Suu Kyi enfin libre !
Vous aimiez les puits soniques sans fond de Sunn 0))) mais Stephen O’Malley et Greg Anderson font peur à votre petite soeur. Les robes de bure, les écrans de fumée et l’imagerie gothico-cheap ne sont pas votre truc : optez pour Ultralyd. Signé sur Rune Grammofon, le label dont vous devriez déjà posséder toute la discographie, les norvégiens d’Ultralyd font la musique la plus flippante qu’on a entendu depuis le dernier Grails. Elle ressemble à un affrontement entre fans monomaniaques de drone metal bloqués sur la touche repeat et un orchestre de musique contemporaine décidée à en découdre, avec grincement de banquise en fond sonore. Elle mêle la section rythmique gargantuesque formée par le batteur Olsen et le bassiste Brandsdal, à la guitare de Hana et au sax de Moster. Ces quatre types font un raffût qu’on espère voir en live sous nos latitudes, sous peu. La bande son idéale pour passer un hiver à la Shining.
Un peu de calme à présent, avec le dernier LP de Sam Prekop. Ceux qui suivent de près les tribulations du label Thrill Jockey savent que Sam Prekop est la tête pensante de The Sea and Cake, secret pop indie le mieux gardé de cette planète et aussi, tout simplement, un merveilleux groupe dont l’élégance n’a aucune rivale sérieuse. L’ami Sam revient entouré d’une équipe à faire pâlir d’envie le premier popeux venu : Chad Taylor (Chicago Underground Duo), Josh Abrams (ex-Roots, Town and Country), Jim O’Rourke (Gastr del Sol) et Archer Prewitt (compère dans The Sea and Cake). A la fin, une musique toute en liserés électro-acoustiques répétitifs, motifs de dentelles sonores d’une délicatesse à faire soupirer d’aise les méchants sus-nommés d’Ultralyd. La musique de Prekop est de la même luxueuse rareté que celle de The Sea and Cake, mais elle se dégage du format pop… tout en gardant cette magic touch qui fait immédiatement venir le sourire aux lèvres. On en redemande.

NOVELLER – Desert Fires (Saffron Recordings, 2010)

Nouvelle livraison pour Sarah Lipstate, la ô combien jolie frimousse qui se cache derrière le pseudo Noveller. Vous en aviez longtemps rêvé sans oser croire ça possible. Sarah Lipstate, c’est le volcan Eyjafjöll qui pète à nouveau une durite, c’est Alain Finkielkraut qui fait voeu de silence, c’est Qui veut épouser mon fils à la place du 13h de Pernaud. Sarah Lipstate c’est la musique chelou avec du sex appeal. C’est bien simple, Sarah est la seule personne en Occident capable de rendre sexy un pédalier d’effets pour guitare, et elle prouve que les mélanges ambient/noise ne sont pas réservés aux intellos surbarbus (Keith Fullerton Whitman) ou aux post-nerds viennois (Christian Fennesz). Jouée traditionnellement ou couchée et maniée à l’aide d’un archet, à un ou deux manches, avec ou sans demi-caisse, passée au travers de loopers et de toute une batterie d’effets, la guitare livre une matière sonore brute que Sarah sculpte et redécoupe en direct, dans un idiome musical rien qu’à elle. Aussi beau à écouter qu’à regarder. Ca tombe bien, elle jouera aux Instants Chavirés avec Aidan Baker et David Sims des Jesus Lizards (sous le nom d’unFact) le 17 novembre prochain. Sarah Lipstate en France, c’est Aung San Suu Kyi enfin libre !

ULTRALYD – Inertiadrome (Rune Grammofon, 2010)

Vous aimiez les puits soniques sans fond de Sunn 0))) mais Stephen O’Malley et Greg Anderson font peur à votre petite soeur. Les robes de bure, les écrans de fumée et l’imagerie gothique zarbie ne sont pas votre truc : optez pour Ultralyd. Signés sur Rune Grammofon, le label dont vous devriez déjà posséder toute la discographie, les norvégiens d’Ultralyd font la musique la plus flippante qu’on a entendu depuis le dernier Grails. Elle ressemble à un affrontement entre fans monomaniaques de drone metal bloqués sur la touche repeat et un orchestre de musique contemporaine décidé à en découdre, avec grincement de banquise en fond sonore. Elle mêle la section rythmique gargantuesque formée par le batteur Olsen et le bassiste Brandsdal, à la guitare de Hana et au sax de Moster. Ces quatre types font un raffût qu’on espère voir en live sous nos latitudes, sous peu. La bande son idéale pour passer un hiver à la Shining.

SAM PREKOP – Old Punch Card (Thrill Jockey, 2010)

Un peu de calme à présent, avec le dernier LP de Sam Prekop. Ceux qui suivent de près les tribulations du label Thrill Jockey savent que Sam Prekop est la tête pensante de The Sea and Cake, secret pop indie le mieux gardé de cette planète et aussi, tout simplement, un merveilleux groupe dont l’élégance n’a aucune rivale sérieuse. L’ami Sam revient entouré d’une équipe à faire pâlir d’envie le premier outsider popeux venu : Chad Taylor (Chicago Underground Duo), Josh Abrams (ex-Roots, Town and Country), Jim O’Rourke et Archer Prewitt (compère dans The Sea and Cake). A la fin, une musique tout en liserés électro-acoustiques répétitifs, morceaux fragiles et indéfinis comme des esquisses et motifs de dentelles sonores d’une délicatesse à faire soupirer d’aise les méchants sus-nommés d’Ultralyd. La musique de Prekop est de la même luxueuse rareté que celle de The Sea and Cake, mais elle se dégage du format pop… tout en gardant cette magic touch qui fait immédiatement venir le sourire aux lèvres. On en redemande.

(NB : Ces deux morceaux sont tirés de Who’s Your New Professor, paru en 2005.)

Mathias Kusnierz

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