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Youngblood Brass Band à Tourcoing : cuivres chauds et sang fougueux

Youngblood Brass Band, Joseph Goltz et Matt Hanzelka aux trombones

Youngblood Brass Band : Joseph Goltz et Matt Hanzelka aux trombones

Le Grand Mix de Tourcoing est bien rempli. On ne va pas tarder à comprendre pourquoi : ce 15 avril, neuf hommes agités délivrent un puissant mélange de hip hop et de funk à base de cuivres aux accents d’émeute.

Les petits Anglais de Imperial Leisure sont « poor as fuck ! » (ce sont eux qui le disent et c’était même le dernier mot de leur set !) mais énergiques comme de beaux diables. Ils délivrent un set tendu, sans temps morts, constitué de morceaux oscillant entre un funk agressif et un punk qui aurait bien absorbé la chose pop. Encore un (tout petit) effort pour se démarquer de leurs glorieux modèles (At The Drive-In, Parliament, Funkadelic) et être tout à fait impériaux !

Quant au Youngblood Brass Band, officieusement le marching band le plus enthousiasmant des formations à cuivres actuelles (au milieu desquelles on compte aussi l’excellent Dirty Dozen Brass Band), l’accueil que lui fait le public est des plus chaleureux. Il faut dire que l’orchestre en jette : deux trombones, deux batteurs, deux trompettes (dont l’un qui officie aussi comme MC et est le portrait craché de Mike Ladd), un saxophone alto, un sousaphone, et un MC hargneux équipé d’une caisse claire sur laquelle il joue des roulements secs entrecoupés de frappes sur une cymbale. Ouvrant le feu avec un titre de Is That a Riot? (le strident « March »), la formation conquiert le public sans mal. Ils ont des arguments pour cela : des thèmes efficaces et groovy joués ce soir avec un franc enthousiasme, une rythmique démultipliée et vindicative, et un très gros son : les pulsations du sousaphone remplacent sans trop de problèmes les infrabasses auxquelles nous sommes généralement habitués.

Défileront ensuite les titres les plus incendiaires des deux derniers albums : un « Bone Refinery » particulièrement excité, « Nuclear Summer », « Dead Man Stomping », « AKE », ainsi que « Brooklyn », désormais hymne du groupe, « Camouflage », « The Movement » et d’autres. Plus les morceaux s’enchaînent, plus la foule est réactive et scande le flow de D.H. Skogen : la pression à l’intérieur de la marmite monte peu à peu, de sorte qu’à la fin tout le monde sautille sur place. Manifestement ces neuf hommes là parlent avec talent aux foules, savent où ils vont et s’y dirigent résolument : un set généreux et deux rappels plus tard, on sort secoué par tant d’énergie. Dehors, il a plu : sûrement un effet de la température musicale élevée ce soir au Grand Mix.

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