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DIZZEE RASCAL : « Tongue N’ Cheek »

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Auteur de trois singles orientés dance floor et certifiés numéro 1 des charts anglais, le rappeur Dizzee Rascal dévoile son approche du mainstream avec Tongue N’ Cheek. Essai validé, pas forcément transformé.

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La pénétration réussie de la cible grand public par Dizzee Rascal nous fait autant plaisir qu’à sa maison de disques. Le gamin de l’East London, célébré dès son premier album à 18 ans (lauréat du prestigieux Mercury Prize), vient d’enchaîner une série de tubes assez réjouissants. En jouant au cross-over entre rap, pop dance-floor et R’n'B, Dizzee Rascal fait preuve à la fois d’ouverture mais aussi d’opportunisme. Il n’y a pas de raison, l’ouverture a les même vertus en musique qu’en politique : ça sonne comme une volonté de fédérer, et ça vire bien volontiers à la foire aux clichés universels et démagos magnifiquement empaquetés pour rassembler le maximum d’électeurs ou d’acheteurs (cf St Michael Jackson, le maître du genre).

DIZZEE RASCAL : « BONKERS » (2009)

Tout ça pour dire que Tongue N’ Cheek ratisse large. Mais si Dizzee Rascal veut élargir et surtout internationaliser son public, il n’a pas cessé de jouer sur sa coolitude toujours aussi jubilatoire. Reste que les titres oscillent entre la production quasi Euro Dance de Calvin Harris sur les deux singles « Holiday » et « Dance Wiv Me », la dance plus « bastonnante » de Armand Van Heldensur « Bonkers », ambiance caraïbes sur « Can’t Tek No More » et des morceaux davantage dans la lignée des précédents disques pour le reste.

DIZZEE RASCAL – « HOLIDAY » (Later With Jools Holland, 2009)

Chaque chanson a ses accroches séduisantes, mais aucune ne tranche, on peine à discerner une humeur homogène dans ce disque un peu bordélique. On retiendra et recommandera particulièrement l’écoute de « Freaky Freaky », bavardage érotique vantard sur une base musicale carrément new wave dépressive.

DIZZEE RASCAL – « FREAKY FREAKY » (2009)

Tongue N’ Cheek est un album de 2009 dans le sens où il prend acte de la désacralisation du « format » album ordonné par la pratique consumériste du téléchargement. Dizzee Rascal se montre ainsi autant ouvert que cynique. Il reste séduisant, sympathique et à de nombreuses reprises diablement efficace. Le garçon est encore trop jeune pour devenir cynique, il aime à amuser la galerie et se révèle de plus en plus efficace et charismatique. Mine de rien, malgré ces bémols, Dizzee Rascal s’affirme peut être ici comme le meilleur porte drapeau de la musique britannique d’aujourd’hui. Le plus réjouissant pour nous en tous cas.

Dizzee Rascal – « Tongue N’ Cheek » (Barclay – Universal )

Une Réponse to “DIZZEE RASCAL : « Tongue N’ Cheek »”

  1. Hybu dit :

    Hum d’accord pour dire que c’est probablement le meilleur porte drapeaux de la musique anglaise aujourd’hui, mais c’est aussi de loin son pire album… Incomparablement moins bon que son précédent ou que son premier, je le trouve un peu fait à la va vite, 3 tubes, et 8 morceaux de remplissages histoires de surfer sur ses numeros 1 ou je ne sais pas… ce disque se veut certes bcp plus léger que le Boy In Da Corner ou Maths+English… mais il est surtout bcp plus plat, dommage…
    Ceci dit Dizzee reste pour moi un des artistes majeurs de ces 10 dernières années… Boy In Da Corner a largement sa place dans le top 10 des albums des 00s

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