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KASABIAN : « L’INSTINCT ET LE MAESTRO »

Kasabian © Mathieu Zazzo

Kasabian © Mathieu Zazzo

En concert ce soir au Trabendo, Kasabian s’apprète à publier un excellent troisième album. Pour comprendre le fonctionnement du groupe nous avons mêlé une interview récente de Tom Meighan, le chanteur, aux propos que nous avaient tenus Serge Pizzorno, le songwriter, il y a 3 ans


Au sein du groupe, êtes-vous proches ? Travaillez-vous bien ensemble ? Et est-ce que ça s’est amélioré avec le temps ?

Tom Meighan (Chant) : Oui, et surtout en tant que groupe de scène. Nous jouons ensemble depuis nos 17 ans. Nous avons grandi ensemble.

Serge, qu’est-ce que Tom vous communique sur scène ?

Serge Pizzorno (Guitare, auteur compositeur) : On a l’impression qu’il remercie continuellement le public pendant le concert. Il le respecte dans sa totalité, c’est tranquillisant.

KASABIAN – « LSF (LOST SOULS FOREVER) » T. IN THE PARK 2006


Tom, quel effet ça fait de chanter les chansons de quelqu’un d’autre dans son propre groupe, vous comprenez mieux Roger Daltrey, des Who ?

T.M. : Oh, je nous vois un peu comme les Who d’aujourd’hui. Quatre mecs avec des personnalités très différentes. Roger chante les chansons de Pete Townshend, moi je chante les titre de Serge. Ça marchait pour les Who, ça marche pour nous. Et puis je suis très proche de Serge, donc je sais de quoi parlent ses textes. Il écrit des chansons de rock’n'roll, pas des morceaux pop avec des « I love you » dans tous les sens. Donc pas de problèmes.

Quelles étaient les affiches sur les murs de vos chambres d’ados ?

S.P. : Oh Oasis, ils étaient très importants quand nous étions plus jeunes. C’est fou, on est très amis aujourd’hui (Kasabian joue avec Oasis dans le cadre de la grande tournée des stades anglais que les frères Gallagher entreprennent ces jours-ci, ndlr). Ce fut une grande rencontre, car nous nous ressemblons beaucoup et nous allons dans des directions similaires. Sinon j’avais des photos de Syd Barrett aussi, paix à son âme. J’adorais Pete Townshend, mais Keith Richards serait plutôt mon héros. Il est la raison pour laquelle j’ai cherché à m’habiller correctement le matin. Il n’a jamais fait d’erreur sur ce point.

Pas de footballeurs ou d’acteurs ?

S.P. : George Best ! Pour les acteurs, l’identification est moins forte mais bon, Marlon Brando et Johnny Depp quand même.

Quels rêves vous animaient quand vous étiez ados ? Devenir footballeur ou rocker c’était la seule issue ?

S.P. : On peut dire que c’est une manière de se sortir de ce putain de système. Si tu te laisses trop aller, tu es vite bloqué sans moyen de t’en sortir et il faut te faire à cette routine tant bien que mal. Tu deviens juste un autre numéro. Ce n’est pas dur, c’est juste normal, chiant, ça te transforme en zombie. Il y a toujours mieux, toujours pire. Ce n’est pas si mauvais ce quotidien, mais mon désir était avant tout d’échapper à cela.

L’école était ennuyeuse également ?

S.P. : Tout me semblait être du travail, mais je n’arrivais pas à m’épanouir quand il fallait écrire. Je n’ai jamais eu l’impression d’y faire grand chose, à part surveiller l’heure et courir les filles bien sûr ! C’était ma seule motivation pour aller en cours. Depuis que j’ai mûri, je constate que j’aurais pu mieux faire, mais si c’était à refaire, je ne changerais pas grand chose. Peut être passerais-je plus de temps avec les filles !

Les tournées ont-elles une influence sur vous ?

T.M. : Totalement.. Je déteste ne pas être en tournée. Quand on est en tournée, on voit le monde différemment, et quand on retourne chez nous, on a un regard plus ouvert.

S.P. : En un sens, Tokyo et Leicester ne sont pas si différentes que ça. Quand tu regardes les gens de près, ils sont exposés aux mêmes choses et quand on se pose, on se retrouve n’importe où avec des préoccupations assez semblables. C’est d’ailleurs ça qui est fascinant dans le rock, c’est que tu vas te connecter et faire passer le même message à des gens de New York, Mexico ou Paris. Malgré la distance et les cultures différentes, tu arrives à capter de la même manière.

KASABIAN – « SHOOT THE RUNNER » LA MUSICALE DE CANAL + 2006

Êtes-vous toujours aussi intéressé par ce qui se fait dans la musique que vous l’étiez à vos débuts ?

T.M. : Oui, bien sûr. Il y a beaucoup de petits jeunes qui sont arrivés. Comme The Enemy, je les adore. Mais maintenant, nous sommes plutôt dans notre bulle, donc on ne voit pas trop ce qui se passe autour de nous. Mais ce n’est pas de l’arrogance. On se soucie plus de nous que de ce qui nous entoure. Au début, il y avait de la compétition entre les groupes, et c’était important. Mais ça ne nous intéresse plus, on fait ce que l’on a à faire. On a grandi.

Y’a-t-il des anciens titres que vous ne pouvez plus supporter ?

T.M. : Non. Chaque titre a sa place. Bon, j’aime pas répéter, mais serge non plus. Chanter face au mur,, c’est horrible. Mais les titres sont comme des photographies tu sais, tu ne peux pas les changer. Jamais je ne dirais que je n’aime pas un de nos titres, comme Graham Coxon, de Blur, qui crache sur « Country House ». Mais c’est toi qui l’a écrite mec !

Finalement, Tom, vous êtes l’instinct de Kasabian, et Serge est le maestro ?

T.M. : Oui, tout à fait, c’est exactement ça. C’est pas très dur d’être l’instinct, je dois juste rester moi-même en fait.

Et qu’attendez vous des prochains concerts ?

T.M. : On a va devenir encore meilleurs. Avant, on savait manier l’épée, mais maintenant, on peut tuer avec (rires).

(Les propos de Serge Pizzorno ont été recueilli en 2006 et avaient été reproduits dans le numéro 49 du magazine Newcomer)

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