
De passage à Paris pour la promotion de son album, Walking On a Dream, le duo de doux dingues Australiens nous parle de l’importance de la pop music, de la grandeur d’ABBA et de leur incompréhension quand on les compare à MGMT, le tout avec une bonne dose d’humour !
Pouvez-vous vous décrire ? Que pouvez vous me dire sur vous?
L : Je suis une geisha qui chante dans la rue.
N : Je suis un homme de couleurs.
Au début de votre collaboration , aviez vous une idée de ce que Empire of the Sun serait ? C’est plus que de la musique , c’est un concept…
N :Nous avions une vision, Luke m’a pris entre quatre yeux et m’a dit qu’il fallait qu’on donne tout ce qu’on a, On ne voulait pas que ce soit juste un truc de plus mais faire quelque chose d’entier.
Qu’est ce qui est le plus important , la musique ou l’imaginaire ?
N :Tout ! More is more
Est-ce que vous vous disputez sur la musique ou sur l’image du groupe ?
L : Non ! Le mot d’ordre de ce projet est la discipline.
N : Il y une profonde compréhension entre nous et un incroyable respect mutuel, nous nous comprenons parfaitement et tout est cool.
Quelles sont vos influences ?
N :Le snowboard , le ski, l’art naif, le badminton, tu joues au badminton ?
Oui j’en ai fait au lycée …Votre style est très flamboyant, un univers à part ,l’imagerie est très forte mais vos paroles sont très humaines, il s’agit beaucoup d’amour. Pourquoi ce contraste ?
N :Nous avons pris des vraies choses de nos vies, et nous les avons racontées comme si elles avaient été racontées par des anges. Nous voulions que ces histoires soient universelles, nous voulions que tout le monde, dans n’importe quelle partie du monde, puisse se retrouver dans nos chansons. Nous voulons communiquer avec tous.
Donc vous n’êtes pas intéressés par des choses plus abstraites ?
Il y a bien sur des abstractions sur le disque, mais nous avons préféré faire quelque chose que les gens puissent comprendre, nous avons voulu faire quelque chose de très clair .
Walking On A Dream (2009) :
Pensez vous que la meilleure façon de toucher les gens est de faire de la pop ?
N : J’ai toujours détesté l’idée de “pop music“ mais pop ça veut dire populaire et c’est vrai qu’ en soit tu fais de la musique pour être populaire, pour rentrer en contact avec les gens.
L : Oui c’est ce que les gens veulent, ils veulent une chanson dont ils se souviennent, ils veulent s’asseoir et entendre quelqu’un qui leur raconte une histoire .
Quelles étaient les chansons que vous aimiez quand vous étiez plus jeunes ? La pop était déjà importante pour vous à l’époque ?
N : J’aimais juste les bonnes chansons, peu importe ce que c’était, avant qu’on te dise ce qui est censé être cool et ce qui ne l’est pas.
L : On aime juste les bonnes chansons, les belles mélodies, les belles histoires, le bon rythme.
Aviez vous des plaisirs honteux?
L : J’adorais Metallica, mais aussi les Beach Boys ! J’aimais beaucoup Surfer girl, Wendy, tous leurs premiers tubes.
J’avais deux bandes d’amis au lycée, les fans des Beach Boys et les fans de Metallica, donc a chaque fois que je retrouvais l’une ou l’autre , je retournais la face de ma cassette dans mon walkman !
N : je me souviens qu’une des premieres chansons que j’ai aimé c’était Money Money Money de ABBA, je ne sais pas vraiment pourquoi. Mais je pense que la chanson la plus embarassante que j’aime est « Two become one » des Spice Girls.
Je dois avouer que j’ai pensé à Two Become One des Spice Girls quand j’écoute le refrain de Walking on a dream et puis dans le clip tu mimes leur choré aussi !
N : Ah mince tu m’as demasqué, c’est embarassant !
Avez-vous vu la comédie musicale ?
N : J’ai vu le film dans l’avion, c’était chiant ! (sourire mutin) ….non en fait c’était trop bien !!
Donc en fait tu es un grand fan d’ABBA ?
N :Non !
L : Si, il l’est , c’est le plus grand fan ! Et oui il a vu la comédie musicale à Londres, il m’en parlait encore l’autre jour !
N : Ca y est ,tout est divulgué à la presse maintenant ! J’écoute aussi de la musique très bizarre tu sais mais c’est vrai que les chansons pop les plus basiques sont celles qui vous touchent le plus
We Are The People (2009) :
Vous avez des looks de héros pop, si vous étiez des super héros , qui seriez vous ?
N :Nous serions nous mêmes bien sûr ! Je suis Lord Littlemore et il est l’Empereur Steele !
Pensez vous que vos groupes d’avant (Pnau et The Sleepy Jackson) étaient trop « communs » ?
N :Je ne crois pas que nos groupes précédents étaient communs, nous ne voulions juste pas recommencer ce qui avait été fait avant, nous avons voulu commencer un Empire , une nouvelle civilisation, une nouvelle aube.
Est-ce que vous pensez rameuter des gens dans votre civilisation ?
N :Oui ils sont les bienvenus, ils sont invités à rejoindre notre armée de couleurs qui ne cesse de s’agrandir, nous en sommes à 5 millions de membres et le nombre ne cesse de s’agrandir.
Votre premier clip fut tourné à Shanghai et le second au Mexique, pourquoi le choix de telles destinations?
L
our le 1er single nous voulions quelque chose de majestueux, et d’impérial et Shanghai représente les empereurs , et représente l’histoire passée et l’histoire future, c’est la ville qui se développe le plus rapidement dans le monde alors que c’est l’une des plus ancienne, ça nous paraissait complètement logique de choisir cette ville pour le décor de notre première vidéo.
Pensez vous partir dans un nouveau pays pour la prochaine vidéo de votre prochain single ?
L : On va en Islande en mars pour la vidéo de Without You, puis en Afrique, nous n’arrêtons pas ! On retourne en décembre à Mexico ,histoire de manger un peu plus de Quesadillas !
Pensez vous que d’être né en Australie, donc d’être coupé du monde , géographiquement et culturellement, vous a aidé dans votre imagination ?
L :Oui je le pense. On s’invente un monde. L’Australie est jeune, nous n’avons pas d’histoire. Notre culture c’est une sorte de mix de l’Amérique et de l’Angleterre .On avait vraiment un besoin de voyager.
N :Notre meilleur Premier Ministre a dit que nous faisions partie de l’Asie mais nos influences sont Américaines et viennent de l’Ouest en général.
Donc il y avait un besoin vital de voyager ?
L :Complètement, en fait on a compris que pour pouvoir s’échapper il fallait monter un groupe, écrire quelques bonnes chansons, sortir un album et partir en tournée pour voir du pays !
Y a t il des groupes d’aujourd’hui que vous aimez ?
N : Les Fleet Foxes sont géniaux, Metronomy, et Phoenix aussi. J’adore Phoenix, je les chérie. J’ai fait un show avec eux, mais je ne les connais pas personnellement mais leur musique représente beaucoup pour moi, c’est très spécial.
L : Il a un oreiller Phoenix ! (Luke se lance dans une version très aigue et a capella de If i ever feel better de Phoenix)
Pourriez vous imaginer collaborer avec un groupe ou un artiste (actif ou pas ) ?
L :Je ne sais pas, tu aimes des groupes, tu crois que tu peux collaborer, ensuite tu les rencontre et tu te rends compte que ce sont des gros cons !
N : On a déjà collaboré avec des gens très importants, jusqu’à des jeunes qui jouent dans leur garage , on est juste arrivés a un point où on veut faire de la musique ensemble.
J’ai beaucoup lu dans la presse que vous etiez les « MGMT DE 2009 », ce n’est pas un peu frustrant d’entendre ça quand on connaît vos parcours respectifs ?
N : Oui c’est frustrant et stupide. Par exemple il y a une femme de 45 ans qui vient de gagner un Grammy pour la « meilleure nouvelle artiste », elle a déjà sorti 10 albums ! C’est débile ! Les gens écrivent n’importe quoi
Vous pensez qu’ils ne connaissent pas vos groupes précédents ?
N :Ils n’ont apparemment pas fait de recherches ! C’est tellement facile de rentrer un nom dans Google, ça prend 5 secondes ! Faut croire qu’ ils sont nés hier.
Vous comprenez cette comparaison, quand même ?
N :Je crois que la comparaison tient autant que si on nous comparait au temps qu’il fait dehors, aux cheminées… peut être que si on nous comparait à des antennes télé ça serait plus proche de la réalité, puisque comme nous, elles captent plein de choses du monde extérieur et les transmettent dans une boite pour divertir les gens.
L :Nous comparer à eux c’est comme nous comparer à quelqu’un qui se saoule et qui vomit sur le trottoir..









