
On imagine aisément les pontes de la Columbia rendre visite à Ben et Andrew la veille de leur entrée en studio pour accoucher du successeur du multi platiné “Oracular Spectacular”: “bon les mecs, on croit en vous hein ! Mais par contre, on veut un nouveau “Kids” et un nouveau “Electric Feel”. Minimum. Parce que c’est pas avec “The Handshake” et “Future Reflections” qu’on l’a vendu ce disque, hein les p’tits gars. Bon, on vous laisse. On va voir si Lady Gaga est chaude pour un duo”. Ou quelque chose dans ce goût là.
Voici donc nos jeunes musiciens enfermé en studio avec aux manettes Peter Kember, ancien membre des Spacemen 3. Pour fabriquer des tubes à la pelle, pas forcément le choix le plus judicieux. Pas grave, puisque justement le binôme a de quoi enregistrer un album certes moins vendeur, mais bien plus cohérent et excitant. Tant pis pour les patrons, tant mieux pour la musique.
Dans ce joyeux foutoir qu’est “Congratulations”, on notera une pochette absolument hideuse, l’invocation de l’esprit de Brian Wilson sur le titre d’ouverture (qui marche bien), un détour du côté de Blur période “Parklife” (“Song For Dan Treacy”), un single ambitieux (“Flash Delirium” ou d’ores et déjà le titre de morceau le plus cool de l’année), et une symphonie folk de 12 minutes (“Siberian Breaks”), maîtrisée de bout en bout et loin d’être indigeste. Et encore une fois, pas un seul titre correspondant au format single comme l’entendent les radios. Seul postulant dans cette catégorie: “Brian Eno”, formidable blague de potache (on vous laissera apprécier le texte à sa juste valeur), mini comptine enregistrée sous speed. Mais, noyée sous une production lo-fi, il faudra sans doute passer par la case radio edit avant de l’entendre, au hasard, sur Virgin Radio (de source sûre, certains écoutent).
Ce disque n’est pas un album concept, comme il a pu être dit. Ce disque est un album de drogués, certes, mais des toxicos conquérants. Prolongeant les délires pro-MDMA du premier album et mettant de côté toute notion de facilité, MGMT a accouché de l’équivalent musical d’un bon joint. Souvent planant, parfois violent, mais que l’on ne peut s’empêcher de faire tourner.
trop bien ce disque, trop bien !
ON VOUS MENT, LE PEUPLE EN A MARRE:
IL Y A DES EMEUTES ANTI MGMT!
http://intelligenceetfrustration.blogspot.com/2010/03/des-emeutes-anti-mgmt.html
Laurent Blot a raison ! Ce disque est incroyable !