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KULA SHAKER – PILGRIMS PROGRESS


Voilà, en un mot comme en cent, l’album moyen par excellence. Le truc que vous n’achèterez pas à moins d’avoir irrésistiblement besoin de mettre un nom de groupe et un titre de disque en dessous de ce concept que l’on appelle « La lose en milieu pop rock ». Et malheureusement, c’est une tradition chez ces dandys néo-babas londoniens de Kula Shaker, tout droit débarqués de l’excitation après brit-pop des années 90 : du quasi néant pour ainsi dire. On peut tout même remarquer et saluer la constance du groupe qui, depuis un single qui a fait (un peu) parler d’eux en 1996, se complait dans un pseudo rock psychédélique d’une inébranlable platitude. Pour résumer ; Crispian Mills et les siens ont, un jour, avalé un acide, ils ont vu les portes de la perception, ils s’y sont engouffré comme un seul homme. Problème majeur, comme le trip était périmé depuis les années 70, ils sont restés perché. Depuis leur style qui tient de l’empilement d’influences (le baggy de The Charlatans, The Doors et le Jefferson Airplane) n’a aucune direction. Pire, il pue le patchouli à néo babas plus réactionnaires encore que les anciens. À l’époque britpop on appelait ça du dad rock (rock pour daron). Une telle persévérance est rare aujourd’hui, même si elle tient plus d’une obstination futile à tenter de faire quelque chose de véritablement intéressant, plutôt que d’une remise en question sur le plan musical. Pilgrim’s Progress est leur 4ème tentative en quinze ans, après deux best-of, qui, à défaut d’avoir un intérêt artistique, permettent au moins de payer le sel. Douze titres qui manquent, comme à chaque fois, d’un semblant d’âme. «En persévérant, on arrive à tout », dit-on. La preuve que non…

Adrien Toffolet

CD « Pilgrim’s Progress » (Essential Music/ StrangeFolk Records)

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Chronique parue dans VoxPop #15 (Juillet-Août 2010)

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