Hier dans les couloirs du métro parisien, j’ai bien ri à la vision de la couverture du quotidien gratuit du soir propriété du plaisancier préféré de notre Président de la République : « La glauque attitude ». Le titre illustrait une photo de Pete Doherty en couverture. Depuis 2002, c’est sûr que le cas très sérieux de ce dernier a suscité autant d’excitation que d’agacement, de déception ou d’exaspération de notre part.
Cet adjectif « glauque » m’a fait tilter tant je l’ai trouvé symptomatique d’un fait très simple : quand on s’adresse à la France populaire, Pete Doherty est à mettre à l’index car il représente le contraire d’un exemple. Il se fout de la loi, est un peu sale (c’est assez vrai, pour l’avoir approché quelques fois) et est sulfureux. Ça rappelle un peu le Gainsbarre des années 80 finalement. Attendons donc que Pete meure pour qu’il redevienne respectable et « génial » aux yeux du grand public. Le pauvre garçon ! Dire qu’il en est réduit à embrasser Cauet… Ne vous méprenez pas, entre les deux le pire déchet n’est pas celui qu’on décrit comme glauque dans la presse.
Pete Doherty a passé l’année 2008 à être assez constamment pathétique ou pitoyable notamment sur scène. Le voilà qui revient à la charge avec un album. Solo ce coup-ci ! Rien que ça ! Et là, pas besoin de plus de deux écoutes : voici un grand et beau disque. Pour apprécier, il faut évidemment supporter les acrobaties vocales casse-gueule dont le Pete est coutumier (“Broken Love Song“). Sorti de ce détail, Doherty réussit là où les deux album de Babyshambles échouaient partiellement: accumuler les bonnes chansons bien produites pour servir ses thèmes de prédilection.

Peter Doherty par Mathieu Zazzo (St Cloud - août 2005)
Il n’est presque pas nécessaire de maîtriser parfaitement l’Anglais pour se laisser transporter dans cette “Arcadie“ éternellement fantasmée par le chanteur. Le producteur génial Stephen Street (The Smiths ou Blur), déjà aux manettes pour “Shotter’s Nation“, a peaufiné le disque de bout en bout pour qu’il soit traversé d’un grand souffle poétique. Le premier single “Last Of The English Roses“ est divin, entêtant, d’un charme fou. Graham Coxon, lieutenant de luxe, fait des merveilles avec discrétion. Peter Doherty, lui, semble déterminé à enfin à laisser tomber ses travers un peu caricaturaux pour se mettre à la hauteur de sa réputation de songwriter brillant qu’on trouvait de plus en plus surestimée.
Derrière les jolies mélodies, il y a des textes qualifiables de glauques effectivement. Doherty se réfère à la Seconde Guerre Mondiale et observe les attitudes extrêmes en périodes troubles (“1939 Returning“). Les mélodies de ces chansons sont parfois désuètes, d’autres fois fortement cabossées mais elles parlent au cœur. Pete Doherty a ce mérite de préférer concerner son auditeur plutôt que de chercher à le séduire. Ses chansons ne parlent que d’émotions exacerbées et intenses. Cet homme n’est décidément pas mesuré. C’est pour ça qu’il est bizarre et que certains le trouvent glauque. Quelqu’un qui prône l’intensité permanente de l’existence dans un monde qui ne jure que par la sécurité et le confort, c’est un homme dangereux pour ce monde-là. Le problème, c’est qu’un beau disque fait par un homme dangereux se révèle souvent indispensable. Cet album appartient à cette catégorie.
Album Peter Doherty « Grace / Wastelands » (Parlophone / EMI)
[...] Son album solo n’est pas si bon que ça, n’en déplaise à la quasi-totalité de la presse spécialisée et des fans. Certes, “Grace / Wastelands” est bien meilleur que les deux premiers [...]
oui,
la seule chose a dire c que ce dernier disque est vraiment tres bon.
apres je peut admetre que pas tout le monde ne comprene ou n est acces a la poesie mis en musique par ce songwritter.(pour ces messieux de vox pop mag)
enfin, je leurs souhaites bien de la chance s il trouvent un autre artiste qui a ce talent. les guitars heros sont revolus, le monde de la musique attends des gens comme lui, capable de faire passer des emotions forte sans tout ce superflu musical cree par des techniciens de la musique plus que par des artistes.