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KASABIAN : INTERVIEW (2/2) : « comme du putain d’Elvis Presley sous acide »

Kasabian © Mathieu Zazzo

Kasabian © Mathieu Zazzo

Pour cette deuxième partie, nous nous plongeons dans la description de ce surprenant troisième album de Kasabian avec Tom Meighan, le chanteur. Peut être pas une leçon d’humilité mais une belle tranche de bonne humeur

Voilà un troisième album affirmé cher Tom ! C’est à mon avis celui qui tiens le mieux la route

Tom Meighan : Ah, merci beaucoup. Tu sais, le troisième album de Radiohead, c’est OK Computer, et je pense que c’est leur meilleur. Pareil pour nous.

Et pour Oasis ?

Oh, Be Here Now ? J’adore cet album. On peut pas faire mieux comme disque de cokés, non ? J’avais 17 ans quand c’est sorti. J’aime cet album, vraiment. Pas sûr que ce soit le cas de Noel (Gallagher).

Ça vous rend plus heurx de faire la promo de cet album-ci ?

Oui bien sûr. Nous avons été absents pendant un an et demi, donc nous avons beaucoup de choses à expliquer. Après quatre ans sur la route, nous avions besoin d’une pause. L’album précédent a bien marché, et nous avons donc eu le temps que nous voulions pour écrire ce disque. C’est pour ça que cet album est fantastique. Je ne veux pas critiquer les deux premiers disques, mais ils font partie d’une autre époque. Le premier disque, nous avions 22 ans, c’était du copier coller, fait sur ordinateur. Nous étions très jeunes. Pour le deuxième, on sent que nous avions passé de longs mois sur la route, du coup, nous étions plus rôdés. Pour celui-ci, ça nous a pris entre 10 et 12 mois, et nous avons dû faire preuve de patience, même si je ne suis pas quelqu’un de patient. Ça m’a paru 10 ans. Mais ça valait le coup

Kasabian – « Fire » – (“Later With Jools Holland“, BBC – 2009)


Ce disque est vraiment différent des deux premiers quand même…

Les deux premiers, c’était juste des sons différents, dans tous les sens. C’était vraiment « in your face ». On a donc voulu changer de son pour ce disque, créer un autre univers. Et ça sonne fantastique. Nous n’avions pas peur de changer, et je pense qu’avec ce disque, on a saisi le feeling parfait. Nous voulions un disque moderne, du XXIe siècle : il y a du dub, du rock, du hiphop, des sons electro, des influences des années 60. Mais rien de rétro, c’est juste l’idée des années 60, le reste est moderne.

On sent que DanThe Automator a été un déclic aussi ?

C’est Serge qui l’a imposé, il est vraiment fan de ce mec. C’est un super producteur. Il est à la cool, comme tout le monde à San Francisco. Le monde pourrait s’écrouler autour de lui, il resterait imperturbable. On a fait 60% du disque à Leicester, en Angleterre, et le reste là-bas. Je ne me souviens pas si c’est la première fois que nous enregistrions aux Etats unis. “Stuntman“ a été faite là-bas je crois. Je ne me souviens plus.

Avez-vous donné une importance particulière au tracklisting ?

Les autres voulaient commencer le disque avec “Fire“, mais j’ai dit non, je voulais “Underdog“. Quand tu appuies sur la touche play, et que le riff de guitare arrive, tu te dis : whoah !!! ils sont de retour !!! Il fallait commencer avec ce titre, c’est une façon formidable de dire hello, nous revoila.

Kasabian – « Underdog » – (“Later With Jools Holland“, BBC – 2009


A vos débuts, vous faisiez partie d’une scène anglaise en plein essor, avec les Libertines, Arctic Monkeys, Razorlight. Aujourd’hui, la fête semble finie et cet album montre que vous faisiez partie des plus solides de cette bande non ?

Nous sommes toujours là car nous avons su trouver notre propre identité. Nous sommes plus matures et meilleurs qu’avant, et je pense que cet album va réellement surprendre les gens. C’est difficile d’avoir un discours commercial sur ce disque. Je peux à peine le décrire. Il y a “Thick As Thieves“, qui est vraiment pop, alors que “Fire“, c’est comme du putain d’Elvis Presley sous acide. C’est moins un album pour la fête qu’un disque sur l’Angleterre moderne. Serge a écrit Where Did All The Love Go. Ça n’a rien de politique, mais ça parle de ce que l’on peut voir tout les jours en Angleterre.

Etes vous toujours aussi intéressé par ce qui se fait dans la musique que vous l’étiez à vos débuts ?

Oui, bien sûr. Il y a beaucoup de petits jeunes qui sont arrivés. Comme The Enemy, j’adore ce groupe. Mais maintenant, nous sommes plutôt dans notre bulle, donc on ne voit pas trop ce qui se passe autour de nous. Mais ce n’est pas de l’arrogance. On se soucie plus de nous que de ce qui nous entoure. Au début, il y avait de la compétition entre les groupes, et c’était important. Mais ça ne nous intéresse plus, on fait ce que l’on a à faire. On a grandi.

KASABIAN EST A RETROUVER EGALEMENT AU SOMMAIRE DU NUMÉRO 10 DE VOXPOP (juin-juillet 2009)

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