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PJ HARVEY : PANORAMA LIVE 1992-2007

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PJ Harvey (DR).

Elle revient aux côtés de son mentor et complice John Parish,  (au Bataclan dimanche et lundi), retour sur les multiples apparitions et apparences live de la dame du Dorset. (rétrospective de novembre 2007)

“Victory“ live The Metro, Chicago 1993.

Le “groupe“ PJ Harvey était pour les deux premiers albums composé de Polly Jean à la guitare et au chant , Rob Ellis à la batterie, aux chœurs et aux claviers et Steve Vaughan à la basse. Le choc de ces deux premiers disques est à comparer à la ferveur consacrée quelques années auparavant aux Pixies (dont Polly Jean revendique haut et fort l’influence) dans les milieux indés. Entre ces deux disques notre préférence ira nettement à Dry dont est extrait la formidable “Victory“. Peu après la sortie de ce premier opus, Paul McGuiness, tout puissant manager de U2, repère la jeune fille et son potentiel. Il l’envoit en première partie de U2 sur le “Zooropa Tour“, devient son manager et la fait signer sur Island-Universal.

Rid Of Me (1993) chez Jay Leno (télé américaine).

La première rupture dans la carrière de la prometteuse petite sauvageonne d’alors a lieu après la sortie du deuxième album Rid Of Me. Certes, il est produit par Steve Albini (Surfer Rosa des Pixies ou In Utero de Nirvana), c’est son premier pour la major Island, mais elle n’est pas satisfaite du résultat et y voit une répétition moins inspirée que Dry. Son backing band devient encombrant et trop limité musicalement. PJ Harvey sort donc 4 Track Demo, les maquettes guitare-voix de “Rid Of Me“, qui a notamment pour effet de souligner la crudité implacable du ton et des paroles. “Lèche mes jambes, je suis en feu ! Lèche mes lèvres je suis en désire“ (la traduction française, vous l’aurez compris, ridiculise par contre les paroles). Un conseil: regardez aussi l’interview après la chanson, PJ Harvey y explique comment elle était de corvée d’émasculation des animaux dans la ferme de ses parents.

“Long Snake Moan“, festival de Glastonbury, juin 1995.

Elle fait elle-même le parallèle à l’époque, et on ne saurait la contredire, PJ Harvey commence une série de métamorphoses à chaque album aussi caméléonesque que David Bowie. En 1995 voici donc la vamp absolue pour défendre To Bring You My Love au gigantesque festival de Glastonbury. Et oui Uma Thurman paraît encore plus ridicule dans le costume de Poison Ivy qu’elle endosse peut après dans le consternant “Batman & Robin“. PJ elle l’aurait fait 10 fois mieux ! Faut dire qu’il fallait oser s’habiller comme ça tout en assurant une performance très impressionnante. Le groupe rassemble notamment John Parish (le gourou de Harvey), Eric Drew Feldman (ex Captain Beefheart & The Magic Band, et collaborateur de Frank Black), Joe Gore (collaborateur de Tom Waits).

Henry Lee (avec Nick Cave & The Bad Seeds), 1995.

Pour le souvenir une des collaborations qui mine de rien a élargit l’auditoire de PJ Harvey, ce duo avec Nick Cave pour les Murder Ballads. Si la romance entre les deux n’a pas duré, elle a fait naître une solide amitié et une collaboration aux longs cours entre Harvey et son faux cousin Australien, le génial multi instrumentiste des Bad Seeds Mick Harvey.

“That Was My Veil“ (avec John Parish), live, novembre 1996.

Sortie de sa métamorphose réussie avec To Bring You My Love, PJ Harvey reprend le travail avec John Parish pour un superbe album cosigné des deux : Dance Hall At Louse Point. Le guitariste signe les musiques et joue de quasiment tout, PJ Harvey écrit les paroles et chante. Un album à redécouvrir, aussi intemporel que le dernier né, White Chalk

“A Perfect Day Elise“, Nulle Part Ailleurs, studio de Canal Plus, Paris, 1998.

Is This Desire peut être considéré comme l’album majeur de PJ Harvey. Il n’est pas forcément son plus réussi, mais il est tellement habité qu’il peut être considéré comme un disque de chevet ou d’île déserte idéal. Sortie en pleine période “electro et rock alambiqué pas rigolo“ (Radiohead, Tricky, Björk), il bénéficie d’un casting faisant figure de best of pour PJ Harvey : le batteur originel Rob Ellis est de retour, John Parish est là en studio comme sur scène, Mick Harvey participe également. “A Perfect Day Elise“ synthétise idéalement le standard type de PJ Harvey, à la fois mystérieux et impulsif.

“The Whores Hustle And The Hustlers Whore“ live, festival, 2000.

Avec la sortie de Stories From The City, Stories From The Sea, il y avait dans l’air comme une impression de standardisation de PJ Harvey. Duo avec Thom Yorke (idéal pour pimenter les dossiers de presse en pleine période où Radiohead sortait Kid A), chansons presque pop, et nouveau look, glamour, mais très business woman new-yorkaise après la période “sorcière qui vit avec sa colonie de chats noirs“. L’album a cartonné, Mercury Prize à l’appui et PJ a été vue sur un nombre record de couvertures de magazines. Contre toute attente, sept ans plus tard, la musique a bien vieilli. Elle ne manque pas de défauts mais ceux-ci sont compensés par la sincérité de l’interprétation. “The Whores Hustle And The Hustlers Whore“ est un des sommets du disque dont la tournée fut en revanche très décevante à travers des prestations rock beaucoup plus conventionnelles que précédemment.

“Dress“, V Festival, Angleterre 2003.

Pour le plaisir, PJ Harvey repart en tournée en 2003. Sans album à défendre, elle revient à la formule du trio. Rob Ellis officie toujours derrière les fûts, mais, c’est Mick Harvey qui prend la basse (l’équipe de Stories From The City… en somme). L’occasion de mesurer l’évolution de la chanteuse en dix ans de temps. La majesté serait à invoquer pour décrire cette performance de “Dress“ plus de dix ans après. Le charme du trio fonctionne parfaitement. Cette prestation funambule, tendue mais pleine de classe a laissé des souvenirs lors de la première édition du Festival Rock En Seine. Ces bottes, cette robe .. .

“The Darker Days Of Me And Him“ (avancer jusqu’à 2’00’’) extrait du DVD “Please Leave Quietly“, 2004.

À ce jour, c’est finalement là que se situe le vrai creux de la vague pour PJ Harvey. Uh Huh Her est un disque insipide. Pas mauvais, mais apportant peu de chose au corpus de la Dame du Dorset. Ce n’est que la concrétisation des craintes qu’on avait à la sortie de l’album précédent. La tournée, puis le DVD la chroniquant (“Please Leave Quietly“) suscitent la même déception. Lookée en post ado, PJ étrenne un groupe un peu balourd pour reprendre ses standards. Elle perd de sa superbe et ne réussit que rarement comme ici à atteindre une appréciable intensité live.

“The Devil“, Télé Danoise, 2007

Bien sûr White Chalk à la premier écoute est un choc stylistique. On attendait de PJ Harvey un album rock routinier, on espérait un retour à la veine plus expérimentale de Is This Desire, c’est une réinvention qu’elle nous propose. Elle endosse une nouvelle métamorphose bowienne et réussit ce virage délicat. On peut l’affirmer, White Chalk égale les meilleures publications de Polly Jean malgré ses étranges relents de Kate Bush ou Mylène Farmer. La production (Flood et John Parish de rétour) se révèle d’écoute en écoute, d’une parfaite subtilité. PJ Harvey a, de plus, choisi de pousser le vice jusqu’à tourner en solo armée de toute une kirielle d’instruments qu’elle enchaine habillée de robes victoriennes.

Une Réponse to “PJ HARVEY : PANORAMA LIVE 1992-2007”

  1. [...] son mentor John Parish. Nous vous proposons pour la peine une rétrospective de PJ Harvey en live ici. Pour le reste retrouvez toutes les sorties de la [...]

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