Chronique et Interview : Bad Lieutenant

Bernard Sumner : Tel Harvey Keitel

Benjamin Durand - Dimanche 18 octobre 2009

Bad Lieutenant, 2009 Photo DR.

Bad Lieutenant, 2009 Photo DR.

Interview du fabuleux Bernard Sumner qui nous présente son nouveau groupe Bad Lieutenant. L’occasion pour lui de revenir …

… sur New Order, Joy Division, le film Control et Manchester. Chronique et longue interview.

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La relation entre Peter Hook et Bernard Sumner s’étant désagrégée, le fondamental groupe de Manchester n’est plus. Sumner a donc crée une nouvelle formation, Bad Lieutenant qui poursuit dans la lignée de New Order en plus cool et sans solos de basse dans les aigüs en faisant le grand écart. Ce n’est pas l’album du siècle, mais c’est certainement un des disques les plus réjouissants de cette rentrée. Le premier single « Sink Or Swim»  peut s’avérer un peu balourd dans cette relecture cheap de « Crystal»  . En fait, comme sur « Waiting For The Siren’s Call» , le dernier New Order, Sumner est plus brillant sur les chansons mélancoliques que sur les chansons de pure pop. Ainsi, “This Is Home“ nous renvoit au légendaire spleen combatif de Barney, celui de « Love Vigilantes“ ou “The Village“. “Dynamo“ peut vraiment prêter à sourire avec son pastiche du motif de synthé de “Won’t Get Fooled Again»  de The Who. En fin de disque, la parole est laissé au bleu Jake Evans qui s’en sort bien avec un songwriting visiblement marqué par l’Americana. En tous cas, « Walk On Silver Water»  ne fait pas du tout tâche sur cet album. Que les fans de New Order se rassurent, même sans Peter Hook, voici une suite très homologable du parcours de Bernard Sumner. Au chanteur de s’expliquer sur ce disque, ce groupe et son rapport actuel à un passé prestigieux et particulièrement remué ces derniers temps.

BAD LIEUTENANT : « SINK OR SWIM»  (2009)

Comment le groupe s’est-il mis à travailler sur ces chansons ?

Il faudrait revenir à la formation du groupe. Tout a commencé à une soirée du Jour de l’An 2008 chez Alex James de Blur. J’ai fini complètement bourré et Alex en avait un coup dans le nez aussi. Je me suis mis à la guitare et lui à la basse, on a improvisé un peu. On a bien sûr trouvé ça génial et c’était parti pour un nouveau projet ! Bon, une fois que j’avais cuvé j’ai commencé à regretter du genre : « Il faut vraiment que j’arrête de faire n’importe quoi quand j’ai bu ! » Mais bon, c’était parti et Alex à organisé des sessions chez lui dans les Coswolds (région de campagne anglaise coquette située entre Oxford et le Pays de Galles). J’ai ramené Phil (Cunningham) de New Order parce qu’on s’entend bien et j’aime comment il joue. Quelques mois auparavent, je m’étais rendu à l’anniversaire d’un ami dans un resto et il y avait un mec qui y jouait ses chansons à la guitare sèche. Parmi la dizaine d’invités il y avait Jake Evans, que je ne connaissais pas et qui a pris la guitare pour chanter la chanson de Neil Young “Heart Of Gold“. Sa prestation m’avait bluffé. Au moment où on préparait ce sessions je me suis souvenu de lui. Je me suis dit pourquoi pas le ramener dans le projet, histoire de voir ce que ça donne. Les circonstances nous ont fait utiliser quatre batteurs différents. J’avais envie de travailler avec des gens différents mais en plus, Steve de New Order n’était pas très disponible car une de ses filles était assez malade donc il se consacrait à sa famille. On a donc essayé de ramener des batteurs différents adaptés pour tel ou tel morceau. Steve a finalement pu un peu participer quand il devenait moins monopolisé. C’est vraiment comme ça que le groupe s’est monté. Travailler avec Alex s’est vite révélé être une difficulté. Il n’avait plus rien à faire avec Blur mais il faisait pas mal de télé. Le fait de ne pas habiter au même endroit, lui dans les Cotwolds et nous à Manchester, limitait la possibilité de jouer. Le groupe permanent s’est donc assez vite limité à Phil, Jake et moi. Du coup, nous avons fait l’album tous les trois.

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