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Gainsbourg : rap around the bunker

Une projection de Gainsbourg pitché au SP-404 © D.R.

Une projection de Gainsbourg pitché au SP-404 © D.R.

Sortie du film oblige, on parle beaucoup actuellement du Gainsbourg recycleur, inventeur du sample en pop music, à travers son utilisation de grands thèmes de la musique classique (Dvorak, Chopin, Beethoven, Katchaturian). On parle moins du Gainsbourg « samplé »,  cette autre façon de voir son héritage, que l’on retrouve dans le hip hop français, américain… ou belge. La preuve en trois exemples illustrés (et des poussières).

1) « Melody Nelson »/ »Cargo Culte » (1971)

Le rappeurs de tout poil pouvaient-il demander mieux que l’illustrissime et très étrange ligne de basse de « Melody Nelson » et « Cargo Culte » ? Y avait-il plus évident à sampler que ce beat félin, métronomique ? A voir la liste des artistes du genre ayant un jour utilisé l’un de ces deux morceaux jumeaux encadrant « Histoire de Melody Nelson », on se dit que Gainsbourg a assurément contribué à inventer, un beau jour de 1971, une forme primitive du hip-hop.

Trente ans ont passé entre « Melody Nelson » et… 2 Bal 2 Neg. Et ouais les gars, 2 Bal 2 Neg – ça met un sacré coup de vieux. En 1996, le duo de Chelles sort son premier album « 3X plus efficace » et connaît son premier carton commercial (le second ayant lieu avec, hum, Bisso Na Bisso). « La Magie du Tiroir » fait tourner ladite ligne de basse en y ajoutant des accents raggamuffin et une attaque en règle de tous les méchants réactionnaires qui ne croient pas au succès public et commercial du hip hop en France. « Nous devons être indépendants à 100% / pour aller de l’avant », qu’ils disaient. Passi en rigole encore…

Beaucoup plus sombre et minimal est « La Structure et l’Instinct » (1997) du MC belge (je sais, je sais, ça fait toujours bizarre) Lickweed (je sais, je sais…) et son flow carré assez proche dans l’esprit de La Rumeur. Vous serez heureux d’apprendre que Lickweed a été diplômé de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, qu’il a été un animateur radio reconnu dans le Royaume (sous son vrai nom Manuel Istace) et qu’il a un side-project répondant au doux nom de ‘t Hof van Commerce.

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