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LLOYD COLE: « Je sais pas comment fait U2! »

Lloyd Cole, septembre 2006 © Mathieu Zazzo

Lloyd Cole, septembre 2006 © Mathieu Zazzo

Speed interview avec Lloyd Cole – il a besoin de repos – juste 2 heures avant son set au moment de la sortie de sa compilation d’inédits, reprises et faces B « Cleaning Out The Ashtray »

Pourquoi avez vous décidé de « nettoyer le cendrier » maintenant ? Trop de fouillis à la maison ?

Oui, véritablement c’était devenu un véritable bordel à tel point que le studio est vite devenu un coin de table ! Mais c’était surtout prévu depuis longtemps, avoir une trace palpable de tous ces inédits et face B qui avaient été enregistrés dans le but d’être commercialisés. Vous savez, les maisons de disques détruisent les chansons au bout d’un moment, et même moi je n’avais pas tous mes singles, j’ai du les demander aux fans ! Mais cette compilation c’est aussi et surtout pour les fans qui me l’ont demandé, tout simplement.

Oui votre weblog a l’air très actif, les fans vous posent beaucoup de questions, vous correspondez beaucoup… Quelle est votre relation avec eux?

Ma relation aux fans est très simple, courtoise, ils me posent des questions j’y réponds, c’est plus une connection qu’une relation mais je pense que c’est la moindre des choses à faire. Aujourd’hui, dans le contexte actuel, si on ne garde pas contact avec son public, on meurt. J’entretiens un rapport particulier avec les fans en Scandinavie qui m’ont suivi depuis le début avec les Commotions puis après en solo jusqu’à aujourd’hui.

Le fait d’avoir été dans deux groupes Lloyd Cole and The Commotions puis The Negatives, ne vous manque pas ?

Non pas du tout ! On s’est reformé avec les Commotions pour un mois en 2004 pour une tournée afin de célébrer les 20 ans de « Rattlesnakes » et c’était suffisant, juste le temps qu’il faut pour apprécier et s’amuser. Vous savez être dans un groupe comme The Commotions c’est comme être marié à 5 personnes à la fois, gérer toutes les personnalités, et tout ce qui va avec… déjà qu’être marié à une personne c’est pas évident, je vous laisse imaginer… Je ne sais pas comment fait U2 !

Vous étiez très populaire dans les années 80, en même temps que les Smiths, qui, comme vous, chantaient des choses très mélancoliques avec beaucoup de références culturelles et populaires. Est-ce que vous les considériez comme des « concurrents » ?

Avant toute chose, on était très fans des Smiths, mais ils n’avaient pas la même démarche que nous, ils prenaient très à coeur leur image, ils avaient un aspect visuel très fort. Je ne pense pas qu’on était sur le même créneau, ils avaient leur philosophie et nous la nôtre, chacun était à sa place et avait son public .En 1984 il y avait les Smiths, Prince et nous, donc chacun pouvait exister sans problème !

Est-ce que le fait d’avoir sorti « Rattlesnakes » en premier et que l’album soit un grand succès, peut-être le plus grand des Commotions, a été pesant ?

Non pas vraiment, au contraire: ça nous a boostés. On pensait que ça serait le premier et le dernier. Mais en fait, j’ai eu plus de succès avec mes albums solo au début des années 90. Je pense que les gens qui s’arrêtent à cette partie de ma carrière ne connaissent pas vraiment ma musique, ou alors ils sont dans la nostalgie, mais je sais que l’inverse existe aussi donc je ne m’en fais pas.

Toujours à propos de « Rattlesnakes », avez-vous entendu la reprise de Tori Amos, et si oui, qu’en avez vous pensé ?

Oui bien sûr, je l’ai entendue, et j’aime beaucoup. Elle y a apporté son univers, on dirait presque que c’est sa chanson, ce qui est le but d’une reprise. Mais ce que je préfère, c’est la reprise d’un artiste Japonais de la version de Tori Amos de ma chanson ! (rires) c’est sur YouTube, allez voir…

Toujours à propos de reprises, j’aime beaucoup votre version de « Chelsea Hotel » de Leonard Cohen. Vous la jouez toujours sur scène ?

Merci, ça fait plus d’un an que je ne l’ai pas chantée, mais je pense la réintegrer dans les sets. J’ai bien envie d’apprendre « Paper Thin Hotel » toujours de Leonard Cohen. Je ne l’ai d’ailleurs malheureusement pas vu lors de sa dernière tournée, j’espère que je ne vais pas le regretter… J’aime bien les reprises, je ne sais pas pourquoi, mais de manière générale, je me souviens mieux des paroles des autres que des miennes. Par exemple, à Sheffield, il y a quelques jours, j’ai oublié mes paroles pendant la première partie du concert. J’ai flippé, il m’a fallu du temps pour pouvoir être à l’aise.

Il paraît que vos shows intègrent désormais des moments de stand up comedy…

Oui mais c’est malgré moi ! Quand je me trompe sur scène je fais des blagues, il vaut mieux en rire qu’en pleurer ! Et puis oui parfois je raconte des histoires, pour meubler entre deux chansons, pour calmer ma nervosité et j’ai remarqué que certaines histoires font rire alors je les ressors aux shows d’après . Mais ça s’arrête la, je suis plus drôle a mes dépends en fait !

Quels sont les artistes qui vous inspirent , et quels sont ceux avec qui vous aimeriez, dans l’idéal ,collaborer ?

Je suis très inspiré et touché par Kris Kristofferson qui a fait et fait toujours des choses géniales. Sinon, j’aime beaucoup un groupe suédois qui s’appelle Bob Hund. J’aimerais bien collaborer avec eux, sinon Kraftwerk ou Pet Shop Boys, ça me dirait beaucoup aussi, j’ai déjà repris des morceaux de ces groupes en live d’ailleurs.
Des groupes à des années lumière de votre univers …

Absolument, mais en même temps c’est ce qui est intéressant: confronter les idées et les univers. J’écoute très peu de choses qui me ressemblent, sinon c’est chiant, je compare avec ce que je fais, je me dis que je fais mieux et puis ça s’arrête là ! (rires) Mais bon, après cette tournée et tout le business qui va autour, je vais me remettre au travail. J’ai hâte de composer des nouvelles choses. Et puis le studio est propre, maintenant !

Sarah Dahan

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