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SYD MATTERS : LA VIE EN ROSE

Fin août sonnera l’heure de la rentrée pour tout le monde. Pour Syd Matters aussi, puisque la fin de l’été verra la parution de « Brotherocean », cinquième livraison du vaisseau guidé par Jonathan Morali. Alors que dehors l’orage menace, on fume clope sur clope pendant que le magnéto tourne. Morceaux d’entretien.

Quand on lui parle de ces morceaux qui ont bercé son enfance et son adolescence, Jonathan prend le temps de la réflexion, avant de mentionner une cassette audio de Simon & Garfunkel appartenant à sa mère. Simon & Garfunkel. “The Sound Of Silence”, “The Boxer”, “The Last Living Boy In New York”… Et l’on se rend compte qu’ils sont finalement peu à admettre l’importance de ce duo dans leur vie et dans leur art. Jonathan, lui, s’en moque, et il peut. Si la musique de son projet, et plus particulièrement de son dernier album, “Brotherocean”, partage avec Paul et Art un certain sens de la mélodie chiadée et des textes habités, malgré toute notre volonté de dresser des parallèles (on est journaliste, on est paresseux), ça s’arrête là.

Syd Matters, c’est un homme donc, Jonathan Morali. Fan de Pink Floyd et déjà auteur de cinq albums en comptant la bande originale de “La Question Humaine” de Nicolas Klotz (sorti en 2007, que l’on n’a pas vu) et le petit dernier, “Brotherocean” donc (à paraître, mais que l’on a écouté). L’histoire commence comme n’importe quelle histoire, comme n’importe quel apprentissage du rock, sauf que pour un peu, le Monsieur s’excuserait presque d’être là: “Quand j’ai commencé à faire de la musique, je n’y connaissais strictement rien. Un label, je ne savais même pas ce que c’était. Je pensais que c’était les magazines qui repéraient les musiciens. Alors j’ai envoyé mes morceaux à différents canards que j’aimais, et ils en ont un peu parlé. J’ai signé de cette façon, c’est presque un accident”.

Un heureux accident, puisque, premier gagnant du concours CQFD organisé par l’hebdomadaire Les Inrockuptibles, Syd Matters est depuis passé bien au-delà du statut de curiosité hype pour atteindre celui de musicien respecté… même si toujours en dehors du système: “On a une position bizarre, un peu entre les deux. On est plus connu que la plupart des groupes que je fréquente, on est signé sur un bon label, mais on n’appartient pourtant pas à la case mainstream”. Un mal pour un bien sans doute. On n’ose imaginer ce que donnerait la venue d’un grand ponte de l’industrie en studio. “Brotherocean” est un album, pas une collection de singles, et s’écoute d’une traite. On vogue de comptines intimistes (“We Might Float”) en ballades lascives (“Hi Life” et ses choeurs entêtants). Pas sûr que l’on aille au cirque après, il n’y a là rien de bien gai, rien à siffloter au soleil. On a plutôt affaire à un disque hivernal, l’album du coin du feu. Un travail abouti. Une vraie recherche.  Jonathan nous avoue une certaine crainte de réutiliser les recettes faciles, et cite en exemple “Happiness Is A Warm Gun”, et sa structure pour le moins diversifiée. “Ce morceau dure à peine plus de deux minutes et trente secondes, et tu as dix parties différentes. Je me souviens que j’avais un jour pris une feuille et un stylo, et j’avais noté les moments où de nouvelles choses apparaissait. À tel moment il y a ça, à tel autre moment il y a cette guitare…”. On pourrait adopter le même procédé ici, tant la richesse des harmonies et la complexité (jamais rebutante) de certaines structures relient cette musique à celles des grands explorateurs pop des dernières décennies.

Vouloir sans cesse progresser, s’en référer aux anciens sans pour autant avoir les yeux rivés vers le passé, noble gageur et grande ambition que la plupart n’ont pas. Jonathan, avec “Brotherocean” n’a pas atteint cet objectif. Et tant mieux. Il continuera d’essayer.

« Brotherocean » - Sortie le 30 août

Nico Prat

3 Réponses to “SYD MATTERS : LA VIE EN ROSE”

  1. J’en peux plus d’attendre !!! Ghost Days a été la BO d’un été il y a deux ans, je voulais que ça recommence ! C’est long d’attendre ! C’est long !
    Cette article donne encore plus envie !
    Grrrr !!!
    Cordialement

    Dicky le Canard

  2. Mathias dit :

    Well done, chouette interview !

  3. Fred dit :

    Lorsque l’on entreprend d’utiliser des mots savants, autant les orthographier correctement.

    Gageure prend un « e », à la fin. J’ai en outre l’impression que Monsieur Prat s’évertue à saluer le vide dans ces colonnes, à force de s’attacher à ne rien dire sur la musique dont il est censé nous parler. Encore heureux, il y a des extraits musicaux.

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