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Camélia-Jordana ou le roman d’apprentissage

Camélia Jordana chante Carla Bruni (La Nouvelle Star).

Comme Julien Doré en 2007 ou Benjamin Siksou l’an passé, la jeune Camélia-Jordana, 16 ans, est la hype de ce début de « Nouvelle Star » 2009. Le chroniqueur midinette de VoxPop déclare ici  sa flamme au mélange teenager entre Kate Nash, Nana Mouskouri et Audrey Hepburn.

Pourquoi Camélia-Jordana va devenir (au minimum) la hype de «Nouvelle Star» 2009 et (au maximum) la gagnante de cette émission ? Disons que la jeune femme ne souffre pas d’une énorme concurrence. Contre elle vont concourir les représentants des marges de la pop française : un chanteur rock alternatif qui n’a, peut-être, pas toujours dit « merde aux dealers » (Soan), un hippie à côté de ses pompes qui se prend pour la réincarnation d’un griot africain (Mahdi), un garçon très sensible et très coiffeur (Thomas), un gros Ewok avec un balais de chiottes roux pour chevelure (Lary), une soul sister moderne trop à fleur de peau (Melissa) etc… Et vos freaks on vous les sert al dente ?

Camelia-Jordana a 16 ans, mais en paraît déjà, minimum, 24. Elle porte des Ray-Ban de vue qui lui font, au premier abord, une tronche chelou’ à la Nana Mouskouri. Au fur et à mesure, vous vous rendez quand même compte que Camélia-Jordana ne sera pas le tromblon de la sélection 2009 de « Nouvelle Star ». Cette jeune femme a pour elle des faux airs d’Uma Thurman orientale. Ma pimpante fiancée a l’habitude de dire de Julien Doré qu’il « pue définitivement le sexe ! » Certains garçons aiment les girls next door, les petites Lolita tout droit sorti d’une journée de cours aux arts déco, les bonnes copines, etc… Me considérant comme un des piliers de cette école de pensée j’affirme que Camélia-Jordana : « pue définitivement le charme ! » Son registre vocal soul pop teinté d’inflexions rauques et jazzy la place du côté des Regina Spektor, Kate Nash, Lily Allen, Chan Marshall et Adele. Pour ces raisons tout à fait valables, Camélia-Jordana est devenue la hype de cette septième édition de « Nouvelle Star ». Et la raison pour laquelle je vais peut-être voter par SMS basculant définitivement de l’autre côté du miroir: chez les groupies.

Elle vit dans le Var et s’adonne à cette activité vaguement tordue de la jeunesse française qui s’appelle « aller au lycée, prendre des cours, courber l’échine lors des conseils de classe ». Sa mère exerce le difficile métier de chanteuse lyrique. Sa grande sœur, elle, s’est déjà fait recaler de l’émission l’an passé. Sans doute blessée à mort par l’humiliation, la sœur a plié son baluchon, fait ses adieux au sud de la France et est allée… s’installer à Paris. Y est-elle désormais choriste ou vendeuse chez Zara, personne ne le sait. Cela m’évoque les paroles de « Family Afair » des immenses Sly And The Family Stone : « One child grows up to be somebody that just loves to learn, yeah. Another child grows up to be somebody we just love to burn ».
Pourtant, la tragédie grecque a été à deux doigts de faire dérailler cette mythologie pop prometteuse. La faute à un projet éducatif old school. Résumons : la mère de Camélia pense que sa fille ne travaille pas assez bien en classe. Elle exige l’excellence, ce monstre de stakhanovisme. Le contrat suivant va donc être proposé à sa rejetonne : « À moins de 14 sur 20 de moyenne, je t’interdis de te présenter à « Nouvelle Star » ! » Selon le site officiel de la demoiselle, Camélia-Jordana aurait alors supplié : « Enlève-moi tout ce que tu veux, mais pas ça ! » La maman est sentimentale, et la présence au casting de Marseille est assurée. La vie n’est-elle pas (plus) belle dans le sud de la France ?

J’aime « Nouvelle Star » pour ce genre d’histoires (vraies ou fausses, qu’est-ce qu’on en a à foutre!). Vous pensez regarder une émission de télé crochet tout ce qu’il y a de plus prévisible et, exquise surprise, vous vous retrouvez ni vu ni connu à naviguer dans les pages du grand roman d’apprentissage. Le parcours initiatique que va suivre Camélia-Jordana à chaque prime-time du Pavillon Baltard sera à apprécier comme un livre. La littérature française et le cinéma américain sont devenus tellement systématiques qu’il va donc falloir se rabattre sur M6. Quand elle reprendra « Dis, quand reviendras-tu ? » de Barbara vous repenserez en frissonnant délicieusement à ces pages où la Jane Eyre de Charlotte Brontë doit se rebeller contre les brimades de sa tante, l’infecte Mrs Reed. Quand Camélia se verra offrir un contrat discographique, vous vous souviendrez de Hans Castorp, le personnage de « La montagne magique » de Thomas Mann et de son intronisation chez les « gens d’en haut ».

L’autre intérêt de cette émission réside dans cette idée de prendre des chansons nazes, inutiles, honteuses, et d’en faire quelque chose de, disons, assez correct. Généralement, les candidats marquants des précédentes « Nouvelle Star » se sont tous tirés avec les honneurs de ce processus risqué qu’on pourrait renommer « Changeons des excréments en diamants gros comme un poing ».
Mardi soir à Baltard, Camelia Jordana a repris « Quelqu’un m’a dit » de Carla Bruni-Sarkozy. Sa performance m’a mis dans un état d’excitation insensé. J’ai reçu et envoyé des SMS avec des amis et collègues à ce sujet. J’ai cru apercevoir pendant une minute le seul futur valable à la pop française. J’ai remercié le ciel et mes pires tendances de midinette de m’avoir donné une minute de pop. Exactement comme l’an passé quand la gagnante Amandine a transformé la pire guimauve gluante de Phil Collins, « Against All Odds », en une soul de stade bouleversante. C’est dans ces moments que cette émission passe un message démocratique : il existe des centaines de milliers de bonnes chansons, encore faut-il les prendre sans préliminaires pour en livrer une interprétation valable.

Le morceau original vendu par Bruni m’a toujours semblé plat, bourgeois, frigide. Il ne s’adressait qu’à Paris et aux peines de cœur entre le 5e et le 6e arrondissement de la capitale. Dans la voix d’une adolescente de 16 ans vivant dans le sud, ce titre devient quelque chose d’émouvant, fragile, dramatique, étonné. Il dégage une force incroyable. Il est presque aussi beau que « Moonriver » de Mancini chanté et joué à la guitare sèche par Audrey Hepburn dans « Breakfast At Tiffany’s ».

Dans une interview publiée sur le site de M6, la demoiselle avoue un défaut majeur: « J’aime Herman Düne », et une qualité essentielle : elle pense qu’on devrait interdire à Gérard Darmon de faire de la chanson et à Christine Angot d’écrire quoi que ce soit qui puisse être publié sous une autre forme qu’un manuel de mécanique. La dernière affirmation n’est pas forcément exacte. Par contre, dans la même interview, Camélia-Jordana parle de son livre préféré, « La traversée de l’été » de Truman Capote. C’est intrigant. Surtout quand on sait que le premier manuscrit de l’auteur mondain de « Breakfast At Tiffany’s » raconte la courte romance entre une jeune fille de la haute société et un vieux gardien de parking. Ah ! douce perversité de la jeune fille en fleur qui se pique d’écrivains américains demi-mondains.

Lors de ses premiers passages à « Nouvelle Star » version 2009, Camélia-Jordana a fait dire au jury et à André Manoukian (qui la fixe avec une lueur libidineuse dans l’œil et un sourire en coin de séducteur de casino de province): « Tu as quelque chose de Billie Holiday, d’Amy Winehouse, mais aussi de Barbara ! » Exagéré. D’accord, l’interprétation a cappella qu’elle a livré de « What a wonderful world » de Louis Armstrong transposait sans trop de minauderie la vieille scie jazz dans l’univers des lolita britpop à la Kate Nash. Peut-on prendre le risque de voir une gamine de 16 ans devenir cinglée, alcoolique, dépressive et tout le toutim, juste parce qu’elle a entendu un vieux beau lui dire qu’elle allait être Billie Holiday ?

7 Réponses to “Camélia-Jordana ou le roman d’apprentissage”

  1. Merci pour le soutien
    RENDEZ VOUS SUR SON BLOG OFFICIEL : http://cameliajordana-officiel.skyblog.com

  2. Jude dit :

    Elle ressemble surtout a Joey Ramone

  3. laura dit :

    en force pour Camélia c’est la meilleure ^^ <3

  4. cricri dit :

    Je suis toujours avec toi même si tu n’as pas gagner la nouvelle star 2009 ! ! ! !
    BRAVO CAMELIA pour ton parcours ! ! ! !
    Mais je suis sur que l’on va la revoir un jour et l’entendre denouveau chanter et j’espère qu’André Manoukian va lui proposer des collaborations et lui proposer aussi des chansons… ! ! ! !

  5. gros calibre dit :

    attten c koi ce delire normalemen c larry ki doi sortir un album c pas elle elle elle doit chanter seulement quand c l heure pour les de faire la sieste en plus c pas vrai elle a pas du tout la meme voix de amy mickey mouse et son prénom il est naze en dirait ki la fumé un pett

  6. gros calibre dit :

    mé jaime bien son style

  7. charlotte dit :

    coucou ta bien chanter a la nouvelle star ,continue comme ca

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