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Angels Of Destruction!

Nouvel opus ébouriffant des kids de Philadelphie, « Angels Of Destruction! » s’écrit bien avec un point d’exclamation.Marah faisait du Springsteen à une époque où c’était encore mal vu. Depuis, de nombreuses formations ont pris le train en marche, et avec des résultats médiatico-commerciaux bien plus satisfaisants (Arcade Fire, The Hold Steady). Mais le groupe natif de Philadelphie garde l’indéniable avantage de la persévérance et de l’assiduité. Voilà déjà 6 albums que les frères Bielanko prêchent la bonne parole de leurs illustres prédécesseurs aux premiers rangs desquels – outre le Boss – figurent les Replacements, Elvis Costello, les Faces ou les Stones. Un concentré de classic-rock certes, mais délivré avec une fougue et une fraîcheur demeurée intacte depuis les débuts du groupe en 1995. Marah nous avait laissé sur un chef d’oeuvre de pur rock’n'roll, le vibrant et spontané « If You Didn’t Laugh You’d Cry » (2005). Le chaotique « Angels Of Destruction! » en est le digne successeur. Rien moins que l’enfer, le paradis, Satan et Jésus sont ici conviés par un David Bielanko ex-alcoolique en cure de rédemption. Mais ce sont de bienveillants anges qui survolent l’album et le maintiennent fermement du côté de la lumière. On les croise sur le morceau d’ouverture « Coughing Up Blood » (« angels of mercy, children of peace ») où s’entrechoquent joyeusement les instruments les plus variés. On les retrouve sur le puissant « Angels On A Passing Train » et son accordéon aux accents slaves. Ils réapparaissent plus loin sur la superbe complainte soul « Blue But Cool » (« angels will rip your chest open and fill it with flowers ») et sur le ravageur morceau titre (« angels of destruction, angels of redemption’s got you beat »). Mais pas trace d’eux sur LE morceau de choix, « Can’t Take It With You », exercice jazzy big-band – rempli à ras bord de clarinette, trombone, tuba, trompette, saxo etc – aussi exubérant que jouissif. Rarement bar-rock n’aura sonné si tourmenté, audacieux et… baroque.

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