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POP UP #03

À découvrir le troisième volume de nos Pop Up. Le principe : l’équipe sélectionne dix groupes ou artistes peu ou pas connus et vous propose de télécharger un de leurs morceaux gratuitement.

Écoutez et téléchargez gratuitement la 3e édition des Pop Up ici

Jordan Irvin Dally – Depistado EP
Lieu : Los Angeles
Similaire à : Deerhunter, Jeff Buckley, Devendra Banhart
Sur le sampler : « Sleep »
Où trouver le disque ? http://jirvindally.bandcamp.com/album/despistado

Un peu comme Bradford Cox, Jordan Irvin Dally aime écrire des chansons folk, faire des expériences avec, y infuser des fantômes, ses propre fantômes et laisser à l’auditeur le loisir de se les approprier. Des chansons qui brisent des cœurs et habillent des solitudes. Cet EP (qui n’a d’EP que le nom, il contient neuf morceaux et trente-cinq minutes) est à la fois simple et brillant, et Dally semble être, à l’écoute de ce disque, celui pour qui Devendra Banhart essaie désespérément de se faire passer : un nomade, un aventureux, un prophète de la mélodie, qui écrit des chansons sans les écrire. On n’en dira pas trop sur la musique de Jordan Irvin Dally, car celle-ci s’écoute.

Coma Cinema – Stoned Alone
Lieu : Columbia, Caroline du Sud
Similaire à : Her Space Holiday, Pavement, Elliot Smith
Sur le sampler : « Only »
Où trouver le disque ? http://comacinema.org/sounds.html

Ce Stoned Alone est une véritable merveille d’indie.  Quiconque a écouté un album d’Her Space Holiday sera avant tout frappé par le timbre de fausset de Mat Cothran (Coma Cinema, c’est lui) qui évoque celui de Marc Bianchi. Aucun morceau ne dépasse les trois minutes, pour une puissance mélodique décuplée : Cothran ne noie pas ses chansons sous des ponts, des solos, des artifices de production. Ce minimalisme rend l’album immédiat, captivant et terriblement sincère. C’est une musique triste, mais réconfortante. Une apologie de la solitude et de l’ennui. On pense aussi à Pavement dans l’intention, à Elliot Smith dans la construction mélodique et la production. S’il n’a pas vu le jour en France, Stoned Alone est l’un des plus beaux albums de l’année.

Drug Rug – Paint The Fence Invisible
Lieu : Cambridge, Massachussets
Similaire à : Paul McCartney, Galaxie 500, The Byrds
Sur le sampler : « Blue Moon »
Où trouver le disque ? http://blackandgreenerecords.com/bgstore.php

Drug Rug est au bon karma ce que Coma Cinema est au mauvais. Aussi, ses influences (tant dans les sons que dans la structure des morceaux) sont plutôt 60′s que 90′s. Mais surtout, Drug Rug n’exprime pas la joie dans la solitude, mais dans le fait d’être à deux. Ce qui, n’est-ce pas, bouleverse à peu près tout. Drug Rug est (encore) un duo fille-garçon, amoureux, tout ça tout ça. Même minimalisme, même brièveté dans les chansons dans ce Paint The Fence Invisible que dans le Stoned Alone de Coma Cinema. Ce sont les harmonies et le côté affable à la Paul McCartney qui confère tout son charme pop à ce disque. Le tout pourrait sonner très naïf, mais les chansons sont trop bien écrites pour que nos tourtereaux manquent leur cible.

Palms On Fire – EP #2
Lieu : Izhevsk, Russie
Similaire à : The Pastels, Wavves, The Vaselines
Sur le sampler : « Palm Tree »
Où trouver le disque ? http://holidayrecords.net/palms.html

Deuxième apparition d’affilée pour Palms on Fire sur notre sampler, et ce pour deux bonnes raisons : ils ont publié un EP entre temps (sur Holiday Records, le label du guitariste des Drums) et il s’agit de l’un de nos coups de cœur de l’année. Ces quatre russes chantent le feu, les palmiers, les château de sable, sur des chansons surf-pop ravissantes (« Day after day, after day / We’re thinking about home / And it’s not fair » dans « Deep Forest). Comme si nous, petits français, racontions le plein emploi, la gauche courageuse et la cohésion sociale, en somme. La voix de petite fille d’Anna Kislova, son accent mimi, ses fautes d’anglais et la gaucherie manifeste avec laquelle sont jouées leurs chansons font de ces huit minutes (7:30 exactement) les plus fleuries de l’année.

The Depreciation Guild – Spirit Youth
Lieu : Brooklyn, New-York
Similaire à : The Field Mice, Slowdive, The Pains of Being Pure at Heart
Sur le sampler : « Crucify You »
Où trouver le disque ? http://www.thedepreciationguild.com/

The Depreciation Guild est en fait un homme : Kurt Feldman, et existait déjà avant que ce même Feldman ne rejoigne The Pains of Being Pure at Heart (que l’on abrégera en TPOBPAH), avec bien plus de succès. Au lieu de se concentrer sur un seul projet, Feldman a décidé de sortir un second album de sa Guild. S’il a toujours le cœur pur, cet amour du shoegaze et cette attitude à la fois passive et agressive sur ses chansons, la comparaison avec TPOBPAH s’arrête là. Cet album est plus électronique (et non électro), avec l’utilisation de sons de jeux Super Nintendo dans les chansons, plus ambitieux dans la recherche d’ambiances et de sonorités. S’il manque parfois de cohérence, certains morceaux tiennent largement la comparaison avec ceux de TPOBPAH, comme « Crucify You » ou « My Chariot ».

Big  Troubles – Worry
Lieu : Ridgewood, New-Jersey
Similaire à : My Bloody Valentine, The Ecstasy of Saint Theresa, Orange Juice
Sur le sampler : « Modern Initimacy »
Où trouver le disque ? http://oesbee-shoppe.blogspot.com/

De toute la vague récente de nouveaux groupes biberonnés à My Bloody Valentine, Big Troubles fait partie des plus pop, même si la plupart de leurs chansons sont mal enregistrées (ce qui, pour quelques allumés, peut rendre un disque charmant). Quatorze chansons torchées en trente-sept minutes, pour une bonne moitié de délires bruitistes. Mais le reste vaut son pesant de décibels, des chansons telles que l’indie-trash « Modern Intimacy », le surf-noisy « Bite Yr Tongue », l’euphorique « Freudian Slips » allient les murs de guitares si chers à Kevin Shields à une innocence pop à la Orange Juice dans la mélodie et les paroles, si bien que l’on pourrait sans problème les reprendre en acoustique.

The December Sound – The Silver Album
Lieu : New-York
Similaire à : A Place To Bury Strangers, The Jesus & Mary Chain, Nine Inch Nails
Sur le sampler : « Maker »
Où trouver le disque ? http://www.decembersound.com/

Ce disque sature dans tous les coins, pousse parfois le délire du mur du son un peu trop loin (la chanson « No Heaven Like Hell » est livrée avec boules Quiès). Comprendre : à réserver aux puristes du genre, ou à ceux qui veulent s’y essayer. Il conviendra de ne pas réduire ce Silver Album à du simple bruit blanc, car ce n’est pas le cas. Par exemple, le sombre et psychédélique « Drone Refusenik » ringardiserait presque à lui seul les trois albums des Black Angels. Ou encore, « Maker », qui propose une réinterprétation de « TV Eye » des Stooges. Les vocaux, trempées dans le reverb et inintelligibles, agissent comme un instrument de plus. The December Sound joue plus sur les ambiances, les riffs et les sons que sur des compositions épiques ou immédiates.

Fleeting Joys – Occult Radiance
Lieu : Californie du Nord
Similaire à : My Bloody Valentine, Slowdive, Serena Maneesh
Sur le sampler : « Lights Underground »
Où trouver le disque ? http://fleetingjoys1.bandcamp.com/

Pas vraiment révolutionnaire, on vous l’accordera après une première écoute, que cet album des Fleeting Joys. Mais plutôt que de faire n’importe quoi avec les chansons de Kevin Shields, ils reprennent le flambeau dignement, si bien que si leur label avait apposé un sticker « le troisième album tant attendu de My Bloody Valentine », on serait tombés dans le piège. Mais mieux que de simplement recracher quelques riffs et techniques de production, cet Occult Radiance contient son hit : « Cloudlike Mercury » est un « Only Shallow » en plus mystique (les chœurs font littéralement peur, dans le noir). Un disque très référentiel, donc, mais surtout un plaisir immédiat pour les fans de My Bloody Valentine et une parfaite introduction pour les novices.

Secret Colours – Secret Colours
Lieu : Chicago
Similaire à : The Brian Jonestown Massacre, Black Rebel Motorcycle Club, The Dandy Warhols
Sur le sampler : Popstar
Où trouver le disque ? http://secretcolours.bandcamp.com

Secret Colours en est à son premier album. C’est peut-être un détail pour vous, mais en fait ça veut dire beaucoup. À la première écoute, ils semblent plus dans l’imitation que dans la création. On y entend très clairement leurs références : le rock psyché de la côté ouest, des années 90 et 2000. Du Brian Jonestown Massacre au B.R.M.C, donc. Mais alors, pourquoi s’intéresse-t-on à eux ? Malgré ses défauts, cet album contient nombre de chansons directes, efficaces et une belle collection de riffs. Des « coups d’un soir », pour reprendre un champ lexical universel. Secret Colours est le genre de groupe qu’il faudra garder à l’oeil : ils ont les bases et ne peuvent que s’améliorer.

Soundpool – Mirrors In Your Eyes
Lieu : New-York
Similaire à : School of Seven Bells, Saint Etienne
Sur le sampler : « But It’s So »
Où trouver le disque ? http://soundpoolmusic.com/

Shoegaze et beats dansants ou musique électronique ont toujours fait bon ménage. Moins mystique et sexy que School of Seven Bells, plus shoegaze que Saint Etienne, Mirrors In Your Eyes tombe pile dans cette mouvance. Ce sentiment est d’autant plus palpable sur le single « But It’s So » (qui figure sur le sampler à la demande du groupe, même si elle représente mal le disque à notre humble avis), hyper-produit et hyper-club, qui ressemblerait presque à du Cerrone. Il vaudra mieux se tourner vers « Makes No Sense », « I’m So Tired » et surtout « Shelter », les véritables perles dream pop (et techno pour cette dernière) du disque, avec le chant murmuré et éthéré de Kim Field, les nappes de guitares et synthétiseurs qui vont bien.

Anthony Mansuy

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