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THE LAST SHADOW PUPPETS (2/2): « Sortir un album par an, il n’y a rien de remarquable là-dedans ! »

The Last Shadow Puppets, Paris 2008 © Samuel Kirszenbaum

The Last Shadow Puppets, Paris 2008 © Samuel Kirszenbaum

Suite de notre entretien avec Alex Turner et Miles Kane à l’occasion de la sortie de « The Age Of Understatement“ premier album de The Last Shadow Puppets.

ENREGISTREMENT ET CONCEPTION

A.T. : James Ford, notre producteur (également batteur sur ce disque, par ailleurs membre de Simian Mobile Disco et co-producteur du Favorite Worst Nightmare des Arctic Monkeys, ndlr) voulait enregistrer en France, au studio Black Box. Il y avait bossé et trouvait que ça sonnait bien. Je me demande si The Kills n’avait pas aussi enregistré là-bas. Il me semble que c’était indispensable de se retirer dans un coin à la campagne et si possible à l’étranger. On avait de l’espace (le studio est une ferme reconvertie avec des champs tout autour, ndlA) pour s’aérer et rester concentrés pendant une courte période. Ça n’a duré que deux semaines. On a abusé des bienfaits de votre terroir : café, vin rouge, madeleines.

M.K. : Après ce sont les chansons qui ont exigé l’usage de cordes. Il y avait l’esprit de Scott Walker, Axelrod et John Barry

A.T. : Ça s’est dessiné à l’écriture. On utilisait des suites d’accords vraiment intéressantes et surtout une option mélodique que ni l’un ni l’autre n’avions poussé à ce point pour les chansons de nos groupes respectifs. Très vite j’ai essayé de décrire les parties de cordes que j’imaginais sur nos chansons. Arrivé en France pour l’enregistrement, j’ai fait des maquettes aux claviers pour coucher sur bande les idées de base des arrangements cordes. On est ensuite aller enregistrer le London Symphonic Orchestra.

POURQUOI TOURNER VOTRE PREMIER CLIP A MOSCOU ?

M.K. : C’est une idée du réalisateur Romain Gavras (fils de Costa-Gavras, il avait réalisé le clip de “I Believe“ de Simian Mobile Disco, ndlA). Il voulait aller à Moscou et faire ressortir cette ambiance “bondienne“ mais sans tomber dans la parodie. Il voulait quelque chose d’assez dramatique au premier degré avec des tanks et tout ça. De notre côté, on a fait attention à minimiser au maximum l’abus d’imagerie guerrière, parce que notre propos est tout sauf politique. C’était juste une idée géniale de laisser croire que c’est des chœurs de l’armée qui chantent derrière nous. Il a fait du bon boulot !

A.T. : On se sent petits là-bas ! On était vraiment intimidés. On ne faisait pas trop les malins en fait, c’était un peu flippant (pause) On se les gelait aussi !

LAST SHADOW PUPPETS – « THE AGE OF UNDERSTATEMENT » – (2008)

LES LAST SHADOW PUPPETS SONT-ILS DES ROMANTIQUES ?

A.T. : Pas vraiment. Nostalgiques plutôt. Sensibles.

M.K. : Difficile à dire tellement cette musique décrit ce qu’il y a dans nos têtes. On a mis en scène des personnes qu’on a vraiment rencontrées. On en a fait des personnages en forçant le trait sur leurs caractéristiques. Peut-être que c’est inconscient, c’est vrai qu’il y a peu de disques de ce genre qui sortent.

A.T. : Ce disque est assez romantique. On y a mis beaucoup d’émotion et des choses très personnelles également. Beaucoup de choses sont étranges puisque tout a été écrit à deux. (pause) Je comprends ce que tu veux dire, il y a beaucoup de sensibilité dans ces chansons. Il y a ce personnage récurent de cette fille qui brise les cœurs. Elle sert de défouloir à nos émotions.

M.K. : C’est un concentré d’expériences avec les filles. On a échangé nos points de vue en les exagérant. Il y a tout les problèmes qui se posent dans ces relations, les sentiments… Tout est devenu plus profond, plus sombre que les situations réelles. Le truc c’est que chacun dans nos groupes respectifs, nous écrivons les paroles. Du coup, en se mettant à écrire ensemble, tout est dans la surenchère. Les premières chansons que nous avons écrites nous ont un peu inquiété, tellement elles étaient intenses.

LE RYTHME DE TRAVAIL D’ALEX

A.T. : Sortir un album par an (après les deux Arctic Monkeys, ndlA), je ne vois vraiment pas ce qu’il y a de remarquable là-dedans. Comme on le dit souvent, ce n’est rien comparé au rythme des Beatles en leur temps.

M.K. : En même temps ça fait du bien. Tout est toujours question de processus et de marketing aujourd’hui avec les trois singles de rigueur à sortir et promouvoir. Single dont la production doit être calibrée pour les radios, c’est vraiment casse-couilles. Ce système gâche pas mal de plaisir, l’envie de mecs comme nous, c’est d’écrire des chansons sans arrêt et faire de la musique autant que possible.

THE LAST SHADOW PUPPETS – « MY MISTAKES WERE MADE FOR YOU »- (2008)

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