L’album “Man Alive“ ne constitue pas le classique que Everything Everything semble promettre de sortir un jour si tout va bien. Il n’empêche ! Derrière des relents de gimmicks indés qui devait nous faire fuir à bride abattue, on a fini par découvrir une musique riche et regardant vers le haut. Belle promesse.

Commençons tout de suite par évoquer le trait de personnalité musicale de Everything Everything impossible à passer sous silence : le falsetto utiliser à tort et à travers par le chanteur Jonathan Higgs. Ça le ferait passer pour une espèce de Chris Martin en train de marcher en permanence sur des œufs. Ça peut agacer. Oui mais les chansons sont bonnes. Mieux que ça, les chansons sont imprévisibles. Le groupe réussi une multitudes de cross-over entre les styles et les approches de beaucoup de groupes récents, en moins appliqué, plus fantaisiste et sans cette envie souvent agaçante d’en mettre plein la vue. Everything Everything est sans doute le groupe « hype » le plus léger à émerger depuis Late Of The Pier.
Les chansons sont encore un peu décousues mais diffusent plus que de la banale coolitude indé genre The Drums. Elles construisent une identité musicale très prononcée au quatuor : indée sans être austère, un peu alambiquée sans être chiante et surtout sans obsédée par la mélodie pop idéale dont la recherche permanente se fait dans un entrain tour à tour ludique ou stakhanoviste. A ce trait de caractère quasi génétique qui ne trompe pas, on reconnait bien là un vrai nouveau grand groupe du Nord de l’Angleterre.
Interviewé par le NME dans le cadre d’un article sobrement thématisé (comme toujours) sur le mode : « la nouvelle scène de Manchester, 10 fois meilleure que celles du passé », le chanteur Jonathan Higgs exprime assez bien l’aspiration de son groupe qui ressemble à l’ambiance actuelle des nombreuses salles de Manchester : « Les gens ont l’air de se dire que le futur pourrait se jouer ici. On se sent dans “notre“ ville à Manchester plutôt que d’être des marginaux écrasés par le passé glorieux de la ville. La signature musicale de Manchester (ce que les gens ont tendance à oublier) ce n’est pas le port règlementaire de la parka. La seule signature de la ville c’est le radicalisme. Oasis devaient être radicaux en 1993 mais ce qu’ils ont crée est devenu tellement énorme que tout le monde a considéré que leur son était tout ce que l’on pouvait désormais attendre de Manchester. Pour moi le son de Manchester a aujourd’hui pour vocation de s’inscrire en réaction à cela et proposer quelque chose de différent ». En attendant la manifestation de plus d’intérêt de la part de la toujours retardataire industrie du disque française, prière de se procurer par tous les moyens ce curieux et très réussi premier album de Everything Everything. Pour le reste, tâchons de restés attentifs à la différence Mancunienne, peut être couve-t-elle une réelle relève de l’excitation dans le paysage musical.
« Man Alive » (Geffen – Universal) Disponible en téléchargement ou en import
Benjamin Durand
c’est de la daube ce groupe