Rencontre

« Le café est la drogue la plus puissante et précieuse pour la création» 

Nico Prat - Mardi 15 septembre 2009

Patrick Bower © D.R

Patrick Bower © D.R

Figure de la scène New-Yorkaise, Patrick Bower posera ses valises à Paris pour deux soirs. L’occasion d’en apprendre un peu plus sur le bonhomme.


Mon nom est Patrick Bower et mon groupe s’appelle Patrick Bower & The World Without Magic. À l’heure actuelle, le groupe réunit essentiellement Darren Will à la guitare et Casio-Man. Mais à Paris, vous allez nous voir avec Jon Wiley et Chris Egan, qui jouent aussi avec  Adam Green. Et moi à la guitare acoustique.

Tes parents t’ont-ils initié à la musique ?

Mon père m’a appris à jouer de la guitare. Il a été chanteur dans un groupe de gospel, j’ai donc grandi là-dedans. Dès l’âge de onze ans, je l’ai aidé à charger les instruments dans le camion.

De quoi parlent tes chansons ?

Des meilleures choses de la vie, tout simplement: l’amour, le sexe, la drogue et la mort. Je ne vois pas sur quoi écrire d’autre, mais ma copine pense que je devrais commencer à écrire sur la nourriture.

Quoi de neuf du côté de Brooklyn ?

Brooklyn se réinvente sans cesse. Je pense que tous les bons groupes ont déménagé à Berlin et que les meilleurs salles ont fermé, mais une autre vague d’artistes et de lieux à l’esprit Do It Yourself émerge. C’est quelque chose de vital. De plus, avec des loyers en baisse dans toute la ville, plus de gens affluent de par le monde, surtout les Européens. New York se nourrit de sang neuf.

As-tu déjà entendu parler de la scène rock française ?

Pas vraiment, pour être honnête. Par contre, j’entends de grandes choses au sujet du public indie français de la part de mes amis qui jouent ici régulièrement comme Adam Green et Au Revoir Simone.

Les albums des Beatles viennent de ressortir. Quel est ton album préféré ?

Man, I love them. Je pense qu’avec le temps, « Rubber Soul»  reste un album parfait, mais mon morceau préféré est « Happiness Is A Warm Gun» . Les albums remasterisés sont d’ailleurs sur ma liste de cadeaux de Noël. Maman, tu lis ça ?!

Tu écoutes quoi en ce moment ?

Je suis récemment retourné à Harry Nilsson. Je baigne dans cette douce et paisible tristesse. Peut-être que l’approche de l’automne me met dans l’ambiance. « He Needs Me» , qu’il a écrit pour la BO de Popeye (chantée par Shelley Duvall) touche vraiment au cœur de l’ambivalence effrayante entourant l’amour et le désir.

La vie en tournée…

Pour cette tournée, je ramasse des boules souvenirs dans chaque ville. Où puis-je trouver les meilleurs à Paris ? Aussi, nous sautons en face de célèbres sites touristiques. Demain, je vais sauter devant la Tour Eiffel, sans doute.

Comment écrivez-vous vos chansons ? Y a-t-il une méthode particulière ?

J’écris mes chansons seul, souvent le matin devant un café. Le café est la drogue la plus puissante et précieuse pour la création. Environ une heure chaque matin,  je sens toute la vaste portée et la possibilité de vie qui est à ma disposition. En termes de processus, je ne dirais pas que les paroles et la mélodie viennent dans un ordre précis. Souvent, des bribes me rendent visite pendant la journée. Le lendemain matin, j’essaie de leur trouver une maison.

Quelle part de vécu mets-tu dans tes chansons ?

J’essaie de mettre l’accent sur la lutte quotidienne que chacun connaît. Pour ça, je dois être très honnête avec moi-même, c’est pourquoi il est si difficile d’être un artiste. La plupart des gens ne peuvent pas faire cela. Ou n’essaient même pas.
Le pire groupe du monde ?

Jet, probablement. Juste après les Jonas Brothers. Comment choisir?

Aimes-tu les interviews ?

Seulement quand je n’ai rien de mieux à faire.

Patrick Bower sur Myspace

Et en concert à Paris:

Patrick Bower

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