Souscrire à la newsletter

KIDS DON’T STAND A CHANCE

Nous sommes en 2005. Une armada de p’tits djeun’s investit les caves parisiennes et branche pour la première fois leurs guitares devant un parterre de fans. Au fil des mois, le mouvement prendra de plus en plus d’ampleur, avant de disparaître aussi vite qu’il était apparu. Busty était là. Busty raconte tout ça dans un livre.

« Mai 2005: le Festival « Passe ton bac d’abord », organisé par la revue Rock&Folk, fait venir plus de mille spectateurs au Gibus pour découvrir quelques groupes aussi jeunes qu’inconnus. Après sept années de suprématie techno, cette résurgence spontanée du rock’n'roll crée surprise et excitation. Très vite, une nouvelle génération explose: dès 2006, Parisians, Naast, Second Sex, Brats, Plasticines, Shades, BB Brunes font les beaux soirs de la capitale… Mais la France profonde réagit à sa manière et le triomphal retour du rock vire à la bataille d’hernani post-moderne ».

Kids Rock ne se veut ni le récit au jour le jour des évènements, ni une interprétation romancée des faits. Les souvenirs dilués dans l’alcool, la demoiselle raconte de la façon la plus simple possible le pourquoi du comment, en s’appuyant sur une liste non exhaustive de groupes. Aucune surprise de ce côté là: The Parisians, Plastiscines, Les Shades et les Second Sex sont mis en avant (ils l’étaient déjà aux Rock’n'Roll Friday au Gibus, et dans les pages de Rock’n'Folk), d’autres, souvent bien meilleurs, malheureusement relégués en fin d’ouvrage. De même, difficile de faire l’impasse sur les critiques (très très nombreuses) formulées à l’égard de ces groupes, les Naast se retrouvant désignés Têtes de Turcs en chef. Encore une fois, le clivage Paris – province reste la principale explication. Toujours un peu facile, d’autant que la surexposition et un album bâclé (cela marche aussi pour les Plastiscines et les Second Sex) peuvent aussi justifier certaines réactions. Ceux que cela énervait à l’époque ne doivent pas s’attendre à un quelconque mea culpa, on n’est pas là pour ça.

Ici, l’aventure, des premiers concerts aux premiers passages télés, sont racontés de façon simple. Busty ne se souvient certes pas de tout. Il faut dire que l’époque était embrumée, et que personne n’a jugé indispensable de se réinventer historien et de répertorier les anecdotes. Reste que ce Kids Rock n’en manque pas, et que son intérêt tient justement au fait qu’il est seul à revenir sur ce mouvement, trop récent pour bénéficier d’un nouveau jugement et pour être considéré comme il se doit par le plus grand nombre: une épopée, loin d’être parfaite musicalement parlant, mais qui contribua à apporter un regard sur Paris, qui jusqu’ici ne brillait pas particulièrement en matière de rock.

Kids Rock (Éditions Hoëbeke)

Nico Prat

Une Réponse to “KIDS DON’T STAND A CHANCE”

  1. Eisenberg dit :

    Clivage capitale-province? Réaction de la France profonde?
    J’ai vu les Naast à Limoges, niveau France profonde c’est pas mal… La salle était archi-pleine, le public varié (pas que des gamines de 14 ans), ils ont été super bien accueillis. C’était un très bon concert. Le lendemain à Bordeaux, ville autrement moins « France profonde » que Limoges, ça s’est très mal passé.
    Leur disque que vous dites baclé tient plus que la route.

    Je pense surtout qu’ils ont été mal vendus, et à un public adolescent quasiment inculte. Vous êtes un lycéen acnéique mal dans sa peau, vous écoutez du rock mais votre culture est restreinte, et vous avez envie de guitares saturés, de fuck you hurlés, de fringues pourries. Vous venez tout juste de découvrir Nirvana, l’année dernière vous écoutiez du rap. Et on vous propose Gustave Naast nouveau héro du Rock, belle gueule, coiffure impeccable, costume impeccable, boutons de manchettes, fender telecaster (alors que vous vous galérez auprès de vos parents pour vous faire offrir une pelle à 150€). Putain, c’est quoi ce truc? Gustave Naast, vous le haïssez!

Laissez une Réponse