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CAT’S EYES

Le plus spectaculaire plan promo du premier album du duo Cat’s Eyes, c’est ce concert à la basilique Saint Pierre du Vatican. Avec ses peintures signées Michel-Ange le duo a expérimenté en direct le joyau du christianisme. Comme l’endroit n’est pas franchement taillé pour les live, alors Faris Badwan a du mal à se retenir de frimer dans les colonnes du mensuel anglais Mojo : « Si on arrive à captiver une assistance de cardinaux et le Pape, lui-même, rien n’empêche de penser que nous avons quelques tubes en réserve sur ce disque ! » Rachel Zeffira, elle, a pris avec plus de détachement l’expérience : « Par le passé, il m’est arrivé une fois d’interpréter un récital de musique sacrée devant l’ancien Pape Jean-Paul II ! » Dans le civil tout laisse à penser que Cat’s Eyes reste un couple, mais, les attachés de presse du projet insistent : « Faris ne veut pas communiquer sur le fait qu’il partage sa vie avec Rachel ! » Faris, pour Faris Badwan, leader hurleur ébouriffé des londoniens garage psyché de The Horrors. Rachel, c’est pour Rachel Zeffira, soprano de formation née au Canada. Sur leur premier album, comme face aux questions de la presse, ces deux-là restent d’une impeccable complémentarité. Faris, fait du Faris, à savoir un mélange de timidité et de regards perçants lancés à l’intervieweur, histoire de faire monter le niveau de tension. Il reste l’élément rock gothique, mais aussi l’avant-gardiste de l’entreprise. Cat’s Eyes voilà pour lui l’occasion de se rapprocher d’univers visuels auxquels il voue un culte depuis ses années d’étudiant à la Saint Martin’s School de Londres. Une respiration bienvenue avant de relancer la machine The Horrors avec un troisième album d’ores et déjà prévu pour le 11 juillet 2011. « Les choses qui ont guidé cette musique c’est le cinéma de Roman Polanski, des trucs comme « Rosemary’s Baby », mais aussi les girls group des années 60, ces chansons splendides produites par ce fou de Phil Spector ! » Rachel, elle, est adorable, naturelle  ; tellement douce qu’on la soupçonne de n’avoir jamais eu de précédente expérience rock. « C’est un univers totalement différent pour moi. J’apprends. Parfois les spécialistes me posent des questions en citant plein de références obscures dont je n’ai jamais entendu parler. Alors je souris et je fais semblant de connaître ! » L’énorme référence de Cat’s Eyes c’est Broadcast. Ce groupe de Birmingham a écrit les plus beaux disques de psychédélisme vintage et électro des années 2000. Jusqu’à ce qu’une pneumonie emporte, en février dernier, la chanteuse Trish Keenan. « Broadcast, on les a découvert trop tard. Pourtant, je crois me souvenir de notre réaction comme un truc extatique : ‘ Mon Dieu ! Il existe un groupe contemporain en Angleterre qui écrit la pop la plus ambitieuse du monde ! ’ Et puis au moment où nous n’écoutions que Broadcast, la chanteuse est morte. Cela nous a rendu très triste ! » Et, mine de rien, Cat’s Eyes poursuit le scrupuleux travail pop marginal entrepris par Broadcast. Ce disque, sorte de chef-d’œuvre inattendu, vient de l’ombre. Il emprunte aux B.O. signées John Barry et Ennio Morricone. Sa patine mélodique vintage rappelle les Andrew Sisters, ses chœurs réverbérés crient leur amour aux productions signées Joe Meek. Tout ça avec une sensualité rouge vif. Et Dieu dans tout ça ? « Juste une vague idée de mise en scène. Prenez-nous comme des gens plus charnels que spirituels ! »

Texte : Archibald Vercauteren – Photo : Mathieu Zazzo

CD « Cat’s Eyes » (Cooperative Music/Polydor)

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