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M83 : LES ÉLUCUBRATIONS D’UN DOUX REVEUR

Le 17 octobre prochain, « Hurry up, We ‘re dreaming » du Français M83 sera disponible. Un songe ambitieux pour cet artiste prisé, qui a notamment remixé avec succès « The Pioneers » de Bloc Party ou collaboré avec Alison Golfrapp.

Texte : Bérénice Le Mestre

Le sixième opus d’M83, « Hurry up, We ‘re dreaming », est un album concept chimérique en deux parties. Anthony Gonzalez, seul aux manettes du vaisseau M83, depuis le départ en 2005 de son comparse Nicolas Fromageau, a toujours la tête dans les étoiles. Originaire d’Antibes, il vit à présent à Los Angeles.

L’initiation au voyage débute avec « Intro », au titre plus qu’élémentaire. Une voix robotique, celle de Morgan Kibby, susurre du bout des lèvres les paroles sur des synthétiseurs reproduisant des boucles. Une aimable invitation avant de gagner magistralement en puissance grâce au combo batterie/cuivre/ chœurs. Une superbe entrée en matière. Place à « Midnight City »,taillé incontestablement pour le format single et plus propice au dancefloor hype. Anthony Gonzalez, qui flirte désormais avec la trentaine, se paie le luxe d’imbriquer d’harmonieux saxophones. D’autres Dj comme Trentemoller ou Big Black Delta se sont d’ores et déjà emparés du titre en le remixant.

Métaphore filée onirique, « Wait » est le morceau le plus imprégné de vague à l’âme. Univers cotonneux porté par des claviers et des guitares auxquels s’ajoutent sa voix entre douceur et plainte. Mais M83 poursuit le même schéma qui lui va si bien : l’amplitude se déploie progressivement. Claquements de doigts, voix enfantine prête à nous confier un grand secret, «  Raconte-moi une histoire » est sautillant. L’album est construit de manière symétrique, si bien que chaque morceau trouve son pendant, un écho sur le deuxième CD. Malgré une sorte de miroir déformant, les morceaux conservent une tension, comme un lien entre deux psychés. Ces 22 titres sont composés comme des odyssées nébuleuses. « The Bright Flash » est une bizarrerie avant-gardiste. Le débit est de même acabit que celui d’Anna Karina dans Alphaville de Jean-Luc Godard. Les envolées électroniques ponctuent les passages parlés, progressivement, cette voix magnétique devient celle d’une vieille dame.  Vocalement plus présent, Anthony Gonzalez signe un album musicalement plus contrasté et varié, oscillant toujours entre mélodies pop éthérées et électro virtuose. Le tout s’enchevêtre autour des thèmes de l’errance solitaire, du souvenir d’enfance et du voyage galactique.

Côté actu, M83 cherche un multi-instrumentiste (guitare, basse, claviers) basé dans la région de Los Angeles pour l’accompagner durant la tournée mondiale qui devrait s’étaler sur douze mois. Passage à Paris le 30 novembre à la Gaité Lyrique et le 15 mars à la Cigale.

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