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ICELANDIC GIRLS ET EXCENTRICITES POP

Dernier chapitre du périple de VoxPop au 9e Icelandic Airwaves. Le plus chouette peuple du monde a aussi les artistes les plus inventifs.
Reportage Jean-Vic Chapus & Samuel Kirszenbaum


VOXPOP: FESTIVAL AIRWAVES À REYKJAVIK (4/4)
envoyé par voxpopmag

Ça se passe dans un car. Sur le chemin de retour vers Reykjavik après des heures passées à nager dans les eaux revigorantes pour le teint du Blue Lagoon. Lauren Bastide, une ravissante consoeur du magazine Elle en quête de sensations authentiques confesse: «Je crois qu’on ne connaît pas l’Islande et ses traditions tant qu’on n’a pas mangé du dauphin. Ça doit quand même être possible ici de commander du dauphin!» Réaction outrée de Nicolas Nieto journaliste sniper de Tsugi : «Tu veux manger du dauphin? Mais tu es une barbare! C’est gentil et intelligent un dauphin!» La presse féminine et la presse electro branchée ont un autre sujet de préoccupation majeur: «La tecktonik, musique de beaufs ou phénomène social ultra intéressant?» Comment trouver un point de ralliement entre eux? Facile ! Il suffit de parler des Fluokids invités à mixer en marge du festival: «Sans intérêt les Fluokids. Les mecs ne sont pas des gamins, leurs sets de DJ’s sont nazes et, en plus, ils se la jouent!» À l’unanimité de nos mauvaises fois journalistiques, la hype du moment sera donc rebaptisée sans hésitation «Les Monochrome Vieux». Plus tard, c’est la même Lauren Bastide qui nous fera profiter de sa connaissance des nouveaux créateurs de fripes à la mode à Reykjavik.

,ROCK’N'ROLL VIEILLARD, QUELQU’UN?
Si l’on met de côté la programmation de nos nouveaux chouchous zarbi Late Of The Pier, les autres anglo-saxons invités au 9e Iceland Airwaves festival ont pratiquement tous déçu. On peut ainsi taper sur la vieille banane de Jon Spencer, en repos de son Blues Explosion. Désormais chanteur guitariste du trio rockabilly Heavy Trash, l’homme est embarqué dans un trip rock’n’roll tellement vieux qu’il doit voyager en bus avec la carte vermeil. Les chansons d’Heavy Trash rythmées par une contrebasse fiévreuse et par des guitares très «Johnny Cash de retour les pieds devant à la prison de Folsom» tiennent la route. Pour autant, on ne comprend pas bien l’intérêt d’un tel musée du rock’n’roll. Un pas de côté et VoxPop aperçoit l’ingénieur du son du trio jongler entre ses boutons de console, puis une guitare, un micro voix. Bizarre. Comme le fait remarquer Samuel, notre photographe : «Le problème de Jon Spencer, c’est qu’il n’attend qu’un truc avec sa musique : se faire acheter un morceau pour le prochain Tarantino!» Bien vu.

,EXTATIQUE

Finalement, le seul groupe justifiant l’étiquette punk funk dans tout ce qu’elle sous entend de groove, de moiteur et de folie s’appelle !!!. A côté de la formation de Nic Offer présente au club Nasa The Rapture ont l’air de gentils garçons coincés. Ce live pourtant programmé en même temps que Bloc Party au Reykjavik Art Museum affiche complet. Le grand moment de danse de ce 9e Iceland Airwaves. À mesure que Nic Offer se caresse, roule du cul et fend la foule surexcitée, plusieurs jeunes Islandais compressés sur les barrières de sécurité essayent de monter sur scène. Grosse sensation au moment des tubes «Heart Of Hearts» où la recrue black des !!! affirme encore plus la coloration funky de la meilleure formation scénique du moment. Tania Bruna Rosso de Canal+ est extatique. Notre photographe concentré sur ses portraits de foules chaotiques. Quant à nous, nous sommes hypnotisés par la plus belle fille (islandaise?) du monde. Petite, blonde, cheveux courts, gros pull en laine blanche et un regard d’une douceur à se damner sur place. Passons…

,NIQUE-MOI, WHAT DOES IT MEAN?
Rien à voir avec le portrait type des jeunes femmes de Reykjavik qui vous abordent dans les rues, vous tiennent la jambe car vous êtes Français «Comme Air ou Daaaaaft Pounk!», vous balancent, l’air de pas y toucher, de sublimes expressions dans la langue de Christian Clavier «The french word I know ? Nique-moi! What does it mean, please?» À la fin, elles vous embrassent goulûment parce que, merde, après tout, on est entre gens libérés. VoxPop spéciale dédicace à ce monstre d’alcoolémie et de sensualité blond nommé Efelz.

,MAMMUT REVIGORE LA NEW WAVE
Ceci souligne encore plus le côté accorte du peuple de Reykjavik et de ses artistes. Notre dernier jour au paradis aura été l’occasion de découvrir les émouvants Hjaltalin au Museum. On pourrait rapprocher de Flaming Lips en version écolo baba. Même lyrisme triste, même façon d’élever la pop au ciel. On aura aussi vérifié les dispositions au groove iceberg des prometteurs Bloodgroup menés par une jeune chanteuse à lunettes, disons, possédée. Mais le meilleur de la sélection islandaise se trouvait dans un petit théâtre charmant posé devant un lac. Dans cette cahutte nordique qui sent le café et les boiseries, se produisent les fascinants Mammut. Peut-être le combo rock qui a le mieux digéré la folie des Sugarcubes et ceci sans pasticher Björk. Mené par une jolie chanteuse rouquine et hystérique, ce quintette (3 filles et 2 garçons) fait mieux que d’offrir une réponse en forme de geysers au post punk des Yeah Yeah Yeahs. Sur plusieurs de ses titres verticaux, Mammut agrandit les parois de la pop arty et revigore la new wave comme avant eux les belges de Deus. Devant nous, des gamins pogotent, puis, se plaquent au sol façon « les All Blacks vont au concert ». Normal, la flamboyance des chansons comme «Ekki Sofna Nuna» (!) autorise tous les débordements. Pendant que notre photographe apprend le maniement du Rolleiflex à des Islandaises captivées, on rêve déjà transposer le plus beau peuple du monde et certains de ses groupes dans notre morne réalité française. Laugavegur et ses cafés pleins d’euphorie et de jeunesse nous manquent déjà.

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