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Nick Cave : « KICKING AGAINST THE PRICKS »

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Il y avait eu Elvis, Leonard Cohen et Dylan, cette fois-ci, Nick Cave consacrait tout un disque aux reprises en 1986.

Un album de reprises en guise de troisième album, c’est assez original. D’autant plus que les deux premiers sont sortis assez rapidement (1984 et 1985). Mais qu’importe, Nick Cave s’est mis en tête de sortir un album de reprises et un album original (avec quand même une reprise), la même année. En 1986, l’image Nick Cave est encore assez marquée par la violence de Birthday Party et l’intransigeance de « From Her To Eternity », bien que « The Firstborn Is Dead » montre déjà d’autres intérêts, sa fascination pour la culture du Sud des Etats-Unis, pour le blues et la religion. Une image de provocateur, de perfomer extrême, de punk et d’héroïnomane, lui colle à la peau. Le voici face à un choix de reprises qui va lui permettre de tester pas mal d’instrumentations et de tons différents, et d’élargir considérablement son amplitude. Notons aussi que c’est à ce moment-là qu’arrive Thomas Wydler à la batterie, début d’une longue histoire avec des Bad Seeds puisqu’il y officie toujours aujourd’hui. Les reprises sont assez inégales et déstabilisantes dans l’alternance des styles.  Par exemple, Hey Joe est une parfaite démonstration de ce que les Bad Seeds savent faire pour réaliser un morceau noir et tendu, mais clairement, ça ne sert pas tellement la chanson. La tentative doo wop sur “Something’s Gotten Hold of My Heart“ est mignonne, mais ne restera pas non plus dans les annales. En revanche, les versions de « “Muddy Water“, “The Folk Singer“ (renommée “The Singer“), sombres mais minimalistes, se révèlent extrêmement plaisantes. Et « All Tomorrow’s Parties » semble enrichie, même si elle ne s’éloigne pas trop du registre de l’originale.

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