Qu’un vieux rocker sur le retour vous balance sans rire que sa musique est « astrale », très bien. Que le rocker en question ait 25 ans tout au plus, qu’il sorte son premier album, et qu’il persiste et signe en pérorant qu’il y a dans sa musique un “channeling” créant des ponts cosmiques entre Syd Barrett, Dylan, Hendrix, Prince, et Beefheart suffit à nous faire prendre nos jambes à notre cou. En leur temps, les morceaux lancés en éclaireur de cet album nous avaient pourtant réellement enthousiasmé. Des choses comme « Pick Me Up-Uppercut » et « Blue Honey » sont toujours aussi jubilatoires, directes et crétines à souhait, dans le style T-Rex fait à la maison et passé au filtre Tex Avery.
Oui ces morceaux étaient engageants. Ils étaient glorieux, ils avaient une classe folle. Mais là est tout le problème de Pop Levi. Pop Levi se la pète. Grave. Chez Pop Levi, tout suinte par tous ses pores l’obsession d’”avoir la classe”, de devenir une icône fashion. Pop Levi est comme ces gosses de riches qui vont au foot avec les meilleures pompes et les plus beaux maillots avant même de savoir aligner deux passes. “The Return To Form Black Magick Party” est une séance de playback, raquette de tennis à la main, devant sa glace: creux, à la « wanagain ». Pop Levi se rêve en couverture des magazines de mode, remplissant des stades, baisant des groupies albinos devant des saladiers de coke avec son blues-rock pour routiers, ses mauvaises imitations de Dylan et son psychédélisme de sniffeur d’Eau Écarlate, alors qu’il est tout seul dans sa chambre, une main sur la guitare, l’autre cédant au péché d’onanisme sur les pages d’un NME qu’il a déjà prévu de snober quand il sera grand. Et ces titres! Non mais CES TITRES, quoi !: « Skip Ghetto », « Dollar Bill Rock », « Mournin’ Light », « See My Lord »…À faire passer Kasabian pour Mallarmé et Rilke réunis.
Qui aime (aima) bien châtie bien, n’est-ce pas? Dans ce cas, évitez autant que possible ce Pop en toc.
Maxime Chamoux
Cet entrée a été affiché Jeudi, 20 septembre, 2007 à 0 h 00 min. Classé sous chroniqueset avec les mots-clésAstral, kasabian, prince, psychédélisme, syd barrett. Vous pouvez suivre toutes les réponses à cette articles à travers le RSS 2.0 feed.
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