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SOURYA : « L’ENVIE DE FAIRE QUELQUE CHOSE DE BIEN NE SUFFIT PAS »

Photo : Molokostar

Paru en octobre, le premier album de Sourya, « Dawdlewalk », avait confirmé tout le bien que nous pensions depuis déjà quelques années de ce groupe aux compositions ambitieuses. La fin de leur tournée coïncide avec la sortie d’un nouvel EP. L’occasion de discuter de tout et de rien entre deux buts du Japon face au Danemark.

Inutile de refaire ici l’éloge du premier opus du quatuor, cet EP ne partageant pas grand chose avec ce disque, sauf bien sûr « The Ballad Of Star Gigolo », et encore une fois ce souci permanent de composer LA mélodie qui tue. Une écoute suffit pour s’en convaincre: « Akzidens » est ce que le groupe a fait de mieux jusqu’à présent. Faire danser avec une ballade, vaste programme. Sou, Julien, Rudy et Arnaud réussissent leur coup avec une facilité déconcertante. Bières en main, dictaphone allumé, la discussion peut commencer. Elle tournera autour du studio, des déboires avec leur label… Et il y est aussi question de pétanque !

Julien : L’album est sorti il y a presque un an, on avait envie de sortir quelque chose de nouveau, plus proche de ce qu’on fait en live aujourd’hui. Passer à autre chose quoi !
Sou
:
Le rythme d’«Akzidens » est plus electro que ce qu’on a pu faire sur l’album, c’est très dansant, c’est voulu, mais tout en gardant un esprit mélancolique. Il y a un vrai arrangement dance. C’est plus en rapport avec ce que l’on fait en live. Et ça pousse plus loin le concept de la ballade sur laquelle on peut danser. Car « Akzidens » finalement est une ballade, écrite sur un piano. Je voulais faire un titre avec huit accords qui s’enchaînent tout le temps. C’est un peu le principe du Boléro de Ravel…
Julien
:
Ou du hip hop.
Sou
: Oui, mais pour le Boléro de Ravel, l’idée est d’avoir une structure simple à comprendre, et de rajouter des couches jusqu’à ce que ça explose.Et on arrête au moment où ça commence à être un peu fouilli. La fin d’«Akzidens » est quand même assez chargée. On va bientôt tourner le clip. Ce sera basé sur l’ambition, l’envie d’être le premier et d’écraser les autres à tout prix. Le tout dans le contexte d’une partie de pétanque. C’est une idée de notre manager, et pourquoi pas ?

Sinon, sur l’EP, il y a aussi le remix de « Star Gigolo ». C’était un peu l’envie de faire l’opposée de la première version, une ballade. On dirait un générique d’une émission de Michel Drucker. Et il y a un autre inédit,«Chimney », qui est une chanson qu’on joue en live depuis un certain temps.
Julien :
J’avais une démo de ce titre dans mon ordinateur depuis déjà deux ou trois ans. J’ai donc envoyé l’instru à Sou, qui a écrit une mélodie en dix minutes.
Sou :
Le texte parle de l’enfermement, la claustrophobie. J’imagine une personne enfermée dans une cheminée, ce qui serait un cauchemar pour un claustro. Tout part de là, puis ça dérive sur les sentiments. Quant à la production et au titre en lui-même, c’est une sorte d’hommage aux nineties. On pensait au premier album de Massive Attack à ce moment là.

Au moment de rentrer en studio, on se prend la tête. On a le souci de ne pas vouloir se répéter, et ça passe par un petit brainstorming. L’envie de faire quelque chose qui sonne bien ne suffit pas. En général, on enregistre tout plusieurs fois, jusqu’à ce que tout le monde sente qu’il y a quelque chose de différent. Notre producteur, Jean-Paul Gonnod, intervient au moment où on travaille trop sur un titre et que l’on perd de l’émotion, que ça devient trop clinique. Il est un peu l’agent émotionnel.

Julien : On a joué dans un festival entre Florent Pagny et Martin Solveig. C’est un petit festival avec deux scènes l’une en face de l’autre, et ils alternent grosses têtes d’affiche et découvertes.
Sou :
On a vu quelques trucs bizarres. Un festival de banlieue finalement peut être sécurisé comme le Pentagone.
Julien :
Le pire, c’est pour le soundcheck. Comme les deux scènes sont proches, et que tu dois t’installer pendant que l’autre concert a lieu, tu suis tout le concert. Et nous, c’était Florent Pagny, on a donc eu le droit à l’intégrale. Et tu dois attendre qu’il commence à chanter pour faire ton son, sinon les gens ne comprennent pas ce qu’il se passe.
Sou :
Va faire ton son de guitare pendant que l’autre chante « Caruso » ! Le plus drôle, c’est qu’il a plu pendant tout son concert, et ça s’est arrêté en même temps que lui.

Tout aussi réjouissant, vous avez eu pas mal d’ennuis avec Massive Central, votre label…
Julien :
Notre label nous a bien entubé.
Sou :
Le mec a sorti le disque en nous faisant croire qu’il avait des sous pour le sortir et le promouvoir correctement, ce qui n’était pas le cas.
Julien :
Comme il n’avait pas payé la fabrication des disques, on s’est rendu compte de l’arnaque au moment où il fallait justement réapprovisionner les disquaires, juste avant de partir en tournée. Il n’avait pas payé les pubs non plus.
Rudy :
On a évidemment rompu le contrat. Et le lancement de l’album a été merdé à cause de tout ça, on a sans doute raté des occasions.
Sou :
Malgré tout, la tournée s’est plutôt bien passé. On a fait une trentaine de dates. Bon, il y a eu quelques échecs, normal. A Metz, on jouait le même soir que Phoenix, mais dans une salle en face. Et à Mulhouse, on a joué dans une salle de plus de 1000 personnes avec des places à 25 euros, donc c’était vide.

CMJN de base

Sou : L’EP est sorti en digital, et va bientôt sortir en vinyle, je ne sais pas trop quand. Il faut savoir qu’avec les galères qu’on a eu, ça a été dur de se remettre dans le bain, on a du contacter des radios, faire de la promo, ce qui n’est pas notre job normalement. En plus, l’été est de retour, donc vu le boulot accompli ces six derniers mois, tu as juste envie de ne rien faire. Même si on retourne bientôt en studio. On veut quelque chose de moins structuré, de plus apocalyptique. En ce moment, on est dans la recherche du chaos, les demos que je fais, c’est beaucoup de bruit. En opposition à la production de « Dawdlewalk », qui est très propre.

Sourya – Akzidens (radio edit) – 160Kbps version by sourya

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STAR GIGOLOS E.P. – Disponible

Nico Prat

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