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Printemps de Bourges, quatrième jour

Noisettes au 22 à Bourges

 

Noisettes au 22 à Bourges

 Ca y est, le festival bat son plein. Le public paisible du spectacle reggae (avec  notamment les musiciens – légendes d’Inna De Yard All Stars) a envahi le Phénix. Les journalistes courent dans tous les sens. Le soleil rayonne encore largement. Le Printemps est dans un bon rythme de croisière.

 

18h00. A l’heure où les festivaliers sirotent leur première bière, on s’engouffre dans l’Auditorium pour assister au concert de Dear Reader. La salle offre des conditions acoustiques idéales et l’on se concentre sur la prestation du trio de Johannesburg. Les chansons folk – pop de Cherilyn MacNeil nous mettent en joie. Simples sans être dépouillées, intelligentes, originales, sensibles et limpides, elles ravissent nos sens.

18h35. On aurait très envie de rester là, mais notre curiosité nous titille. Le jeune Sliimy, débute sa prestation au Palais d’Auron. La nouvelle popstar découverte sur le web est à peine prête à monter sur scène, mais très attendue par le jeune public. Son show n’est pas mauvais, ni prétentieux. Mais on a l’impression de regarder une vidéo sur YouTube. Il ne se passe pas grand chose. Les titres ressemblent encore à des démos et les musiciens de Sliimy ne sont pas très bons. Qu’importe, le public en redemande. Et Sliimy, tout sourire, se prête au jeu. La prestation reste très encourageante tant la marge de progression semble grande. On le recroisera plus tard au 22 en train de signer des autographes.

19h40. Par curiosité on reste pour Hugh Coltman. Si on l’interviewait, il y aurait fort à parier qu’il déclarerait vouloir écrire des chansons universelles et/ou intemporelles. D’ailleurs, il brasse un peu tous les styles. On ne peut pas dire que ce soit franchement de mauvais goût, mais c’est très fade. Très vite, on est agacé. Une fin de chanson déchirante à la Jeff Buckley nous donne le coup de grâce, cette suavité mainstream ne plait pas du tout au comité VoxPop. Allez hop, quatre rouges, l’aventure s’arrête là pour nous ! On quitte la salle non sans croiser Christine Albanel venue faire un tour habillée d’un cuir trahissant à coup sûr sa passion pour The Strokes. La ministre passe et un festivalier sans doute aigri s’exclame : « Tu vois Rachid, Albanel, elle passe et elle se fout de tout monde ». A ce moment, on scrute le regard du Rachid en question se souvenant sans doute des vieux discours de Jean-Pierre Raffarin sur la France d’en haut et la France d’en bas…

20h00. Retour à l’Auditorium pour Get Well Soon, qui tourne actuellement avec Dear Reader (petite info en passant, le concert à la Maroquinerie de Paris est complet, mais on peut encore les voir à Reims, Lille et Lyon). Le groupe de l’Allemand Konstantin Gropper fait le pont entre Radiohead et Arcade Fire, mais en plus ramassé. L’écriture reste beaucoup plus franche et directe que pour ces deux groupes et ce n’est pas pour nous déplaire. Le groupe est enthousiaste bien qu’un peu déstabilisé par la configuration assise de la salle. (« D’habitude, on dit aux gens qu’ils peuvent danser sur cette chanson, mais aujourd’hui, euh, chantez si vous voulez ! »).

23h15. Une interview des Noisettes effectuée avant leur montée sur scène nous a mis l’eau à la bouche (à retrouver très prochainement sur ce site). Après avoir échoué commercialement sur un premier album très Yeah Yeah Yeahs, le groupe revient avec un deuxième album pop culotté, à mi-chemin entre les Ronettes et Blondie. L’excitation, justifiée, autour de ces chansons a gagné l’Angleterre (n°2 des ventes de singles en mars pour « Don’t Upset The Rhythm »). La chanteuse Shingai  Shoniwa, charmeuse et sculpturale dompte son monde et singulièrement la gent masculine. Le groupe joue divinement mais pas au maximum de son potentiel. Un problème technique de boucles rythmiques enregistrées perturbe l’extraordinaire batteur Jamie Morrison. Le tube très démonstratif du premier album « Don’t Give Up » est considérablement réarrangé en rock mid tempo. Mais la majorité du set est constitué d’extrait du 2e album, cure de jouvence mélodique pour le groupe. Charme, engagement, musicalité, VoxPop est conquis par cette nouvelle formule des Noisettes. On a hâte de les retrouver au top à la rentrée après que leur album ait rythmé notre été.

00h30. On retrouve Battant (au sommaire du numéro de VoxPop actuellement en vente partout en France) pour un concert qui nous déçoit moins que leur récente prestation au Point Ephémère à Paris. Chanteuse explosive musique d’une froideur clinique assez fascinante, on n’est déçu que par l’inégale qualité de la composition des morceaux. Le groupe suscite toutefois un franc enthousiasme du public.

1h15. La scène voit s’amonceler des couches multiples de synthés et percussions diverses. Comme quand LCD Soundsystem ou Hot Chip jouent, la patte « matos » de DFA se fait ressentir. The Juan MacLean entre sur scène pour un programme musical très voisin de celui proposé par James Murphy et ses sbires. Un son énorme, répétitif mais subtil. Une batterie enclûme obsédante héritière de celle de Dennis Davies sur tous les titres de Low de David Bowie. Sur pareille musique il n’y a normalement pas d’autre issue que de laisser le corps divaguer dans la fosse. Ce n’était visiblement pas trop irrésistible pour le public berruyer d’hier soir. Trop de rigueur clinique peut être dans la musique de The Juan MacLean. Reconnaissons qu’en dehors d’un son suffisant pour provoquer chez nous un état de transe tout à fait appréciable, il manque le supplément d’âme et de cynisme dans l’écriture dans lequel James Murphy s’est révélé un maître avec LCD Soundsystem. Belle conclusion electro rock avant la grande messe du genre ce samedi.

 

Caroline Harleaux et Benjamin Durand

 

 

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