Le clip du premier single, « Audacity Of Huge », dévoilé sur le web il y a quelques semaines, avait annoncé la couleur: flashy, à la fois kitsch et moderne, bourré d’invités (Beth Ditto, Jamie Lidell, Chris Keating de Yeasayer…). On aurait pu parier sur une grosse bouillie indigeste, on se retrouve face à dix titres qui, même si inégaux sur l’album, retourneront à coup sûr la tête des clubbers pas encore achevés par les pilules et la bière tiède.
Le duo, finalement, n’est jamais aussi bon que quand il laisse s’exprimer leur goût pour la pop music, celle qu’ils pratiquaient à l’époque de Simian. « Bad Blood » (avec Alexis Taylor de Hot Chip en guest) vaut bien plus le détour que la techno pompeuse de « 10000 Horses Can’t Be Wrong ». A chacun sa chapelle finalement. SMD, c’est un peu comme la junk food: on mélange tout, très vite, et même si on aime, la digestion peut s’avérer difficile. Ici, un peu de pop, là, un peu de rock, des basses gonflées à la testostérone, et fatalement, on a la gerbe. Avec « Cruel Intentions », même la chanteuse de The Gossip finit par sonner comme Kelly Rowland (qui cartonne en ce moment avec David Guetta, c’est dire).
En attendant leur concert à La Route Du Rock pour vérifier du potentiel scénique de la chose, une chose est sûre: les deux James, pas manchots dans leur domaine, savent pratiquer une electro classe, pas forcément subtile, mais puissante, même si parfois un peu à côté de ses pompes. On apprécie l’ensemble, comme un plaisir temporaire, avant de passer à autre chose à la fin de l’été.