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The Warlocks (3/3) : « pour moi c’est l’achèvement d’une période pour le groupe »

The Warlocks

The Warlocks, photo Paul Graham Raven.

Maintenant ça suffit, on a assez rigolé ! Troisième et dernière partie de l’entretien avec les inimitables Warlocks. Ils étaient bavards les gaillards ! Au menu, réflexions sur leur musique, les concerts, l’industrie musicale et leur dernier album, The Mirror Explodes, sorti au mois de mai… Il était temps !

Pour ceux qui ont raté la première partie : cliquez ici !

Et pour la deuxième partie ? Cliquez là !

Bobby Hecksher : On a eu des auditions vraiment étranges et Mimi est arrivée comme une bénédiction. Elle connaissait toutes les chansons et les avait parfaitement apprises. Pas mal de gens ne comprennent pas que la musique du groupe est beaucoup plus complexe qu’elle n’en a l’air. C’est comme ça qu’on obtient cette sonorité. Mimi a compris les détails de la ligne de basse du premier coup.

Bob Mustachio : Le moindre détail. Je me souviens du premier morceau qu’on a joué. C’était comme si elle avait déjà joué avec nous. Je me suis dit « Whaou, on a notre groupe ».

Ryan McBride : Ça rendait même mieux qu’avant !

En parlant de sonorité, comment vous définiriez celle du dernier album ?

Bobby Hecksher : Certaines chansons sont très organiques, fortes et rêveuses. Tous les morceaux sont plus étirés.  Pour moi c’est l’achèvement d’une période pour le groupe. C’est à peu près tout ce qu’on a pu produire ces sept dernières années mais qui n’était jamais sorti. Malgré de nouveaux morceaux, certains sont très vieux.

Pourquoi ce besoin de ne les sortir que maintenant ?

Bobby Hecksher : Avant de passer à autre chose, à une nouvelle sonorité sur laquelle on va travailler après la tournée, j’avais besoin de terminer tout ce que l’on avait commencé, il y avait de vraies bonnes idées. Quand on les enregistrait, d’une façon ou d’une autre, ça ne convenait pas ou bien on n’avait plus assez de temps. C’est pour ça que quand on écoute l’album,  il ne glisse pas parfaitement en un bloc compact, comme Rise And Fall ou Phoenix. The Mirror Explodes est plus disloqué, mais c’est bien aussi. Il y a des chansons formidables dedans.

Est ce que Rod Cervera à la production pour la 3ème fois a joué un rôle là dedans ?

Bobby Hecksher : C’est un mec vraiment super, très compréhensif. C’est facile de bosser avec lui.

John Christian Rees : On connaît Rod depuis le début donc il était déjà à l’aise avec nous et savait gérer personnellement chacun d’entre nous afin qu’on donne notre meilleur.

Bobby Hecksher : Il donne de l’espace à JC pour qu’il expérimente et il me laisse beaucoup de temps pour travailler ma voix. Il ne porte pas de jugements catégoriques quand je veux refaire un truc que je n’aime pas. J’en ai ras le bol des autres producteurs qui veulent que tu sois parfait dès la première prise !

Vous le sentez comment de jouer à Paris dans une petite salle comme la Maroquinerie ?

Bob Mustachio : C’est la taille parfaite pour nous. Je préfère jouer pour cinq cent personnes qui veulent vraiment écouter le groupe et qui nous apprécient. Les concerts plus grands, c’est plus compliqué car certaines personnes n’écoutent même pas. Ils viennent parce que leurs potes y vont.

Ryan McBride : Dans les petites salles, il y a un rapport plus personnel avec le public.

Plus c’est intime, mieux c’est ?

Bobby Hecksher : C’est toujours un peu mieux comme ça.

Après dix années passées dans le milieu, selon vous c’est plus difficile de sortir des albums aujourd’hui ?

Bob Mustachio : C’est plus une question de période que d’expérience. Si on avait commencé aujourd’hui, ce serait aussi difficile. L’industrie musicale est en train de mourir, mais elle va renaitre. Ces trois dernières années, les choses ont changé car on était dans le bas de la pente. C’est plus difficile de faire ce que l’on veut, plus difficile de préparer des tournées. Il faut des plans en béton et ne pas perdre de temps. En plus les gens n’achètent plus autant de disques qu’avant. Donc il y a plein de facteurs qui font que c’est plus difficile. Mais ça n’a rien à voir avec nos dix années d’expérience. On est en 2009, les choses sont comme ça maintenant.

Pourtant vous êtes un des rares groupes à sortir vos albums en vinyles.

Bob Mustachio : Ouais, on a beaucoup de chance.

John Christian Rees : Mais il y a un renouveau d’intérêt pour les vinyles. C’est quelque chose qu’on ne peut pas télécharger.

Ryan McBride : Le CD n’est plus le meilleur support aujourd’hui. Les gens l’utilisent juste pour mettre la musique sur un iPod ou sur un ordinateur, et ensuite ils l’oublient. Alors que les vinyles, c’est comme une œuvre d’art. C’est quelque chose que l’on peut collectionner, que l’on peut chérir. C’est beaucoup plus personnel.

Je suis bien d’accord avec ça !

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