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NICK CAVE & THE BAD SEEDS : « DIG LAZARUS DIG ! »

Nick Cave, Paris 2008, par Mathieu Zazzo

Nick Cave, Paris 2008, par Mathieu Zazzo

Du grand Nick Cave ! Déchaîné, potache, pop, l’Australien se la joue crooner caustique avec Lazare et Harry Houdini pour lui botter les fesses.On était très curieux chez Voxpop d’écouter ce que Nick Cave et ses Bad Seeds allaient nous pondre avec ce nouvel album. Abattoir Blues/The Lyre Of Orpheus sorti en 2004 était tombé comme un classique tardif inespéré de la part de l’Australien. Allait-il poursuivre sur cette veine pop et jubilatoire ? Grinderman, projet bruitiste plein de testostérone, est passé par là et ça se ressent.

NICK CAVE & THE BAD SEEDS : « MIDNIGHT MAN » 2008

Nick Cave s’amuse à la manière du Iggy Pop épanoui de “Lust For Life“. Il s’inquiète du sort de Lazare revenu à la vie grâce à Jésus. Personne n’avait songé à imaginer son point de vue et Cave va plus loin en l’imaginant découvrir le New York actuel dans la chanson titre. C’est drôle, surtout balancé par des Bad Seeds plus que jamais complices de leur patron, moins bridés que dans les passages plus sensibles des deux derniers opus. Ils se donnent dans les nouvelles compositions à la manière de parfaits mercenaires. Tout porte à croire que Dig Lazarus Dig a été agencé comme un disque face A/face B. Une pour se défouler, l’autre pour élever le propos. Le paroxysme de la première se situe ainsi sur “We Call Upon The Author“ où Cave prend ce ton incantatoire qui lui va si bien pour sommer les écrivains de venir répondre aux questions qu’ils laissent en suspens. Relevons également la fascinante chevauchée fantastique de “Lie Down Here“, relevé par les Bad Seeds braillards. Quand Cave se fait plus introspectif, c’est pour dialoguer avec les esprits en référence à Harry Houdini (“Moonland“), ou rejeter les recours mystiques pour ne s’en remettre qu’à soi-même (“Hold On To Yourself“). L’album s’achève en apothéose avec trois des plus beaux morceaux de la carrière tardive de Cave. De la mélancolie nerveuse savamment court-circuitée voire terrorisée (“Midnight Man“), et le road-movie sublime “More News From Nowhere“. Dig Lazarus Dig ! est au moins aussi bon que Let Love In ou Henry’s Dream, avis aux fans.

NICK CAVE & THE BAD SEEDS : « MORE NEWS FROM NOWHERE » 2008


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