L’actrice Zooey Deschanel aidée de M. Ward sort un album radieux et nostalgique entre les Mamas & Papas, Phil Spector et Dusty Springfield.On était en droit d’être sceptique à l’annonce de la formation de ce duo américain sobrement intitulé She & Him, composé de l’actrice indé Zooey Deschanel, tellement indé qu’on ne se souvient plus très bien dans quel film elle a joué, et du songwriter folk Matt Ward qui s’y connaît quand il s’agit de faire craquer les vinyles et de composer des chansons d’un autre âge. C’était sans compter sur le fait que Zooey Deschaney possède, en plus d’un regard Christina Riccien et d’une frange de jeune première, un véritable talent de composition. Car c’est bien elle qui a composé dix des douze chansons que compte ce «Volume One» qui contient en outre deux reprises, l’une des Beatles («I Should Have Known Better») et l’autre de Smokey Robinson («You Really Got A Hold On Me»). M. Ward reste ici dans l’ombre en tant que producteur/arrangeur mi-Phil Spector, mi-Lee Hazlewood et vient accompagné au chant son égérie sur seulement un ou deux titres. Sans être révolutionnaire et même un brin réactionnaire, il faut bien avoué que le disque est une vraie surprise et une belle réussite. Avec sa voix blanche, Zooey Deschanel n’a rien à envier aux chanteuses de seconde zone (Adele, Duffy…) qui bourgeonnent en ce moment en Angleterre et nul doute que ses chansons squatteraient les ondes si le revival soul avait lieu de l’autre côté de l’Atlantique. Elle possède surtout plusieurs cordes à son arc et on sens que M. Ward prend un malin plaisir a lui aiguiser les flèches qui vont inévitablement venir faire mouche dans l’oreille de l’auditeur. Entre country radieuse («Black Hole»), ballades folk (l’irrésistible «Why Do You Let Me Stay Here?») et confiseries acidulées («I Was Made For You») le disque offre un véritable voyage, empreint de nostalgie, dans une Amérique rêvée, où la réussite commerciale pouvait encore se concilier avec une certaine exigence artistique. Un réjouissant trip Back to Mono.