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La Dream Team de VoxPop au chevet du rock indé

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Photos de Mathieu Zazzo

My Bloody Valentine a eu le mérite de diviser tout le monde sur le festival. Ce samedi, fini la fête des binoclards, barbus avec des chemises à carreaux, les branchés arrivent dans la prog avec The Kills et Peaches.

Ca va devenir une sympathique tradition, un acte manqué génial mais manque de pot, deuxième jour de ratage de Magnetic Friends, qui joue au moment où les portes s’ouvrent. Seuls quelques porteurs de Converse (qui ont le droit à une file séparée pour rentrer sur le site, merci le sponsoring) peuvent arriver devant la scène à temps.

St Vincent

Caroline Harleaux: Premier constat de la journée, l’ambiance est toujours aussi froide. Le public clairsemé regarde gentiment St Vincent en sirotant des bières. Pas vraiment d’excitation dans l’air. Musicalement, on ne se sent pas non plus transcendé.

Benjamin Durand : Que ça sentait mauvais l’accumulation de clichés indie un peu dark mal digérés. Autant trinquer avec le camarade Prat et saluer respectueusement le Président Maxime Chamoux.

Papercut

Caroline Harleaux : Encore des jeunes qui portent la chemise de bûcheron. Le groupe indie pop n’arrive pas à réveiller les festivaliers. C’est l’heure de la pizza, qu’on avale bercé par les mélodies gentillettes et toute la bonne volonté du groupe.

Benjamin Durand : Ma pulpeuse voisine me demande : « C’est une reprise de My Bloody Valentine ça ? ». Je lui réponds « Non ». Elle revient à la charge : « Ce ne serait pas plutôt du Blonde Redhead ? » Je lui réponds à nouveau « Non ». Intérieurement je baille, mais je me dis que cette répète publique de Papercut n’a pas besoin de moi beaucoup plus longtemps. Je m’éclipse donc, avec ma pulpeuse voisine et ma directrice de la publication préférée.

Camera Obscura

CAMERA OBSCURA : « JAMES » (LIVE AU TRUSKEL)


Nico Prat : Premier vrai bon concert du festival. On connaissait certes le charme mélodique de la troupe, on en reste pas moins bouche bée face à tant de classe et de sobriété. A côté de nous, un crétin gueule « c’est chiant ». Si c’est un pogo que tu cherches, tu n’es évidemment pas au bon endroit. « Teenager » invite néanmoins à une danse timide, « James », plus beau titre de la soirée, invitant plus à verser une larme. Ce que nous ne ferons dans cet état d’inquiétante sobriété.

Caroline Harleaux : Il y a indie pop et indie pop. Autant celle de Papercut glissait sur nous sans laisser de trace, autant celle ci nous rappelle une époque où tous les groupes ne se ressemblaient pas, où chacun avait un son particulier, une formation différente, un songwriting plus intime. Le set est impeccable, les chansons coulent avec une facilité étonnante. Pas mal de fans dans le public encouragent le groupe et côté ambiance, ça se réchauffe timidement.

The Kills

THE KILLS : « I PUT A SPELL ON YOU » (LIVE A HAMBOURG 2008)


Nico Prat: Les stars de la soirée, si ce n’est du festival, vu les réactions du public qui jusqu’à présent se contentait d’applaudir avec deux doigts. On entend ici et là qu’ils seraient en grande forme, de très bonne humeur, et que le show devrait donc être assuré. Et malgré un « No Wow » avorté, ce fut le cas. « URA Fever », « Last Day Of Magic », « Cheap And Cheerful », et en final une reprise du « I Put A Spell On You » de feu Screamin’ Jay Hawkins. Du rock minimaliste d’une intensité rare, nerveux, sec et violent. Pas besoin de plus de 45 minutes à VV et Hotel pour se mettre dans la poche les spectateurs de cette deuxième journée. Merci beaucoup, on commençait à sérieusement s’emmerder.

Benjamin Durand : Peu de choses à ajouter aux mentions de M. Prat sinon qu’il est bon de voir les Kills s’assumer à St Malo comme rarement dans une période récente. Jamie Hince particulièrement, n’hésite plus à se laisser aller. Sa guitare a pris cher à bon escient : riffs cradingues, distorsions cauchemardesques… Un ampli a même été sacrifié pour la cause. Voici l’homme le plus élégant des années 2000 une guitare entre les mains. Les deux semblent avoir décidé de se focaliser à nouveau sur la performance musicale en live comme en témoigne l’intense « Kissy Kissy » de St Malo. Ils étaient hier de vrais têtes d’affiche, avec le son qui correspondait et la générosité charismatique qu’on peut attendre d’un tel statut.

Caroline Harleaux : Les Kills ont visiblement pris un malin plaisir à ressortir certains titres de « Keep On Your Mean Side » comme « Fried My Little Brains » et renouent avec le son rude et sauvage des débuts pour notre plus grand plaisir. Il se passe enfin quelque chose dans la fosse ! VV a l’air à l’aise sur scène. Jaimie s’amuse. Il joue au robot avec sa guitare, invente une sorte de moonwalk sur le côté. Encore une fois, le son est aussi bon que dans une salle de concert. Le set est court, environ 45 minutes, mais intense.

Peaches

Nico Prat : Elle se dit trash et provoquante, et a sans doute passé plus de temps à bosser son look que ses compos. Peaches, accompagnée de son groupe Sweet Machine, fait tout bien comme il faut: plongeon dans la foule, petites provocations de fausse rebelle (« You want me to be dirty ? You want me to be a slut ? »). On rit gentiment devant ce spectacle de guignol pour adultes consentants. Mignon.

Benjamin Durand : Nouveau freakshow de Peaches. Défi pour elle : réussir à captiver au-delà des lectorats de « D-Side », « Têtu », « Technikart » et « Elegy ». Début de concert divertissant introduit par le thème du générique de « L’Agence Tous Risques », puis chorégraphie en déguisement de catcheurs avec masques de cuir aux résonances sado-maso. La chanteuse canadienne, elle, arbore une incroyable robe bouffante fushia. Et la musique ? Pardon mais on l’entend juste en fond d’illustration pour la performance et les changements de tableaux. C’est de l’électro-clash pop sans surprises. Peaches, une fois le masque enlevé, se met à marcher sur les mains du public du premier rang tel Iggy Pop dans les années 70. Au troisième tableau, c’est le tube subtil « Shake Your Tits, Shake Your Dick ». On regarde autour de soi, personne ne « shake », signal qu’il est l’heure d’y aller.

3 Réponses to “La Dream Team de VoxPop au chevet du rock indé”

  1. camille se la pète en salopette dit :

    c’est PapercutS les copaings, et les bucherons étaient très bons!

  2. Mr X dit :

    Les Magnetic friends que vous avez manqués, vous pouviez les entendre à chaque changement de plateau.
    D’accord avec vous pour Camera Obscura.
    The Kills ? Bof, ils ont fait leur travail et sans rappel en plus….

  3. prunelle dit :

    la claque du vendredi soir, malgré leur passage après le mur du son de My Bloody Valentine (très moyen d’ailleurs) était A place to bury Stranger !
    Par contre, les stars du festival étaient The Kills, incontestablement !!!
    Pourtant, VV était annoncée comme souffrante, il faut croire que la piqûre qu’on lui a faite l’a boostée, et le set était magique et intense, effectivement !
    Seul regret : ils n’ont pratiquement fait que des morceaux de Midnight Boom, alors que leur deuxième album No Wow au son dépouillé est le plus représentatif de ce duo minimaliste.

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