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(k)no(w)here

Lyrisme, puissance et shoegazing : une formule étonnante et convaincante pour le troisième album de WildernessGroupe de Baltimore formé en 1995, Wilderness ne s’est fait connaître qu’en 2005, avec un premier album paru chez Jagjaguwar. Leur musique est, depuis, restée un peu confidentielle, et pourtant elle ne manque pas de qualités. Situés dans un no man’s land qui relierait la musique répétitive, le post-punk et les rock noisy et shoegaze, Wilderness fait partie de ces groupes qui, comme Growing ou Sunroof!, aiment à traiter les guitares comme des textures bruissantes.
Les huit morceaux, plutôt longs, qui composent (k)no(w)here se fondent donc tous, plus ou moins, sur des drones, des murs de guitares modulés à l’envi, des notes tenues sur de longues durées et qui évoluent avec forces bourdonnements et feedbacks. Et, au-dessus, la voix puissante, noble de James Johnson. C’est probablement l’élément qui étonne le plus dans cette musique, cette voix a priori pas du tout faite pour ce type d’instrumentation : forte, marquée, déclamatoire parfois et qui semble venir du plus profond de sa gorge, alors qu’on attendrait davantage une mince filet en retrait. Issue d’un croisement entre la voix de David Byrne et celle de Ian McKaye, elle emporte avec lyrisme des compositions qui, sans elle, pourraient risquer l’abstraction.
De ce piège, Wilderness se sort avec une facilité toujours surprenante, en choisissant ampleur et puissance. Outre le son massif développé par l’empilement des guitares et de la basse, la batterie martèle un propos qui tient autant de l’incantation que de la rythmique à proprement parler. En proposant ainsi une musique qui associe expérimentations noisy et opulence d’un rock en mode majeur, Wilderness invente une formule convaincante, et recommandée.

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