Souscrire à la newsletter

Des cigarettes, de l’alcool, et Oasis au stade

Oasis © DR

Oasis © DR

Premier concert d’une série de trois donnée par les mancuniens au stade de Wembley. Un seul mot (veuillez prononcer à l’anglaise s’il vous plaît, Benson & Hedges Gold au bec et pinte tiède à la main): Massive !


Il est un peu plus de 19h quand Kasabian investit la scène (on a raté les excellent Reverend And The Makers et les insupportables The Enemy). En plus des égarements capillaires du chanteur, les deux groupes ont en commun une aisance certaine face à 70.000 lads éméchés. Venus défendre leur excellent troisième album, Tom Meighan et Sergio Pizzorno n’en oublient pas pour autant leurs premiers singles, « Club Foot » et « Lost Souls Forever », qui retourneront comme il se doit un public déjà bien imbibé. Mention spéciale à « Vlad The Impaler » et à son fameux « Get loose, get loose ».

A peine le temps pour les fans obèses devant nous de faire passer les chips avec une gorgée de Guiness que « Fuckin’ In The Bushes » résonne dans le stade, annonçant  comme il se doit l’arrivée de Gem Archer, Andy Bell, Liam (dans une parka Pretty Green) et Noel Gallagher. Entrée en matière avec « Rock’n'roll Star », suivi de « Lyla », puis de « The Shock Of The Lightning », premier single extrait du dernier album, « Dig Out Your Soul ». Suivent, en vrac, « Songbird », que Liam dédicace à Nicole Appleton, « Roll With It », « I’m Outta Time »… La set list est donc sensiblement la même qu’au Bataclan le 10 novembre 2008, ou Bercy le 3 mars dernier. Mais les frangins savent aussi piocher dans leur répertoire, désormais riche de 7 albums, et rejouent… « My Big Mouth », tiré  de l’album maudit, « Be Here Now ». On aurait préféré « I Hope I Think I Know », ou même « D’You Know What I Mean ? », mais on ne boudera pas notre plaisir. Et on en fera de même au moment de « Half The World Away », face B de « Whatever », et l’une des plus belles ballades de Noel. Autre bonne surprise:  le retour sur la set list de « Live Forever », un temps mise de côté.  Apogée de la soirée, et de loin: « Morning Glory », et l’intégralité de Wembley reprenant en choeurs les paroles. Poignant.

Une soirée proche du sans faute, si ce n’est cette coupure de son au beau milieu de « Wonderwall ». Le groupe, ayant toujours le son dans ses retours, continue à jouer, sans se rendre compte que rien ne sort en façade. Un problème similaire était survenu à deux reprises à Bercy, ainsi qu’à Heaton Park (où Noel avait d’ailleurs invité les spectateurs à se faire rembourser). Face à des ingés sons visiblement incapables, le Chief s’en tirera avec les honneurs en prenant le micro pour combler les blancs ( « quelqu’un connaît une bonne blague ? non ? Non, plus de blague sur Michael Jackson, fini ! »). Liam, Our Kid, regarde au loin, son tambourin sur la tête. Quelques rangées au-dessus de nous, une bagarre éclate.

Tout le monde se calme au moment où le groupe quitte la scène pour revenir presque aussitôt. Le rappel est sans surprise: « Don’t Look Back In Anger » (pour l’un des plus beaux moment de la soirée), « Falling Down », « Champagne Supernova » et leur reprise du « I Am The Walrus » des Beatles. C’est fini, pas de second rappel. Un bon, un excellent concert donc, malgré un son dégeulasse, et une set list quasiment inchangée depuis leurs dernières prestations françaises. Mais les 22 titres joués ce soir sont ce qu’ils sont: le témoignage des seuls survivants de la britpop encore capables de soulever les foules. Et sans break d’une décennie, s’il vous plaît (suivez mon regard).

Une Réponse to “Des cigarettes, de l’alcool, et Oasis au stade”

  1. François dit :

    Merci pour ce papier qui fait chaud au coeur et qui tranche avec une presse française assez unanimement médiocre dès qu’il s’agit de parler d’un groupe comme oasis. Cheers.

Laissez une Réponse