Souscrire à la newsletter

Screaming Tea Party: Des gamins qui font plus de bruit qu’un bulldozer ne peuvent pas être mauvais

Veuillez recracher le schtroumpf avalé, racaille !

Veuillez recracher le schtroumpf avalé, racaille !

Y a-t-il encore encore en ce bas monde rock’n'roll une jeunesse noisy qui vaille le coup ? Oui, ce groupe s’appelle The Screaming Tea Party. Ces mômes aiment, entre autres choses, dézinguer le « Material Girl » de Madonna toutes guitares dehors. Désolé, mais ça mérite qu’on s’y intéresse.

Nous aimons le boucan, le bordel, le bazar, non ? Nous aimons le Jean-Luc Godard de « Pierrot Le Fou » plutôt qu’Eric Rohmer qui filme des bellâtres en plein délire philosophique sur une plage. Nous aimons l’anarchie, les T-shirts qui sortent du pantalon plutôt que les chemises APC, la saveur neutre du chewing-gum machouillé pendant des heures plutôt qu’un sandwich chez Lina’s, le dernier album trépané du bulbe de Dinosaur Jr plutôt que la pauvre pose de rockers Calvin Klein que trimballe The Dead Weather.

Même si nous ne le savions pas, nous voulions The Screaming Tea Party. Un trio japonais (2 garçons et 1 fille) basé à Londres et en passe de générer un buzz extrêmement amusant. « Un trio japonais !!!!! » s’esclaffe le lecteur avec le même froncement de lèvre caractéristique qu’arbore Clint Eastwood dans « Gran Torino ». Oui, d’accord, d’accord, mais là, oubliez tout ce que vous pensez savoir sur la déprimante tendance des rockers japonais à transformer le moindre riff noisy en un truc pop vaguement nauséeux.

Au sujet de ce trio, l’excellent webzine britannique Drowned In The Sound écrit: « Imaginez le son que produirait Sonic Youth en train de baiser avec un bulldozer… »

Pour tordue qu’elle soit cette image vaut le coup. Encore plus quand The Screaming Tea Party se pique de reprendre une vieille horreur féministo-libérale de Madonna (« Material Girl »). Que reste-t-il de la harpie piquée de Kabale, là dedans ? Hormis une sensation de sanibroyeur, hum, pas grand chose. Interrogé par le site Pinglewood.com, le leader du trio, Koichi Yamanoha explique le plus sérieusement: « Dans la foulée de cette reprise nous avons aussi enregistré une chanson qui parle de Michael Jackson et, le jour d’après, il était mort ! »

THE SCREAMING TEA PARTY « I’d rather be stuck on the stair rail »

Cette « teuf du thé qui gueule » se résume à des hurlements, des grincements de guitare, une rythmique qui file droit comme aux meilleures heures du post punk. Mais également à des mélodies aussi immédiates que chez Buzzcocks, Elastica, Guided By Voices ou Jay Reatard. Très bien… Au moins vos aînés, ceux qui pensent qu’Oasis c’est du rock, vont se mettre à hurler: « Mais qu’est ce que c’est que cette merde atomique qui grince ! Ah non, quand même le grounge, n’est pas revenu, je l’aurai lu dans Les Inrocks » N’hésitez pas à monter le son… À sauter en l’air. À vous rouler dans la peinture.

Et n’hésitez pas non plus à tester, par tous les moyens possibles, les méfaits sur les neurones que peut occasionner « Death Egg », leur mini album 6 titres. Déjà c’est aussi violent et drôle que la série britannique « Skins ». Ensuite, c’est toujours mieux que de snifer de l’Éther en réalisant que vous serez un adolescent… jusqu’à la fin des temps.

Dans ce disque sorti via l’épatant label anglais Stolen Recordings (Let’s Wrestle, Pete & The Pirates) il est question de lapin terrifié (« Terrified Rabbit »), d’oeuf de la mort ou d’un cri d’ennui lancé à la face du rock sérieux presque aussi vibrant que le « Boredom » des Buzzcocks: « Je préfère encore être coincé sur la rampe d’escalier » .

Voilà le son de la jeunesse qui arrive, ici, maintenant, à toute blinde et se fout bien d’être télechargée plutôt qu’achetée. Voilà le punk rock teenage de ceux qui jurent, crachent, font mollement des doigts et ne croient ni au sexe, ni au travail, ni à l’amour. Voilà un disque pour ceux qui se détruisent consciencieusement la tête avec toute sortes de « premix » insolites du style « Rhum + Cabernet Sauvignon + Javel La Croix ». Voilà un truc parfaitement destroy et frais.

THE SCREAMING TEA PARTY « Let’s do not say another word »

3 Réponses to “Screaming Tea Party: Des gamins qui font plus de bruit qu’un bulldozer ne peuvent pas être mauvais”

  1. wednesday c dit :

    Ca fait plaisir d’entendre enfin un peu parler de screaming tea party!
    peut-être dommage de survoler si rapidement les petites pépites que sont des chansons comme ‘cracked up dietrich’ ou ‘holy disaster’ (parce qu’elles devraient a priori moins faire hurler nos ainés-lecteurs-des-insupportibles-qui-pensent-qu’oasis-c’est-du-rock?)

    Je m’en retourne monter la peinture et me rouler dans le son.

  2. Jean-Vic Chapus dit :

    Z’avez raison. Toutes les chansons sont bel et bien à se rouler par terre. Mais on ne fait pas une thèse sur le groupe, alors…

    Jean-Vic Chapus

  3. wednesday c dit :

    évidement, j’ai raison!
    enfin, sans faire de these sur le groupe, je voulais juste pointer mon petit doigt sur le grand écart musical effectué parle groupe, parce qu’il m’as pas mal surpris, à se demander s’(il s’agit d’un seul et même groupe

    enfin bref

Laissez une Réponse